‹ Œuvres complètes (volume 4)Chapitre 91 sur 100 · A CETTE TERRE OU L'ON PLOIE · texte numérisé non relu

A CETTE TERRE OU L'ON PLOIE

Versent d'en haut sur notre âme Les félicités du ciel.

Ce sont les visions blanches Qui, jusqu'à nos yeux maudits, Viennent à travers les branches Des arbres du paradis !

C'est l'ombre que sur nos grèves Jettent ces arbres charmants Dont l'âme entend dans ses rêves Les vagues frissonnements !

Ce reflet des biens sans nombre.

Nous l'appelons le bonheur ; Et nous voulons saisir l'ombre Quand la chose est au Seigneur !

Va, si haut nul ne s'élève ; Sur terre il faut demeurer ; On sourit de ce qu'on rêve.

Hais ce qu'on a, fait pleurer.

Puisqu'un Dieu saigne au calvaire.

Ne nous plaignons pas, crois-moi.

roisn. — ni-

Souffrons ! c'est la loi sévère.

Aimons ! c'est la douce loi.

Aimons ! soyons deux ! Le sage N'est pas seul dans son vaisseau.

Les deux yeux font le visage ; Les deux ailes font l'oiseau.

Soyons deux ! — Tout nous convie A nous aimer jusqu'au soir.

N'ayons à deux qu'une vie!

N'ayons à deux qu'un espoir!

Dans ce monde de mensonges, Moi, j'aimerai mes douleurs, Si mes rêves sont tes songes.

Si mes larmes sont tes pleurs !

20 mai 1838.

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