JASE
Vous me laissez, Joshua. Je vais avoir peur, seule ici, mon Dieu !
JOSHUA
Vous ne pourriez parcounr toute la Tour avec moi sans péril. 11 faut que je vous fasse sortir de la Tour. Pensez que Gilbert vous attend.
Gilbert! tout pour Gilbert ! Allez!
J«bu Mit.
— Oh! quel spectacle effrayant! quand je songe que cela eût été ainsi pour Gilbert !
Blls l'agonouillo sur lei iegiét de l'an dei auleli.
— Oh! merci! vous êtes bien le Dieu sauveur! Vous avez sauvé Gilbert !
Le dnp du fond i*cnlr'oavn. La ralas parait; sU« >'*riaM 1 pat laati T«n le
— Dieu ! la reine !
JOUK.NËE III. — LEQUEL DES DEUX*
JANK, l.\ IIKI.XK.
Oli! Ii-|irii|>k>!
— iJiK'l'l" (>■) I''! — C.'vsl toi, joiim* lillc! c'est \cms, l;i-l> Jane ! Je v»ms fuî-s pi'iir. Alions, ne iTaijriirz riun. L>- ;;iiirliflifr Kiieus iiutis ti tniliies, vous savez? Ne ■ nii^'iiez (Uiiic rien! Kiiriiiil, je te l'ii) déjà tli), tu n'as rit-Il il eniinilre de inui, lui. Oc qui fiiisail la perle il y .1 un nii>i'> fait ttm salut aujoniiriiui. Tu aimes Faliiano. II n'y a ijuc loi et moi suus le rie) (|ui ayons le rieur f:iit ain-i, i|ue ttû et inoi i|ui l'aimions. Nous <:oinmes
Madame...
i.A lU:l^K.
Oui, toi et moi, deux l'enimes, \(iilâ (oui «-e i)u'il a l'iur lui, cet lidUiHic. ('.outre lui Itiul le re^le! toute un*- c-i(é, tout un peuple, tniil mi monde! Lulle iiii'>;:ale d>- l'amour «-unlre la liaiur: l/aninur pour l'aliiano, il •ot Iriale. épouvanlê, éperdu; il a ton Tront paie, il a
mes yeux eu larmes, il se cache près d'un autel funèbre, il prie par ta bouche, il maudit par la mienne. La haine contre Fabiani, elle est fière, radieuse, triomphante, elle est armée et victorieuse, elle a la cour, elle a le peuple, elle a des masses d'hommes plein les rues, elle mâche à la fois des cris de mort et des cris de joie, elle est superbe, et hautaine, et toute-puissante, elle illumine toute une ville autour d'un échafaud! L'amour, le voici, deux femmes vôtues de deuil dans un tombeau! La haine, la voilà !
Bllo lire viulcmmcnt lo drap blanc du fond, qui, en b'écartânt, UibSJ voir un baloun, et, au delà de ce balcon, à perte de vue, dans une nuit nuire, t >ute la ville de Londroi splendidement illuminée. Ce qu'on voit de la Tour de Londres est iUjminô éga'.ement Jane fixe des yeux étonnés sur tout ce spectacle éblouissant, dont la réverbération éclaire le théâtre.
— Oh! ville infâme! ville révoltée! ville maudite! ville monstrueuse' qui trempe sa robe de fôtc dans le sang et qui lient la torche au bourreau! Tu en as peur, Jane, n'est-ce pas? Est-ce qu'il ne te semble pas comme à moi qu'elle nous nargue lâchement toutes deux, el qu'elle nous regarde avec ses cent mille prunelle^ flamboyantes, faibles femmes abandonnées que nous sommes, perdues et seules dans ce sépulcre? Jane, l'entends-tu rire et hurler, Thorrible ville? Oh! TAngleterre! rAngleterre à qui détruira Londres! Oh! quejr voudrais pouvoir changer ces flambeaux en brandons, ces lumières en flammes, et cette ville illuminée en une ville qui briile !
l'r.c immense rumeur éclate au dcliors. Applaudissements, cris onfus : — !,•» voil.i! le voil.i! Fabiani à murtl — On entend tinter la grosse cloche <lo la Tyur ■! Londres. A ro bruit, la rcinu se met à rire d'un rire terrible.)
JOUHNÉE 111. - LEQUEL DES I)EL\? tl\
JAXK.
(irainl Dira! voila le malheureux qui sorl... — Vnu< îii»/, madanir!
i.A ukim:.
Oui, jr ri**!
— nui. cl lu \as liiv aussi ! — Mais <ralK>rd il faul que jf l«Tuir vt'iir (ruture. Il uw seniMe toujours que nous iH* ^iininit'^ \*ii< srulfs, et que cette aiVreust* ville nous Voit ri nous ru((*n(l.