‹ Œuvres complètesChapitre 45 sur 190 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

I>0N.4 LLCREZIA. GE.NNARO.

*- r^t loijtmn du» le compartiment Ruttighello immobile derrière?

U porte masquée.

(iennaro ! — vous êtes empoisonné!

Empoissonné, madame!

Empoisonné !

GE.NNARO.

J'aurais dù m*en douter, le vin étant versé par vous.

DONA LrCREZIA.

Oh! lie m*accablez pas, Gennaro. Ne ni*ôtez pas le Ku «le force qui me reste et dont j*ai besoin eucore hKir quelques instants. Écoutez-moi. Le duc est jaloux 'ie ^ous, le duc vous croit mon amant. Le duc ne m*a lai^M* d*autre alternative que de vous voir poignarder levant dioi par Rustighello, ou de vous verser moi- ^m*' le poison. Un poison redoutable, Gennaro, uu i'H«on dont la seule idée fait pâlir tout itaHen qui sait IhiMoire de ces vingt dernières années.

GE.N.NARO.

^)ui, le poison des Borgia!

Vous en avez bu. Personne au monde ne connait de contre-poison à cette composition terrible, personne, excepté le pape, monsieur de Valentinois et moi. Tenez, voyez cette fiole que je porte toujours cachée dans ma ceinture. Cette fiole, Gennaro, c'est la vie, c'est la santé, c'est le salut. Une seule goutte sur vos lèvres, et vous êtes sauvé !

Elle veut approcher la fiole des lèvres de Gennaro, il recule. GENNARO, la regardant fixement.

Madame, qui est-ce qui me dit que ce n'est pas cela qui est du poison?

DONA LUCREZIA, tombant anéantie sur le fauteuil.

0 mon Dieu ! mon Dieu !

GENNARO

Ne vous appelez- vous pas Lucrèce Borgia? Est-ce que vous croyez que je ne me souviens pas du frère de Bajazet? Oui, je sais un peu d'histoire. On lui fit accroire, à lui aussi, qu'il était empoisonné par Charles VIII, et on lui donna un contre-poison, dont il mourut. Et la main qui lui présenta le contre-poison, la voilà, elle tient cette fiole. Et la bouche qui lui dit de le boire, la voici, elle me parle!

Misérable femme que je suis!

GENNARO

Écoutez, madame, je ne me méprends pas à vos semblants d'amour. Vous avez quelque sinistre dessein sur

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