‹ Œuvres complètesChapitre 113 sur 190 · CRIS DU PEUPLE · texte numérisé non relu

CRIS DU PEUPLE

Fabiani ! Mort à Fabiani !

Ils grossissont ot se rapprochent de plus on plus. LA REINE.

Mort à Fabiani ! Milords, entendez-vous ce peuple qui hurle? Il faut lui jeter un homme. La populace veut à manger.

Qu'ordonne votre majesté?

LA REINE

Pardieu, milords, vous tremblez tous autour de moi, il me semble ! Sur mon âme, faut-il que ce soit une femme qui vous enseigne votre métier de gentilshommes ! Â cheval, milords, à cheval ! Est-ce que la canaille vous intimide? Est-ce que les épées ont peur des bâtons?

SIMON RENARD

Ne laissez pas les choses aller plus loin. Cédez, madame, pendant qu'il en est temps encore. Vous pouvez encore dire la canaille, dans une heure vous seriez obligée de dire le peuple.

Les cris redoublent, le brait se rapproche. LA REINE.

Dans une heure !

SIMON RENARD, allant à la galerie et revenant.

Dans un quart d'heure, madame. Voici que la

première enceinte de la Tour est forcée. Encore un !«>, le peuple est ici.

LE PEUPLE

.V la Tour ! à la Tour ! Fabiani ! mort à Fabiani !

LA REINE

Qu'on a bien raison de dire que c*est une horrible rlia<o que le peuple! Fabîano!

SIMON HENARD.

Voulez-vous le voir déchirer sous vos yeux dans un instant?

LA REINE

Mais savez-vous qu'il est inràme qu*U n*y en ait pas iiii (le vous qui bouge, messieurs? Mais, au nom du 'iel. déreudez-moi donc !

LORD CLINTON

Vous, oui, madame. Fabiani, non.

LA REINE

Ah! ciel! Eh bien, oui! je le dis tout haut, tant yi^\ Fabiano est innocent! Fabiano n'a pas commis le •rime pour lequel il est condamné. C'est moi, el 'duÎK'i, et le ciseleur Gilbert, qui avons tout fait, tout iQU'iité, tout supposé. Pure comédie. Osez me démentir, monsieur le bailli ! Maintenant, messieurs, le défi'ndrez-vous? II est innocent, vous dis-je! Sur ma tôte, Mir ma couronne, sur mon Dieu, sur Tàine de ma uicre, il est innocent du crime ! Cela est aussi vrai qu'il <-«t %rai que vous êtes là, lord Clinton. Défendez-le. E&termînez ceux-ci, comme vous avez exterminé Tom

S56 MARIE TUDOa.

Wyat, mon brave Clinton, mon vieil ami, mon b<m Robert ! Je vous jure qu'il est faux que Fabiano ait voulu assassiner la reine.

LORD CLINTON

U y a une autre reine qu'il a voulu assassiner, c'est l'Angleterre.

LetctiB oontiaaaal dthoit.

LA REINE

Le balcon ! ouvrez le balcon ! Je veux prouver moimême au peuple qu'il n'est pas coupable !

Prouvez au peuple qu'il n'est pas italien.

LA REINE

Quand je pense que c'est un Simon Renard, une créature du cardinal de Granvelle, qui ose me parler ainsi ! Eh bien, ouvrez celte porte ! ouvrez ce cachot ! Fabiano est là. Je veux le voir, je veux lui parler,

SIMON RENARD, bai.

Que faites-vous? Dans son propre intérêt, il est inutile de faire savoir à tout le monde où il est.

LE PEUPLE

Fabiani à mort ! Vive Elisabeth !

SIMON RENARD

Les voilà qui crient vive Elisabeth ! maintenant.

LA REINE

Mon Dieu ! mon Dieu !

JOURNÉE III. — LEQUEL DES DEUX? t57

SIMON RENARD

(Jiui<issoz, iiia<iame :

Il il Mfî.c d'une mjin U porle du cachot.

— nii oMh' tcte au peuple,

:i <1- «v'*'* ^*^ l'autre main U rouronn'* <]'i«^ {w>rte Li rein?.

— OU rt-Ue rouroiino à ina<lame Elisabeth.

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