‹ Œuvres complètesChapitre 187 sur 190 · M. VICTOR HUGO CONTRE LA COMÉDIE -FRANÇAISE · texte numérisé non relu

M. VICTOR HUGO CONTRE LA COMÉDIE -FRANÇAISE

t'o public noinbn*u\, oi qui nt* c Hnp>M* f*n u'nindt» piriie d'hoinmc^ df l«(i(vt o( d'AftiMir^, i*<it n'-uiit d»ii4 U Mtll»* d'audieoce du Tribunal do cuinnuTTC. M. Victor llu^'n eu a-*-»!^ au bun^au.

M' Paillard de Villt*nou\o, avoi:sl dj M. Virtor Iiu;r<>, oxpone ain^i la demaodc :

« M. Victor Ilutro deinmdc que la C<im 'di>'-Franç\i<»e «tiit con«lainuôe ▼i»-4-Tit de lui ea det duni:iiiic<^**iQttirâU pour n*a\atr pit reprêscotc les

n'arait jamais songé. 11 se borna k demander A U Comédie -Françtiie la reprise d'Hemani, Mais les intrigues dont Tont ayez m le germe dans la pétition de 1829 se réveillèrent, et il fut impossible d*obtenir cette reprise. »

Ici Tavocat passe en rerue les différents traités qai ont été passés its: M. Victor Hugo et la Comédie-Française. Le premier, do 12 août 1832, relatirau drame célèbre intitulé le Boi s'amuse, stipal&it qu'^emaiu serait repris en janvier 1833. Ce premier traité fut violé. Un second intervint le 10 avril 1835, à Voccasion iVAngelo, et il fut stipulé qu^Hemani et Marm de Lorme seraient repris dans le courant de Tannée. Cette double danse fat encore violée, mal^rré les vives réclamations de M. Hugo. Enfin un troisième en|;a?cment de M. Védel^ du 12 avril 1837, relatif à la reprise d\AHgeloti d'Hemani, est encore inexécuté. Le défenseur, rappelant les divers arrêtas de censure pris contre le Roi s'amuse et Antony, rapprochant les motifs de ces arrêtés de la pétition de 1829 et des discussions littéraires qui s*élêTent cha(iue année dans les Chambres à Poccasion du budget du Théâtre- Français et de la menace faite à plusieurs reprises de retirer, au Théâtre- Français une subvention qu'il profane au contact des novateurs littéraires, 8*attache à démontrer que tous ces actes se lient à un système général de monopole et d'exclusion contre une doctrine littéraire qui blesse certaines répugnances et porte ombrage à certaines célébrités.

« Quel serait, en eTet, continue le défenseur, le motif de cette violation perpétuelle des contrats? un intérêt d'argent, une question de recettes? A cela nous répondrons, chiffres en mains, que les recettes de M. Victor Hu<;o sont égales, supérieures à celles que le théâtre considère comme les plus fructueuses, celles de mademoiselle Mars. Ainsi la moyenne desquatrevinfTt-cinq représentations de M. Hugo est de deux mille neuf cent quatorze francs vingt-cinq centimes. La moyenne de mademoiselle Mars, dans l'hiver de 1835, est de deux mille six cent dix-huit francs.

« Faut-il d'autres preuves de ce système dont je vous parlais? Pourquoi ne pas vous les donner encore? car ici M. Hugo ne parle pas seulement an nom de son intérêt privé, il parle au nom de tous ceux qui marchent avec lui dans la même carrière, au nom d'une question d*art et de liberté théâtrale; et il faut bien que vous sachiez jusqu'où peut aller l'abus contre lequel nous venons protester aujourd'hui.

« Parmi les hommes que la faveur publique accompagne de son estime et de ses applaudissements, mais qui ne se rencontrent pas avec M. Victor Hug"o dans les mêmes voies littéraires, et qui ne sont pas comme lui sous l'embargo censorial, il en est deux surtout, au talent, à l'habileté desquels plus (jue personne nous rendons hommage, dont les succès ont été irrands et le seront encore. Certes, ce n*est pas d'eux que nous vient la position qui nous est faite. L'exclusion qui pèse sur certains auteurs, qui les repousse malgré des engagements sacrés, est loin de leur pen>ée ; et, si un monopole en découle, ils le subissent plutôt qu'ils ne le préparent. Je suis convaincu môme que les deux personnes dont je parle ne se sont point encore aperçues de tout cela. Je veux seulement montrer que la Comédie-

que, dant Ion arts comme dans la politique, dans la morale comme dans ïe^ sri(>ncc«, chaque êpoiiuo devait avoir une mission qui lui fût propre; qu*à de« mœurs nouvelle*». qu*à diM bcsoinx nouveaux, il fallait de nouvelles formes, de nouveaux alimt>ni««; ils avaient |>en94.'* enfln que notre siècle nVtait |)as tellement dé^théritô, qu'il dût nY'tre qu*unécho du passé, et qu'il ni' pût avoir, lui aussi, son cachet original, son horizon do gloire et d'immortalité.

• f^ui Hi» trompait? Qu'importel A tous la carrièri> était ouverte; Popioi«fO puhlique était là pour voir et iK>ur ju;:('r. V<»us vous rappelez ces lutt«.*4 *ï vivt>s, si acharnée-*, qui éclalériMit alors. On attendait avec impatit>nro qu«' la scène française fût enfin ouverte à ce qu'on appelait la

DOUfelh' écolf,

• M«i« rcit*' éi'H'uvr devait, à rr qu'il parait, effrajer ceux qui jusqu'alors étaient en p4Msessiou de cette ^céne, qu'ils regardaient comme infiWidée h eux seuls, et il fallait à tout prix fermer à de hardis novaleurs 11» seul théAtre sur lequel ils pu^tsrnt sv rencontrer avec leurs adversaints. Cesi alors que commença à se manifester ronln» M. Victor llujro, ri contre ce qu'i»n appelle s-m école, cotte série d*intrijrue!«, qui depuis n'ont Cf»î»é de PenvelopptT, qui (Mandant s»'pt années l'ont poursuivi, harri*lé,i*t dont enAn sa patience lassi-e vient \ous demander aujourd'hui réparation.

« C«-tiit dins le mois de niarn |H'2*.^ une pétition fut adressée au roi; elle était »»ijirn«*o par ««t'pt acadi'miciens, fourni«iHeurs hahituols duThéàtre- FrançMH, \ieu\ débriit de cette littérature im|M*riale qui ne vantait d*avoir eu des i»ArlerreH de rois, et qui, d.tn>t son orgueilleuse naïveté, se 6irurait ne dev'ir q Ta son sénie l'éclat èph-Mnére qu*a\.iit rejeté sur elle son public c iur>nné. Otte pi'tition dt*mandiiit que le Théàin'>Français fût fermé aux pr>lii<'tionH de l'école nouvelle, et que, notamment, les repn'"»entntions à.'liftnini fussent iuienlite'*. >ous navez, mesHieur-». la ré|M>n«»e qm* Ht le n»i (Ih.irl.'s \ a cet »in'^utiers p 'tiiionn.nire*. « Kn fait de Iittératun>, li'ur

• dit il. j«* n'ai, roinm ' chirun d» vous, mentieurs, que ma placi» au par-

• terre ■• Kt Ihrivtm obtint ciriqu.snte repr.'si'nLiti«»nH consécutives. Ce fun-iiî pour le th«'dlre l«.'s n-rettes les plus brilljnl<>s.

• I<"rsq'i'* siirMiii la r''\oluti >n dr juillet et avei* elle l'abolition de la rensiin-, le rhéatr»-Kran«;ais voulut repre:idro .V<iria« d<' htrmf. M. Mrtor lliKÇo «•'> opi><>xA. i\A\x'\ <|u«' t lut a rii'-ure r»n \«»us re,.ré-i«»ntera peut-être c<tm(ne un aut«Mir inviti.nble ne xoulut pi-* c.»n*«'niir aux repn-*entaiion> qu'on "dlicitiit de lui. Marion tU Lirm^* avait été interdite par In censure romme pouv.uit être attentitiiiin* pir .illusion à li maje*t»* ro>al»»: il y avait po-iriani il'»rs un»» réactii»! f iv ».Mb!i' a*i stir-ês, a Tenthousia^me ... Mai* M. Victor Niu'i» n'f-i pis de re ix qui pon-^'iit que le vandale «*st une h »nfe' rbo-..^ quari I il petit - • r'*s » i ip.- m .i;i;)la'i lis<»e:n 'nts et en dn»il» d'aut«Mir«. Il «e rappela qui* li dyni^^tie di-'hue avait droit à cette com. passion nî^jHîCtueuse f|ui; tout ho:nmt> de r.jBOT doit à des proscrits, ut qu'il ne lui rou\enait pa-, a lui. d-* niL.ruler un succès tnr rrfferv«"»rence qui alors se ruait contre Charles X, ut •* ir des allusions autquelles il

Si Marion de Lorme n*a pas ea le même sort, il ne faut en attribuer la faute qu'au veto de la censure.

« Eu droit, les traités dont M. Victor Hugo réclame Feiécution sodi entachés de nullité radicale. Effectivement, diaprés un arrêté des consuls. de nivôse an XIII, le décret impérial de Moscou et une ordonnance royale de 1816, Tadministration de la compagnie qui exploite le Théâtre-Français ne peut engager cette même compagnie qu'autant que le conseil judiciaire a donné son approbation et le commissaire royal apposé son visa sur les traités. Sans doute, à Tépoque où les règlements dont 8*agit ont été rendus, la Comédie-Française était régie par des administrateurs qu'elle choisissait elle-même parmi ses sociétaires, et, depuis lors, la gérance a été confiée |iar Tautorité administrative à un directeur rétribué et qui n*a d'autre re<tponsabilité que celle de ses faits personnels. Mais Tattribut on de la gérance à un tiers, étranger à la société de la Comédie-Française, n'a dérogé en rien aux règlements antérieurs de cette société, règlements qui sont d'ordre public, et que nul n'est censé ignorer. Or M. Victor Hugo a traité d'abord avec M. Desmousseaux, sociétaire administrateur, et ensuite avec M. Jouslin de Lasalle, directeur, sans avoir obtenu le visa de M. le commissaire royal baron Taylor, ni l'approbation du conseil établi prè> de la Comédie-Française, indépendant de l'administration théâtrale, et qui se compose d'un avocat, d'un agréé, d'un notaire, d'un avoué, etc.

« Le demandeur est donc dans la même position que s'il avait traite avec un fils de famille en état de minorité, avec une femme mariée non assistée de son mari. Indépendamment de cette fin de non-rccevoir insurmontable, il en existe d'autres encore. Ainsi M. Victor Hugo n'a fait aucune mise en demeure, aucunes diligences pour obtenir l'exécution des prétendues obligations qu'on nous oppose aujourd'hui.

« Il y a plus, en admettant la validité des actes en eux-môme«, qu»* peut demander M. Hugo? Rien évidemment, si nous dt^montrons qu'il n'a. de son côté, rempli aucune des conditions qui lui étaient imposées. Ainsi, d'après un des articles du décret que j'ai cité, « les auteurs sont tenus d«" « distribuer en double tous les rôles de leurs ouvrages ». Or, à l'éganl (VHernani, M. Hugo ne l'a pas fait. Une première distribution fut faite en 1829; mais Michelot, qui remplissait le rôle de Charlcs-Quint, s'est n'iiré; mademoiselle Mars a renoncé au rôle de doua Sol. Depuis, M. Victor Hugo n'a fait aucune distribution nouvelle. »

M. Victor Hugo : « Vous vous trompez. La distribution a été faite en 1836- Elle est écrite sur les registres du théâtre, de la main môme de M. Jouslin de Lasalle. Le rôle de Charles-Quim était donné à M. Ligier, qui me l'avait vivement demandé. »

M'' Delaxgle : « JMgnorais le fait. Mais, fùt-il exact, il n'y aurait la qu'une distribution de rôles seulement aux chefs d'emploi, et non en double, comme l'cNigc le décret.

FrançaUc ne W'nd à rien moins qirâ dô«hériter de sa publiriié tou« ceux ilunt les (loctriiirs ne «ympathi^nt pas avec la littérature ofliciello qui leur eit lmpo*«»e. •

I/av(»CAf nift «nus les yeui du tribunal une statistique des divcnes repn^senlatiuns du Thràtrc-FrançaiSf et il examine dans quelle position fi intuv<*nt 1<'H quarante ou cinquante auteurs dont les ouvraires «ont au n'pertoire. Voici un extrait de ce curieux document, qui excitv quelques marques d'étonnement dans l'audituire.

• Kn 1X3 i, sur troi^ cent «ioi\ant*^-deui repri'Hcntations, et déduction faite des repn'sentations du vieux rf[>ortoin% les deux autiMirs dont il s'agit en obtiennent cent quatreviuk'tv: |»our tous les autres auttMirs il r.e reste que quarante-cinq jours. Kn 1K35 et IKSO, C(*s deux auteurs ont cent tn*ixe, cent quinze joun«, tous les autres n*ont que cinquante et cinquantequatre jours, f-infln. du \*' janvier 18.17 jusqu'à ce moment, ces deux auteur^ ont obtenu cent douze n^préitentations; trente-quatre seulement ont i^té acrortK'es aux autres. ■

\prAs aToir fait rt*ssortir tout cequ*il y a de prave dans un pareil abus de U p.(rt d'un tli'Vttrt> que M)n institution m^me d(»it ouvrir à tous les travaux, à t()ii<. Wh •iurrr*, apK's avoir ajouta; d'ailleurs que rien ne serait plus li*i;itim<* qut* de jouer souvent des auteurs qui réussissent beaucoup, a la cfindition stMilenieut de ne |>as exrlurc d'autres auteurs qui ne réus* iiASi^nt pa<* mojn.s. M** Paillard de Villeneuve arrive a Texamen des traités eo eu\-inèmes, et <»'attach<' a ju'^tilier, dans une discussion lumineuse, les •-••ncluol'iiH pri'^os au nom de VI. \irtur Hugo.

■ Ti-tte rnuM*. dit-il en terminant, ne vous offre-t-elle pas un étrange «p(H-ta'-|e? Depuis buit anné«>*>, maltn*é de nombreux et éclatant* succès, uialiEn* la f(»i due a des enirapMnents sacrés, M. Ilufto n'a pu s'(»uvrir les porlfH de ce tb»'âtn». sur lequel re|N'ndant il avait jeté quelqut» irloin»; et, tandi« que In (Itun/tlie-Fraiiraise liitt.nit ain^i |MMir le C4)ndatnuer au y^ilence • t â l'oub'i. M. \i«-i<ir llu:;i» pouvait voir «eM œuvn^s traduites daun toute» les l.nneues: il |Miij\aii apprendn* que <.ur les tli\ers tbé.^(rt>s de TKuropt», â lx>ndre«, a Vienne, s Madriil, a M'»sr lU. ^es tui\ra^%*s étaient irlorieuse-

ment rfpré«»>'nté4, ronn>nnf<* d'applaudi*>i*ements C'est s«-ulenii*nt en

Kmnri', dan» 4'»n pa\s, qu'il ne lui a |mis été donné d'en entendn*

l'efll". •

M' Di'Ianele. avocat di* Ix Comédie-Français*-, pr«*nd la {larole : • Mftsieurs, dit-il, je tu- m'attend.iis |»as a voir la question placi'*e sur If tf-rrsin qnr mon mlven«iire a cboi^i. Je ne voyais dans cette affaire qu'une queotioM il'ihiént |>ri\é, qu'une appré<riation d'acte'», et non une •{uestion d'art, de monop^ile liitérain*. N'attendez donc fias de moi que je «uive l'avtic.ii de \f. IIul'i* «lans la di»cus«>i<>n qu'il vient d'i*ntamer; qu'il me ••uffi'M' de vou« din; que notre ailversain* e<«t ahsez mal venu dans ses plaintes et ••"> rèrriminatioun* rar. sur six drames dont l'illustre (HM^te est auteur, quatre ont été reeiit |Mir l'adminiitration de la rue Richelieu; trois, Hernant, le Hoi g'amuif, Anuflo, ont été joué^ p^r les comédiens français.

bftavc. — m. 31

mages-intérêts ne sauraient être accordés; car, d'ane part, il n*y aparea de mise en demeure, et, d*autre part, M. Hugo n*a rempli aucune des obligations, que, de son côté, il avait à exécuter. »

M' Paillard de Villeneuve réplique avec force, et examine succetuTement les fins de non-recevoir apportées par la Comédie-Française. Quant à la nullité des traités pour défaut de capacité du directeur, Tavocat sontient que c^est là un moyen de mauvaise foi que le tribunal ne peot admettre. Trois traités ont été faits j>ar les divers directeurs. Tant quMI s^agissait d'obliger M. Hugo, on les trouvait capables d'agir, et leur prétendue incapacité n^est invoquée que lorsquMl s'agit de leurs propres obligations. L^-avocat soutient d'ailleurs que les prétendues exigences du règlement de Moscou n^ont jamais été exécutées, pas plus en ce qui touche les droits du comité d'administration que la nécessité de distribution des rôles en double, etc. Après avoir discuté en droit la validité des traités, le défenseur établit qu'à l'égard é'Hemani M. Hugo a fait tout ce qui dépendait de lui pour obtenir l'exécution du traité ; et qu'à l'égard de Marion de Lorme le traité de 1835 n^exige pas la nécessité d'une lecture, qui n'a Jamais lieu d'après les usages du théâtre pour les ouvrages déjà représentés.

L'avocat repousse ensuite le moyen qu'on cherche à tirer des recettes (ÏAngelo en reproduisant un état des chiffres auxquels elles se sont élevées, et qui donnent une moyenne de deux mille trois cents francs. L'avocat termine en demandant une condamnation qui soit tout à la fois une réparation pour M. Hugo et un châtiment pour l'insigne mauvaise foi de la Comédie-Française.

M* Dclanf^le insiste sur les arguments qu'il a déjà développés au nom du Théâtre-Français, et revient avec de nouveaux développements sur les fins de non-recevoir qui s'opposent à la demande de M. Victor Hugo.

M. Victor Hugo se lève. (Vif mouvement de curiosité.)

« Messieurs, dit-il, je ne m'attendais pas à parler dans cette affaire. Mon avocat a complètement ruiné, dans son argumentation, tout à la fois si éloquente et si précise, Tétrange système adopté par l'avocat du Théâtre-Français, et, s'il ne s'agissait que de moi dans ce procès, je ne prendrais pas la parole; mais ce n'est pas seulement de mol qu'il s'agit, c'est de la littérature, dont la cause est en ce moment mêlée à la mienne. Je dois donc élever la voix. Parler pour son intérêt privé, c'est un droit, j'aurais facilement renoncé à un droit; parler pour rintrrèi d«* tous, c'est un devoir, je ne recule jamais devant un devoir.

0 Et, en effet, messieurs, l'attitude que prend le Théâtre- Français dans cette affaire est un grave avertissement pour la

. PROCÈS DANGELO ET D'IIERNAM. 4S5

littérature dramatique tmil entiiTC. II y a là un système qu'il ' f^'iit 5i);nàl<T, liiio-'lecoff dont il importe qn*^ tous les auteurs prennent leur part. I»a loyauté de la Comédie-Frauçaisi* mérite d'étro connue.* Mc»ttôni»-ra ai> grand jour.

« P*' la singiiJière dt'*fyjls« à faquelle le TiiéAtre-Franrais a eu recoun», il r6*uUe îleux.c|ios<is. La prt»mière, la voici : cV^t que le dicect<*ur du tliMin^Frûiiè^Ls est un homme double. L»» dircoleur du •Théâtre-Français a de>LX visages, Tun pour nous, auteurs; Faytre pourvoiis, tribunal.'

• Vi» directeur du Tlicàt ré-Français... (Ici M. Victor llu:^o se relouent? verK-le bjMTeauJ et dit : a Et je reirn»tte de ne pas le .' 'trçniv<îr1i cettç Xm^. pouV confirmer mes paroles. » Puis il continue.:) Le dtr«'rl<*ilr. du .TlM»âtre-Français a besoin de moi; il

▼lent me trouver. Ses ^?Ccttes baissent, me dit-il, il compte sur • ••.."■

^1 ' aloi.|M7tJr r<tt4Mit^.ftOii?'tbé^r«*:'il me d(*mande une pièce; il nf offre

• ï •. loul^^Jes conditloiys que je pourrai dé>ir«T; il me proposa» un

. traité jil-a*pl«'ins ppuvoirs; jl est le din»cteur duThéàtn*-Français.

' J'accepte. >» cons<*os & donner la pièce qu'on me demande Le

.dfrpctiMÎr j'crft le tnliii*- eh t»ntiiT de sa main ; je le signe, puis '. Jl Uî Hiirne ius«?i: Voilù Mi\ eugatrement formel, compilât, sacré, .-•diteîv-\Ou**. Non^'metisieurs, cN»st une tromperie.

•«•Yous FavAz* entendis,- Je ne l'invente pas, c'est l'avocat du

• .ihvàtre. nnP yain J-tf dit Jul-méme, 1»* directeur, (pril s'appelle

♦Veilel ou'Jou*lin^' lAsaNe, peu importe, le (iir<'et«»ur n'avait

.. ik^vqualiW* |)ôur.tAiHt?r; le' directeur est v<'nu chez moi sachant

^ela; 'ru pcHirqiiot esi-il' venu 'chez moi? pour trait«T av«T moi.

' JVtaft d<5 beniîe (ol,»mpi, auteur; lui. directeur, mentait et me

thittlpait. Il y li\tut dèrflèrc lui un discret de Mommiu, un règle-

* vmnf <les comuls, iHfi» ôÉdmuuince de 1816, que sais-je! J'ignorais

' *çe 'décfêu.ce r^gÎPijient, Cette ordonnance. Le dinvteur savait

' que' j« l'^orals, tt a proÂté de mon ignorance. Grâce à mon

T: . Ifi^ofiâpce, if ^^btenii éci»j»ljdvî*P^*ees pour h^juelles d'autres

- théâtres me 'faisaient des offres '.sincères. Quoique sans pou\oir

• pmir.traitojr, il a taail«'-avec moi; }l «l'a trom|x'\ di-^-je, et, vous' ' veBCÎ~ de l'eiUendrc» c'est de cela <|ue la Comédie-Française se

▼aiitc. **..••■*

• •9«'c»t-il arrlv*'?. .MqI, auteur, j'ai exécuté religieusement les com^DtJonsj /al .donné, aux époques convenues, les pièces

promises; le théâtre, lui, n'a été fidèle qu'à violer ses engagements; il les a violés trois fois de suite. J'ai eu beau réclamer, je ne sais si c'est là ce qu'on appelle mettre en demeure, j'ai eu beau réclamer, le théâtre n'a fait que des réponses évasives, le théâtre a éludé, le théâtre a promis, le théâtre m'a trompé et promené d'année en année par des commencements d'exécution. Bref, le théâtre n'a pas exécuté. Pourtant, je dois le déclarer, aucun directeur n'avait jamais osé me faire entrevoir même l'ombre de ce système que l'avocat du théâtre vient d'exposer tout à rheure, — exposer, c'est le mot, — à la face de la justice* € Après sept ans d'attente, de bons procédés, de patience, de silence, de graves dommages et dans mes ouvrages et dans mes intérêts, je me décide à en appeler aux tribxinaux ; j'ai recours à la protection de la loi, qui ne doit pas moins couvrir la propriété littéraire que les autres propriétés; j'appelle à votre barre, qui? le directeur du Théâtre-Français. Alors, qu'arrive-t-il7 Messieurs, devant vous le directeur du Théâtre- Français s'évanouit. L'homme que j'ai vu, qui m'a écrit, qui m'a parlé, qui est' venu chez moi, qui avait tout pouvoir, qui a traité et qui a signé, cet homme-là n'est plus qu'une ombre. C'est un être invalide, c'est un individu sans qualité, c'est un mineur: 11 a traité, c'est vrai; mais il ne pouvait pas traiter, il y a le décret de Moscou. Il a signé, c'est vrai; mais il ne devait pas signer, il y a le* règlement des consuls. Il a donné sa parole, c'est vrai; mais comment ai-je pu croire à sa parole? c'est son avocat .qui le dft. Toilà la défense du Théâtre-Français. N'avais-jc pas raiso'n de vous le dire en commençant, messieurs? le directeur dii Théàtré-Ffançais a deux visages. Ces deux visages sont deux mâ^uès; avec. Tun on trompe les auteurs; avec l'autre on irompe la justice. {Sensalion,)

« Encore une fois, messieurs, quand je 'dis le directeur du Théâtre-Français, je n'entends désigner ^ersonne,-.pas' plus monsieur tel que monsieur tel. Ce nVsi pas VJiomme qui a occupé, qui occupe ou qui occupera la position de directeur que j'accu:se; c'est la position elle-même, c'est cette situation ambiguë et inqualifiable que je vous signale. D'ailleurs, vous le voye» bieu, le directeur du Théâtre-Français est une ombre qui échappe, aux auteurs d'une part, et à la justice de l'autre. '• ,

PROCÈS DANGELO ET D'IIERNANI. 4h7

• Ce qui résulte encore de la plaidoirie du théûiiv, le voici : c*i*st que si vous êtes auteur, si vous avez produit à la Comédie- Fran<^aise quatrevingt-cinq recettes; si, en prési»nce des frais du tli»'»âtre, <|ul sont de quinze cents francs par jour, ces recettes ont donné une moyenne de deux mille neuf cent (|uatorze francs, cVsi-à-dire quatrevingt-cinq fois mille quatre cent quatorze francs de bénéfice pour le théâtre, cela ne signifie rien, absolument rien. Il y a dans vos quatrevingt-cinq représ<*ntations bien des rec*»ttes qui dépassent trois mille, quatre mille, cinq mille francs; qu^importe! S*il s'<'n trouve dans le nombre une ou deux qui M»iiMit au-<l»*ss()us de (|uinz»' cents francs, voilà celles que le théâtre déclarera, voilà c«'lles qu'il dénoncera à la justice, et il poussera sur ces pertes de grands gémlsst»ments î En vérité, cela ne fait-il pas pitié?

• Je n'en dirai pas davantage sur ces chiffres, sur ces chicanes, sur c^'s misères. Jo ne suivrai pas l'avocat du théâtre dans Tinextri<'abh» dédale (rarguti«»s où il a <»ssayé d\»nfermer mon bon droit. J»» dt'^daigne, mes*«i«*urs, toute c«*tte discussion qui «'st complét#*m«*nt inattendue pour moi, j«» le déclare, et que M. \Mc\ dt'*sa\ ouvrait tout le premier, je Pespére pour lui, s'il était pn'»- "ient à cette audience... »

M' DcLA^cLF. : • Je n'ai plaidé que d'après les iastructions de mon rlient. ■

M. XiCTOR llr.r.o : a Je le crois, mais c«*la m'étonne, car j<' cunnais la loyauté de M. Védel; il m'«'M pénible de pens^T qu'il ait pu cons4Mitir à invo<|U<T contre moi à l'audienct* drs argum«*nt*< dont il paraissait si éloigné dans S4»s conversations particulière^.

« Il est un autre po^nt, messieurs, je le di^ en passant, sur le<|uel JÉî m'étonn«; cpie l'avocat de la C>>méditï-Franvaise n'ait pas tl«» lui-m^me appelé votre attention. \jl nH>yenn«' dt*s recett«»s d7/f ni«wi e>t de trois mille trois cent douzf francs. •

M* D:la:«gij[ : « Je u*ai |>as ce chiffn*. »

M. Victor IIlgo : • Trois mille trois cent douze frano, le chiffre est exact... et douze centimes, si vous le \oulez absolument. {Sourires.)

« Je n'ai plus qu'un mot à ajouter, messieurs, j'ai été de bonne foi dans cette affaire ; la Comédie a été de mauvaise foi. Chose rare! c'est elle-même qui le déclare et qui fait de sa mauvaise foi son système de défense. J'ai signé des traités qui étaient sérieux pour moi, et que j'ai exécutés; les directeurs successifs du théâtre ont signé des traités qui étaient dérisoires pour eux, et qu'ils ont violés. Ce théâtre a eu souvent besoin de moi ; il est venu me trouver, je ne cite ici que des faits, des faits que personne n'ignore. Je lui ai rendu des services qu'il ne nie pas; il m'a répondu par des déceptions qu'il ne nie pas non plus. Vous êtes des juges d'équité, vous apprécierez cette façon d'agir et cette façon de se défendre. Vous apprendrez à ce théâtre, par une condamnation sévère, qu'il est immoral de faire des traités et de les faire invalides exprès pour pouvoir les violer ensuite. Vous briserez le monopole qui confisque ce théâtre au détriment de toute la littérature, à laquelle deux Théâtres-Français suffiraient à peine. Vous n'admettrez pas le système de la Comédie-Française, par pudeur pour elle-même; vous lui apprendrez, puisqu'elle a besoin que la justice le lui apprenne, que la signature de ses directeurs est une signature valable, que la parole de ses directeurs est une parole séneuse. Vous ne ferez pas à ces directeurs l'injure de leur donner gain de cause en déclarant leur signature nulle et leur parole menteuse. Et moi, messieurs, j'aurai à me féliciter de vous avoir donné une nouvelle occasion de prouver que vos jugements sont tout à la fois l'écho de vos consciences et l'écho de la conscience publique. %

Après cette brillante improvisation, qui est suivie d^un murmure gênerai d^approbatioH) M. le président annonce que la cause est mise en délibéré pour le jugement être prononcé à quinzaine.

Audience du 20 novembre 1831.

Une foule nombreuse, impatiente de connaître le résultat de cette affaire, était encore réunie aujourd'hui dans l*enceinte du tribunal de commerce.

Voici le texte exact du Jugement qui a été rendu, et qui, indépendamment des questions spéciales élevées sur Ja nature des divers traités

invoqués par M. Hogo, po«e dlmportinu principes en matiefe de Uttërmture dramatique :

« Le tribunal,

« En ce qui touche les représentatiom d'Bfrmani :

m Attendu que, par les coaTentioas Terbaie*! dait aodt 183^. Victor Hugo d'une part, et, diantre part, Desmousseaui repré^atant la Cornédie-Française, se sont engagés, le premier à livrer à la G>médie-Fran4^tse un drame intitulé le Roi i'oihiim; le second, à Caire jouer le drame, et. de plus, à préparer la reprise d'B9mami pour Le courant du moi^ de jan> vier 1833;

« Attendu que Victor Hugo a satisfait à cette convention par la livrai» son du drame le Roi s'amuse, tandis que la Comédie-Française s'est bornée à jouer ce drame, et a négligé de remplir l'obligation relative à la reprise d^Hemani;

« Attendu qu*à la date du fô janvier 1835, par un antre traité veriiaU intervenu entre Victor Hugo et Jouslin de Lasalle, alors directeur du Théâtre-Français, traitant au nom de la G>médie-Française, il a été stipulé de nouveau qu^Hemani serait repris, et ce dans les six mois qui suivraient le 10 avril lors prochain, sans que la G>médie-Françai8e ait rempli ce nounel engagement ;

« Attendu qu'il résulte de la correspondance entre Victor Hugo et Véde>, directeur actuel du Théâtre-Français, que, le 2 avril 1837, celui-ci s*cst engagé à son tour à effectuer la reprise d*Hemanij et que ce troisième engagement n*a point reçu jusqu'à aujourd'hui Teiécution promise;

« Que c'est à tort que l'on reproche à Victor Hugo de n'avoir point distribué, conformément aui règlements, les rôles d^Hemani en premier et en double, parce que, dans l'usage, cette distribution se fait do concert par l'auteur et le directeur, et que, dans l'espèce, il y a eu une distribution de ces rôles;

« En ce qui touche la représentation de Marion de Lorme :

« Attendu que, dans le traité verbal ci-dessus mentionné entre Victor Hugo et Jouslin de Lasalle, Victor Hugo, en promotunt de livrer à la Comédie-Française un nouveau drame intitulé Angelo ou Padoue en 1549, ce qu'il a exécuté, a stipulé en sa faveur, non seulement qu'//ernani serait repris, mais encore que Marion de Lorme serait joué deux fois au moins par la Comédie- Française, dans l'année, à compter du mois do novembre 1^35, lors prochain;

« Attendu que jusqu'à ce jour aucune diligence n'a été faite par la Comédie-Française pour représenter Marion de iMrmê; que si cette pièce, après avoir été reçue au Théâtre-Français en 18^, a été retiWse et prjrtéc au théâtre de la Porte-Saint-Martin, où elle a eu soixante-huit représentations, on ne peut trouver, dms cette circonstance, un motif sufllsant pour la Comédie-Française de se soustraire à ses obllgatkma. iMrfMnui c'était longtemps après, et nonobstant les représentaliOM ^ ■«#

iM XOTES.

ment de II it oo €»bjccte contre \t€tmn de Jièrkm de Lorme qmt ce prétisnaire, iadispesnble ômm li iti^pe. pcw être cmbîs du» Fespèce, puisque, 4bi r«a»^ If9. Mmrkm et Lwwkt a été lae et rc^ae aa Tliéàtre-Frmnçais; ^«e. d'aiJesr». il ■ e*t pas sass eieaple, à ce tlMitie, que des pièces reprMeatiècs d'abc»! <«r d'astres seèaes aient été jooées ensuite sur h •Dm» fraaçatK sans lectare préalable:

< En ce qai toiocbe la reprise ^Amgi^ :

t Auend^ qnll a éik comeno, entre Victat Ho^ et Védei, quWngelo «eraît repris et ymé quinze km an moins. dnîaTril an 22 septembre 1837; qoe. mil^K' cette cooTeation. Amgeh n*a été représenté que cinq fois dans rinterralle de temps susmentionné : que la médiocrité de certaines recettes, dont c* eicipe pour jnstiier la néeliç«£^nce de la ComédicsFruiçaise, peut avoir eu pour cause des circonstances êtranséres an mérite de la pièce ; qne d*ailkmn, et quelles qu'en soient les causes, rengagement est pris par Védeit sans rêsenres ni restrictions^ et que, s*il a Cdt no maoTiis calcul, il n'en est pas moins obligé par son engagement, et ne peat ni ne doit en impater qn*â lui-même les conséquences, surtout lorsque ces conséquences pèsent sur nn tbéàtre subrentionnè par Tétat;

« Attendu que, si les diverses couTentions veHbales invoquées par Victor Hugo n*ont pas été accompagnées de l'approbation du commissaire royal attaché an tbéàtre, il est constant pour le tribunal que cette approbation n*était pas indispensable pour valider lesdites conventions; que Tusage prouve qu*on ne s'r conforme pas toujours;

« Attendu, d^ailleurs, que Tapprobation est devenue superflue là où il y a eu eiécution commencée, et que la Comédie-Française, ayant laissé exécuter les traités dont il s'a^rit dans la partie qui paraissait la plus favorable k Hfs intérêts, n'est que plus mal fondée à en invoquer la nullité lorsqu'il s'agit des clauses stipulées en faveur de Tauteur;

« Attendu que, si Victor Hugo n*a pas mis la Comédie-Française en demeure d'accomplir ses obligations, il résulte des faits de la cause que des réclamations nombreuses ont été faites par lui dans ce but, et que d'ailleurs chacun des traités verbaux qui se sont succédé portent en euxmêmes la preuve de Tinexécution des conditions imposées k la Comédie- Française; que, dés lors, il n'y a lieu d'invoquer ni la nullité ni la péremption de ces traités, ni le défaut d'une mise en demeure par huissier;

« Attendu que la propriété littéraire, qui est le produit des plus nobles facultés de l'homme, doit trouver devant les tribunaux une protection équitable contre la violation des conventions où elle est intéressée;

« Attendu qu'il est digne d'un peuple qui doit à la culture du drame tragique et comique une de ses gloires les plus belles d'ouvrir à tous 1 systèmes de littérature, à tous les talents, un théâtre national puissent, à leurs risques et périls, se produire devant un public

et, par une lutte de çloire plutôt que d*ârxent« coocoorir tous ensemble à rillustration des lettres françalsef :

« Attendu que. par suite de rinei^cntioD de $es oblig:itioo$, la Comédie-Française a causé à Victor Hugo un préjudice dont elle lui doit la réparation; que, de plus, il est juste que les engagements pris reçoîTent pleine et entière eiécution :

«I Par ces motifs.

■ Le tribunal, admettant, d'après les informations de la cause, lo tort souffert par Victor Hugo, et jugeant en dernier ressort,

« Condamne Védel, et par corps, à payer à Victor Hugo six mille francs à titre de dommages-intérêts;

« Ordonne que, dans le délai de deux mois, à compter de ce jour, Védel, en sa qualité de directeur de la Comédie-Française, sera tenu de représenter Hernani;

« Que dans le délai de trois mois, aussi à compter de ce jour, ledit Védel sera tenu de représenter Marion de Lorme:

« Que, dans le délai de cinq mois, Védel complétera les quinxe repré- «ientations d^Angeh;

a Sinon, et faute par lui de le faire dans lesdits délais, condamne, dès à présent, Vcdcl, par les voies de droit et m^mc ]>âr corps, à payer à Victor Hugo cent cinquante francs par chaque jour do retard;

« Condamne Védel aux dépens; ordonne Texécution provisoire sans caution, d

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