MAHI. — III. SI
3M ANGELO
Cela se conçoit-il? Madame l'a fait chasser, et a bien
fait.
DA.FNE, entr'auntDt la porte pri> da prïc-Dïsa.
C'est bien, fteginella. Mais madame attend SOD Uîre d'heures, lu sais.
REGINELLA, r^ngcanl quelqu» liv»! tut U l*ble.
Quant à l'autre aventure, elle est plus terrible, et j'en suis sûre aussi. Pour avoir averti son maître qu'il avait rencontré un espion dans la maison, ce pauwe Palinuro est mort subitement dans la même soirée. Le poisoQ, tu comprends. Je te conseille beaucoup de prudeuce. D'abord, il faul prendre garde à ce qu'on dit dans ce palais. Il y a toujours quelqu'un dans le mur qui vou» entend. I
DAKSE. I
Allons, dépêche-toi donc, nous causerons une autre fois. Madame attend.
REGINELLA, riaïcaot loujoun et lei jcui Ëi«> (ut la UUt.
Si tu es si pressée, va devant. Je te suis.
Dirno tatt et icTeioïc U patte sans que Bcgioella t'en aporioire.
— Mais, vois-tu, Dafne, je te recommande le silence dans ce maudit palais. 11 n'y a que cette chambre où l'un soit en sûreté. Ah! ici, du moins, on est tranquille. On peut dire tout ce qu'on veut. C'est le seul endroit où, quand on parle, on soit sûr de ne pas être écouté.
l'ondanl qu'cllo ptononco cos dctnieri molt, UB dtaiioit adoiiS au mut i dn"» luuiae tut lui-mimu, danoo i^aiiago i Uornodei •aui qu'elle l'en «petite, c< "
HOMODEI.
C*est le seul endroit où quand on parle on soit sûr de ne pas être écouté.
REGINELLÀy m retonrnant.
Gel!
HOMODEI.
Silence !
n «ali^oam ta loba et décourre ton pourpoint de Ttloon noir, o& tont brodéet •B aiftaft eat tnut lettret C. D. X. ReginoUa regarde les lettrée et rhosune arec
— Lorsqu'on a vu Tun de nous et qu'on laisse deviner à qui que ce soit par un signe quelconque qu'on nous a vus, avant la Gn du jour on est mort. — On parie de nous dans le peuple, tu dois savoir que cela se passe ainsi.
REGINELLA.
Jésus! Mais par quelle porte est-il entré?
HOMODEI.
Far aucune.
REGINELLA.
Jésus!
HOMODEI.
Réponds à toutes mes questions, et ne me trompe sur rien. Il y va de ta vie. Où donne cette porte?
U montre la grtnde porte dn fond.
REGINELLA.
Dans la chambre de nuit de monseigneur.
HOMODEI, montrant la petite porte prêt de la grande.
Et celle-ci?
RECI>'ELL1..
Dans un escalier secret qui communique arec les galeries du palais. Monseigneur seul en a la clef.
H OMODEI, déu^aul U porte pt^ da pi»-I>ieii,
Et celle-ci?
RECINELLÂ.
Dans l'oratoire de madame.
HOHODEI.
Y a-t-il uoe issue à cet oratoire?
REGIKELLA.
Non. L'oratoire est dans nne tourelle. Il n'y a qu'une fenêtre grillée.
HOHODEI, illsat i ii îeatUv.
Qui csl au niveau de celle-ci- C'est bien. Oua'revingts pieds de mur à pic, et la Brenta au bas. Le giil- ' lage est du luxe. — Hais il y a un petit escalier dans cet oratoire. Où monte-t-il?
REGINELLA.
Dans ma chambre, qui est aussi celle de Dafne, monseigneur.
HOMODEI.
Y a-t-il une issue à cette chambre?
REGINELLA.
Non, monseigneur. Une fenêtre grillée, et pas d'autre porte que celle qui descend dans l'oratoire.
HOMODEI.
Dès que ta maîtresse sera rentrée, tu monteras dans
1 ciiambrc, et tu y resteras sans rien écouter et sans ion dire.
REGINELLA.
J'obéirai, monseigneur.
IIOMODEI.
Où est ta maîtresse?
REGINELLA.
Dans Toratoire. Elle fait sa prière.
HOMODEI.
Elle reviendra ici ensuite?
REGl.NELLA.
Oui, monseigneur.
HOMODEI.
Pas avant une demi-heure.
REGINELLA.
Xon, monseigneur.
HOMODEI.
C'e«it bien. Va-t'en. — Surtout, silence! Rien de ce |ui va se passer ici ne te regarde. Laisse tout faire ans rien din*. Le chat joue avec la souris, qu'est-ce [ue cria te fait? Tu ne m'as pas vu, tu ne sais pas que existe. Voilà. Tu comprends? Si tu hasardes un mot, L* iVntendrai; un clin d*œil, je le verrai; un geste, un îgiie, un serrement de main, je le sentirai. Va, mainenant.