‹ Œuvres complètesChapitre 126 sur 190 · TYRAN DE PADOUE · texte numérisé non relu

TYRAN DE PADOUE

Dans Tétat où sont aiijourd*liui toutes ces questions profondes qui touchent aux racines marnes de la société, il semblait depuis longtemps à Tauteur de ce drame qu'il pourrait y avoir utilité et grandeur à développer sur le théâtre quelque chose de pareil à Tidée que voici.

Mettre en présence, dans une action toute résultante du cœur, deux graves et douloureuses figures, la femme dans la société, la femme hors de la société ; c'est-à-dire, en deux types vivants, toutes les femmes, toute la femme. Montrer ces deux femmes, qui résument tout en elles, généreuses souvent, malheureuses toujours. Défendre Tune contre le despotisme, Tautre contre le mépris. Enseigner h quelles épreuves résiste la vertu de Tune, à quelles larmes se lave la souillure de l'autre. Rendre la faute à qui est la faute, c'est-A-dirc à l'homme, qui est fort, et au fait social, qui est absarde. Faire vaincre dans ces deux Ames choisies

b» n>!9accieEiimc» éàbtkmm^ pvbpiélèdelgi iDe, fuMv ifaA uttSAt par TaiBoor d'aile aire; kl Inue par le dévooe- MftftC, b pâttû» par le deivir. Eb risud de ces deu iMUMs aîBcH faite» peser deu hoauMi,. le nari et fimut» k vmfeniB et le proserit, et rinwr ca eux |iar mille déf€lop(iemenl» âeitoadaircs kwtcs les reialioiis fégoliires et irr«sBliière»qve rhomme peol avoir arec la femme d'une pari. €l b 9Mi«lé de Taotre. El pus, ao bas de ce groope qui JQvit qui possède et qui souffre, tantôt sombre, tantôt rayonnant, ne pas oublier reniienx, ce témoin *ratal, qai est toiqoors Va, qne la proridence aposte an bas de tontes les sociéli». de tontes les hiérarchies, de tontes les prospérités, de tontes les passions humaines; étemel ennemi de tout ce qui est en haut; changeant de forme selon le temps elle lieu, mab an fond toujours le même; e^ion à Venise, eunuque à Constantimqple, pamphlétaire à Paris. Placer donc comme la proiidence le place, dans Tombre, grinçant des dents à tons les sourires, ce misérable intelligent et perdu qui ne peut qne nuire, car tontes les portes que son amour troure fermées, sa vengeance les trouve ouvertes. Enfin, au-dessus de ces trois hommes, entre ces doux femmes, poser comme un lien, comme un symbole, comme un intercesseur, comme un conseiller, le dieu mort sur la croix. Clouer toute cette souffrance humaine au revers du crucifix.

Puis, de tout ceci ainsi posé, faire un drame ; pas tout à fait royal, de peur que la possibilité de Tapplication ne disparût dans la grandeur des proportions; pas tout à fait bourgeois, de peur que la petitesse des personnages ne nuisit à Tampleur de Tidéc; mais princier et domestique;

l»iincier, |»arce qu*il faut que le drame soit grand; domesliquc, parce qu*il faut que le drame soit vrai. MOler dans cette a>u\ro, pour satisfaire ce besoin de Tesprit qui veut toujours sentir le passé dans le présent et le présent dans le passé, à l'élément éternel Télément humain, k l'élément bocial. lin élément liislorique. Peindre, chemin faisant, à Tuccasion de cette idée, non-seulement Thomme et la femme, non-seulement ces deux femmes et ces trois homme>, m.'iis tout un siècle, tout un climat, toute une civili- ^ation. tout un peuple. Dresser sur celte pensée, d'après \v> iUmnéi^s siHHriales de l'histoire, une aventure tellement simple et vraie, si bien \ivante, si bien palpitante, si bien réelle. qu*au\ \eux de la foule elle pilt cacher l'idée elleuiéme comme la chair cache l'os.

Voilà ce que l'auteur de ce drame a tenté de faire. 11 n'a qu'un regret, c'est que cette |)ensée ne soit pas venue à un meilleur que lui.

AujounUiui, en prés<»nce d'un succès dû évidemment à cette pensée et qui a dépassé toutes ses espéninces, il sent l«* besoin d'expliquer son idée entière û cette foule sym- IMthique et éclain'C <|ui s'amoncelle chaque soir devant M)n a*u\re a\ec une curiosité pleine de n'siNHisabilité |Miur lui.

On ne saurait trop le redire, |K)ur quiconque a médité sur les besoins de la société, auxquels doivent toujours corres|N»ndre les tentai i\(*s de l'art, aujourd'hui plus que jamais W théiktre est un lieu d*ens(*ignement. lie drame, comme l'auteur de cet ouvrage le \oudrait faire, et comme le [Mmrrait faire un homme de génie, doit donner «i la fouh* une philosophie, aux idées une formule, à la poi*sie

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