‹ Œuvres complètesChapitre 37 sur 190 · ACTE 11. — LE COUPLE · texte numérisé non relu

ACTE 11. — LE COUPLE

m'avez demandé ma parole ducale qu*il ne sorlirait pas d*iei vivant, je vous l*ai loyalement octroyée, et maintenant vous ne voulez pas qu*ii meure ! — Par Jésu«( ! madame, ceci est nouveau!

DOlfA LUCREZIA.

Je ne veux pas que ce jeune homme meure, mon- *i**ur le duc !

DON ALPHOPfSE.

Ma<lame, les gentilshommes aussi prouvés que moi n'ont pas coutume de laisser leur foi en gage. Vous avez ma parole, il faut que je la retire. J*ai juré que le coupable mourrait. Il mourra. Sur mon âme, vous pouvez choisir le genre de mort.

D05A LUCREZIA, d'an air riant et plein de douceur.

Don Alphonse, don Alphonse, en vérité, nous disons là des folies, vous et moi. Tenez, c'est vrai, je suis une femme pleine de déraison. Mon père m*a gâtée, <iue voulez-vous?On a depuis mon enfance obéi à tous mes caprices. Ce que je voulais il y a un quart d*heure, je ne le veux plus à présent, vous savez bien, don Alphonse, que j*ai toujours été ainsi. Tenez, asseyezvous là, près de moi, et causons un peu, tendrement, cordialement, comme mari et femme, comme deux bons amis.

D05 ALPH05SE, prenant de ton eàté un air de galanterie.

Dooa Lucrezia, vous êtes ma dame, et je suis trop beureux qu*il vous plaise de m*avoir un instant à vos pied«.

n t'aMied pito d'atte.

DONA LUCREZIÂ.

Comme cela est bon de s'entendre! Savez-vous bien, Alphonse, que je vous aime encore comme le premier jour de mon mariage, ce jour où vous fîtes une si éblouissante entrée à Rome, entre monsieur de Valentinois, mon frère, et monsieur le cardinal Hippolyte d'Esté, le vôtre? J'étais sur le balcon des degrés de Saint-Pierre. Je me rappelle encore votre beau cheval blanc chargé d'orfèvrerie d'or, et l'illustre mine de roi que vous aviez dessus !

DON ALPHONSE

Vous étiez vous-même bien belle, madame, et bien rayonnante sous votre dais de brocart d'argent.

Oh ! ne me parlez pas de moi, monseigneur, quand je vous parle de vous. Il est certain que toutes les princesses de l'Europe m'envient d'avoir épousé le meilleur chevalier de la chrétienté. Et moi je vous aime vraiment comme si j'avais dix-huit ans. Vous savez que je vous aime, n'est-ce pas, Alphonse? Vous n'en doutez jamais, au moins? Je suis froide quelquefois, et distraite; cela vient de mon caractère, non de mon cœur. Écoutez, Alphonse, si votre altesse m'en grondait doucement, je me corrigerais bien vite. La bonne chose de s'aimer comme nous faisons! Donnez-moi votre main, — embrassez-moi, don Alphonse! — En vérité, j'y songe maintenant, il est bien ridicule qu'un prince et une princesse comme

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