‹ Œuvres complètesChapitre 147 sur 190 · LA TI5DE · texte numérisé non relu

LA TI5DE

Lui!

CATARINA

Je suis seule ici. Vraiment seule. Toute seule. Je ne comprends rien à ce que vous me demandez. Je ne vous connais pas, mais vos paroles me glacent d'épouvante, madame 1 Je ne sais pas ce que j'ai fait contre vous. Je ne puis croire que vous ayez un intérêt dans tout ceci.

LA TISBE.

Si j'ai un intérêt dans ceci ! Je le crois bien, que j'en ai un! Vous en doutez, vous! Ces femmes

veilutMiscs sont incroyables! Est-ce que je vous parlerais rumme je viens de vous parler, si je n*avais pas la raj^i* au rouir? Qu'est-ce que cela me fait, à moi, tout ce que je vous ai dit? Uu*esl-ce ([ue cela me fait que vous soyr/ une <;rande dame et (|ue je sois une comédienne? 4Uda m'est bien é^al, je suis aussi belle que vous ! J*ai la liaine dans le cœur, te dis-je, et je finsulte comme je peux! Où est cet homme? Le nom de cet homme? Je veuv voir cet homme! Oh! quand je pense ([u'elle faisait senddant de dormir! Véritablement, c'est infâme !

CATAIIIXA.

Dieu! mon Dieu! qu'est-i*e (|ue je vais devenir? Au nom du ciel, madame! si vous saviez...

LA TISUK.

Je sais (|u*il y a là une porte ! je suis sûre qu'il e-l là !

TATAUINA.

(i'est mon oratoire, madame. Hien autre chose. Il n'y a personne, je vous le jure. Si vous saviez! on vous a trom|K.*e sur mon compte. Je vis retirée, isolée, raehée à tous les yeux.

LA TISUE.

Le voile!

CATARINA

4l'est mon oratoire, je vt)us assure. Il n'y a là que mon prie-Dieu et mon livre d'heures.

LA TISDE.

Ijc masque!

3U ANGELO

CATARISA,

Je VOUS jure qu'il n'y a persoune de caché là, ma- 1

dame!

LA TISBE.

La bouche qui menl!

CATABIKA.

Madame...

Li TlSBE.

C'est bien cela. Mais 6teB-T0us folle de me parier ainsi et d'avoir l'air d'une coupable qui a peur! Vous ne niez pas avec assez d'assurance. Allons, redres^ez- Yous, madame, mettez-vous en colère, si vous l'osez, et faites donc la femme innocente I

Bile aperçoit tont 1 coup le mutun, qui «1 1 leno piii ia bilcon, elle j comt el le uni»»»

— Ah ! tenez, cela n'est plus possible. Voici le manteau.

CATARINA

Cielî

LA TISBE.

Non, ce n'est pas un manteau, n'est-ce pas? Ce n'est pas un manteau d'homme? Malheureusement, on ne peut reconnaître à qui il appartient, tous ces mantcaux-lû se ressemblent. Allons, prenez garde à vous, dites-moi le nom de cet homme !

CATARISA.

Je ne sais ce que vous voulez dire.

LA TISBE.

C'est votre oratoire, cela? Eii bien, ouvrez-le-moi.

r..\T.\UIN.\.

Pourquoi?

LA Tisni:.

Jr veuv prier Dieu aussi. Ouvrez !

<:at\ui>a.

J'en ai perdu la elef.

LA TISUE.

Ouvrez dont* !

r.ATAIlINA.

J(* ne sais pas qui a la elef.

LA TISIIF.

Ah ! cVsl votre mari qui l'a! — Monseigneur Anpt'ln! An^'elo! .Vn^^rlu!

BlU* \^ut Ciiurir .1 U {«irt'.' Ju f-m-l, Calarina •« Jette deyaot

et la ri*ti'*nt«

<:ataki>a.

Non! vous n'irez pas à celle porte! Non, vous n'irez pa«i ! Je ne vous ai rien fait. Je ne vois pas du tout vv (|ur vous avez contre moi. Vous ne me perdrez pas, niadauK*. Vous aurez pitié de moi. Arriviez un in^^lant. Vouh niiez voir. Je vais vous expliquer. In instant, «^(■nl(*ment. Depuis que vous ôtos la, jt» suis tout élour- •lir, tout elTrayét», et puis \os paroles, tout ee que vous aM*/ dit, je suis vraiin«'nt troublée, je n*ai pas tout rnuq»ri*i, vou*^ m'avez dit que vous étiez une comé- <ii(*nne, que j'élai** une frramle dame, je ne sais plus. Ji* vou<s jure qu'il n'y a personne là. Vou< ne m'avez pas parlé de ce sbire, je suis sûre cependaul que

348 ANGBLO.

c'est lui qui est cause de tout. C'est un homme alTreiix, qui vous trompe. Un espion . On ne croit pas un espioal Oli! écoutez-moi un instant. Entre femmes, on ne sa refuse pas un instant. Un homme que je prierais ne serait pas si bon. Mais vous, avez pitié. Vous êtes tn^ belle pour être méchante. Je vous disais donc que c'est ce misérable homme, cet espion, ce sbire. H suflît de s'entendre, vous auriez regret ensuite d'avoir causé ma morl. N'éveillez pas mon mari. Il me ferait mourir, Si vous saviez ma position, vous me plaindriez. Je ne suis pas coupable, pas très coupable, vraiment. J'ai peut-être fait quelque imprudence, mais c'est que je n'ai plus ma mère. Je vous avoue que je n'ai plus ms mère. Oh! ayez pitié de moi, n'allez pas à cette porte, je vous en prie, je vous en prie, je vous en prie !

C'est fini I Non! je n'écoute plus rien! Honseigaeur! monseigneur !

CATARlîiA.

Arrêtez ! Ah 1 Dieu ! Ah ! arrêtez ! Vous ne savez donc pas qu'il va me tuer ! Laissez-moi au moins un instant, encore un petit instant, pour prier Dieu! Non, je ne sortirai pas d'ici. Voyez-vous, je vais me mettre à genoux là...

Lui moDlrsnt la crucifii de cui-irB »u-desiui dn prie-Dieu.

— devant ce crucifix.

L'ccilde UTiibci'atkichBauiTuciËi.

— Oh! tenez, par grâce, priez à côté de moi. Voulez-

JOURNÉE II. — Le CRUCIFIX. 349

VOUS, «lilfs? Kl puis après, si vous voulez toujours ma mort, si \o Ikmi DiiHi vous laisse cette pensée-là, vous ferez ce «pie vous vou«lrez.

LA TISUK.

Klli' tr priTi|ute %\xr le crucifix et l'arrache du niur.

Ou'est-ce que c'est que ce crucifiv? D'où vous vit*nt-il? D'où le tenez-vous? ^ui vous l'a donné?

(:atai(I>a.

yuoi?ce crucifix? Oh! je suis anéantie! Oh! cela ne \(iu< sert à rien de nie faire des questions sur ce cruciiiv!

LA TlSUK.

Connnent est-il en vos mains? dites vite!

L» flAu.t«au v*X re«t«r «ur uno cr«'ioDo« yrv* du lialcos. La Ti>bes*«a appruche

et examine \c crui-ilix. Catariua la suit.

CATAHINA.

Eh bien, c'est une femme. Vous reganlez le nom qui est au lias. Cest un nom cpie je ne connais pas, Ti»bi'j je cr4»is. (l'est une pauvre femme qu'on voulait faire mourir. J*ai demandé sa grâce, moi. Comme c'était mon pt*re, il me Ta acconlée. A Brescia. J'étais titut eiiTant. Oh! ne me perdez pas, ayez pitié de moi, ina'lame! .\h»rs la feinme m'a tloniié ce crucifix, en me di<«ant tpi'il me porterait honlMUir. Voilà tout. Je vous jurt' que vtiilii hieii tout. Mais <|u'est-ce que cela vous fait? \ quoi hon me faire dire des choses inutiles? Oh! je suis épuisée!

se K T1.

CiTUUA, Là n^UU ASCXLO.

■eÎKW

O^ujmeîit MT Cait-i] qae toos i»e $oyez pis coacbée Cest que...

ISGELlLi.

Mon Dieu, vous êtes toute IrembUote. U y a quelqu'un cLez vous, madame!

LA TISBE, •'■Tuiui ia fond da Ihèltn.

Oui, rnooseigoeur. Moi.

LA TISDE.

Oui, moi.

ANr.ELO.

Vniis icil au milieu de la nuit! Comment se fait-il «|uo vous snyez ici, que vous y soyez à cette heure, et «|ue madame...

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