A CETTE TERRE OU L'ON PLOIE
Versent d'en haut sur notre âme Les félicités du ciel.
Ce sont les visions blanches Qui, jusqu'à nos yeux maudits, Viennent à travers les branches Des arbres du paradis !
C'est l'ombre que sur nos grèves Jettent ces arbres charmants Dont l'âme entend dans ses rêves Les vagues frissonnements !
Ce reflet des biens sans nombre.
Nous l'appelons le bonheur ; Et nous voulons saisir l'ombre Quand la chose est au Seigneur !
Va, si haut nul ne s'élève ; Sur terre il faut demeurer ; On sourit de ce qu'on rêve.
Hais ce qu'on a, fait pleurer.
Puisqu'un Dieu saigne au calvaire.
Ne nous plaignons pas, crois-moi.
roisn. — ni-
Souffrons ! c'est la loi sévère.
Aimons ! c'est la douce loi.
Aimons ! soyons deux ! Le sage N'est pas seul dans son vaisseau.
Les deux yeux font le visage ; Les deux ailes font l'oiseau.
Soyons deux ! — Tout nous convie A nous aimer jusqu'au soir.
N'ayons à deux qu'une vie!
N'ayons à deux qu'un espoir!
Dans ce monde de mensonges, Moi, j'aimerai mes douleurs, Si mes rêves sont tes songes.
Si mes larmes sont tes pleurs !
20 mai 1838.