‹ Œuvres complètesChapitre 31 sur 190 · DON ALPHONSE, DONA LUCREZIA · texte numérisé non relu

DON ALPHONSE, DONA LUCREZIA

DONA LUCREZIA, eiUanl arec iapétaoeité.

Monsieur, monsieur, ceci est indigne, ceci est , ceci est infâme. Quelqu*un de votre peuple,

— savez-vous cela, don Alphonse? — vient de mutiler le nom de votre femme gravé au-dessus de mes armoiries de famille sur la façade de voire propre palais. La chose s*esl faite en plein jour, publiquement, par qui? je Tignore, mais c'est bien injurieux et bien téméraire. On a fait de mon nom un écriteau d^ignominie, et votre populace de Ferrare, qui est bien la plus infâme populace de Tltalie, monseigneur, est là qui ricane autour de mon blason comme autour d*un pilori. — Est-ce que vous vous imaginez, don Alphonse, que je m*accommode de cela, et que je n'aimerais pas mieuK mourir en une fois d*un coup de poignard qu*en mille fois de la piqûre envenimée du sarcasme et du quolibet ? Pardieu, monsieur, on me traite étrangement dans votre seigneurie de Ferrare! Ceci commence à me lasser, et je vous trouve Tair trop gracieux et trop tranquille pendant qu'on traîne dans le ruisseau de votre ville la renommée de votre femme, déchiquetée à belles dents par Tinjure et la calomnie. Il me faut une réparation éclatante de ceci, je vous en préviens, monsieur le duc. Préparez-vous à faire justice. C'est un événement sérieux qui arrive là, voyez-vous ! Est-ce que vous croyez par hasard que je ne tiens à Testime de personne au monde, et que mon mari peut se dispenser d'être mon chevalier? Non, non, monseigneur, qui épouse protège. Qui donne la main donne le bras. J'y compte. — Tous les jours, ce sont de nouvelles injures, et jamais je ne vous vois ému. — Est-ce que cette boue dont on me couvre ne vous éclabousse pas, don Alphonse? Allons,

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