‹ Œuvres complètesChapitre 146 sur 190 · MU · texte numérisé non relu

MU

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•tec Mopeut.

CATARIXA.

Qu'est-ce que c'

esl que

ceci?

LA TISBE.

Ceci? ce que c'est? Tenez, je vais vous le dire. G*est ta maltresse du podesta qui tient dans ses maius la femme du podesta.

Ce que c'est que ceci, madame? C'est une comédienae, une fille de théâtre, une baladine, comme vous nous appelez, qui tient dans ses mains, je viens de vous le dire, une grande dame, une femme mariée, une femme respectée, une vertu ! qui la tient dans ses mains, dans ses ongles, dans ses dents ! qui peut en faire ce qu'elle voudra, de cette grande dame, de cette bonne renommée dorée, et qui va la déchirer, la mettre en pièces, la mettre en lambeaux, la mettre en morceaux ! Ah! mesdames les grandes dames, je ne sais pas ce qui va arriver, mais ce qui esl sûr, c'est que j'en ai une là sous mes pieds, une de vous autres ! et que je ne la lâcherai pas! et qu'elle peut être tranquille ! et qu'il aurait mieux valu pour elle la foudre

8ur sa tète que mon visage devant le sien I Dites donc, madame, je vous trouve hardie d'oser lever les yeux sur moi quand vous avez un amant chez vous !

Madame...

Caché!

CATARIXA.

LA TISBE.

CATARINA

Vous VOUS trompez !

LA TISBE.

Ah ! tenez, ne niez pas. Il était là ! Vos places sont encore marquées par vos fauteuils. Vous auriez dû les déranger au moins. Et que vous disiez- vous? Mille choses tendres, n'est-ce pas? mille choses charmantes, n'est-ce pas? Je t'aime ! je t'adore ! je suis à toi !... — Ah ! ne me louchez pas, madame !

CATARIXA.

Je ne puis comprendre...

LA TISBE.

Et vous ne valez pas mieux que nous, mesdames ! Ce que nous disons tout haut à un homme en plein jour, vous le lui balbutiez honteusement la nuit. II n*y a que les heures de changées ! Nous vous prenons vos maris, vous nous prenez nos amants. C'est une lutte. F^ort bien. Luttons! Ah! fard, hypocrisie, trahisons, vertus singées, fausses femmes que vous êtes! Non, pardicu ! vous ne nous valez pas! Nous ne trompons personne, nous ! Vous, vous trompez le monde, vous

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trompez vos familles, vous trompez vos maris, vous tromperiez le boa Dieu, si vous pouviez! Oh ! les vertueuses fcDimes qui passent voilées dans les rues ! Elles vont à TtgUse, rangez-vous donc ! inclinez-vous donc! prosternez- vous donc! Non, ne vous rangez pas, ne vous inclinez pas, ne vous prosternez pas, allez droit à elles, arrachez le voile, derrière le voile il y a masque, arrachez le masque, derrière le masque il y une bouche qui ment ! — Oh ! cela m'est égal, je suis la maîtresse du podesta, et vous êtes sa femme, et je veux vous perdre I

CATARIfiÂ.

Grand Dieu! madame...

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