ACTE II. - LE COUPLE. W
Mtf venger de loi, Gcnnaro! — Il faudrait donner (nute ma vie pour ajouter une heure à la tienne, il faitilratt n'pandre tout mon sang pour t*empècher de ivrM-r une larme, il faudrait m*asseoir au pilori pour te moUre ^^ur un trône, il faudrait payer d'une torture •lo l'eiifrr chacun de tes moindres plaisirs, que je n'hé- Mtcrai^ l»a«, que je ne murmurerais pas, que je serais ht-ureu<4\ que je baiserais tes pieds, mon Gennaro! Oh! tu ne sauras jamais rien de mon pauvre misérai'lc oirur, sinon qu'il est plein de toi ! Gennaro, le lomp* priasse, le poison marche, tout à l'heure tu le ^•ritinii<, vois-tu! encore un peu, il ne serait plus i«-ni|»<. La vie ouvre en ce moment deux espaces i>h^-ur< devant toi, mais l'un a moins de minutes que l'autn* n'a d'années. Il faut te déterminer pour l'un •les deux. Le choix est terrible. Laisse-loi guider par moi. Aie pitié de toi et de moi, Gennaro. Bois vite, au nom du ciel!
<;ennaro.
Allon*^, c'est bien. S'il y a un crime en ceci, qu'il r*-tombe sur votre tète. Après tout, que vous disiez ^rai ou non, ma vie ne vaut pas la peine d'être tant •li«putée. Donnez.
U pnod U ûmX9 et boit.
VOSk Ll'CREZlA.
Sau\éî — Maintenant il faut repartir pour Venise de i-'Uie la %itesse de ton cheval. Tu as de l'argent?
GENNÂRO.
J'en ai.
Le duc te croit mort. Il sera aisé de lui cacher ta fuite. Attends! Garde cette fiole et porie-la toujours sur toi. Dans des temps comme ceux où nous vivons, le poison est de tous les repas. Toi surtout, tu es exposé. Maintenant pars vite.
Lui montrant la porte masquée qu'elle entr'ouvre.
— Descends par cet escalier. Il donne dans une des cours du palais Negroni. 11 te sera aisé de t'évader par là. N'attends pas jusqu'à demain matin, n'attends pas jusqu'au coucher du soleil, n'attends pas une heure, n'attends pas une demi-heure! Quitte Ferrare sur-le-champ, quitte Ferrare comme si c'était Sodome qui brûle, et ne regarde pas derrière toi! Adieu! — Attends encore un instant. J'ai un dernier mot à te dire, mon Gennaro!
GENNARO
Parlez, madame.
Je te dis adieu en ce moment, Gennaro, pour ne plus te revoir jamais. Il ne faut plus songer maintenant à te rencontrer quelquefois sur mon chemin. C'était le seul bonheur que j'eusse au monde. Mais ce serait risquer ta tète. Nous voilà donc pour toujours séparés dans cette vie; hélas ! je ne suis que trop sûre que nous serons séparés aussi dans l'autre. Gennaro ! est-(*e
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•|ijo tu lit* iiR* diras pas quelque douce parole avant de fiit' quitter ainsi pour rétemilé?
GEIKNARO, baisiAnt les jeux.
Madame...
J«* virns de te sauver la vie, enfin !