ACTE 11. - LE C01T1>LE
rnuiu'iliée avec madame Lucrèce, et le surlendemain m.i'lamt* Lucrèce m*aurail fait pendre.
DON ALPHONSE
As<cz. Tu m*as dit que rien n*était encore perdu.
RUSTIGHELLO.
N«»n. Vous vovez une lumière à cetle fenêtre. LeGenrtaru ncsl pas encore parti. Son valet, que la ducliesse )\ait ^'a^rnc, est à présent gagné par moi, et m*a tout lit En ce moment il attend son maitre derrière la ciu<l('ll«* avec deux chevaux sellés. Le Gennaro va sortir l^^ur l'aller rejoindre dans un instant.
DON ALPHONSE
En ce cas, embusquons-nous derrière Tangle de sa OiaiMiU. Il est nuit noire. Nous le tuerons quand il pas-
RUSTIGHELLO.
Comme il vous plaira.
bUM ALPHONSE.
Ton épée est bonne?
RL'STIGHELLO.
Uui.
DON ALPHONSE
Tu a<^ un poignard?
Rt'STIGHELLO.
Il y a deux choses qu*il n*est pas aisé de trouver ♦->us |f ciel, c'e-^l un italien sans poignard, et une italienne sans amant.
96 LUCRÈCE BORGIÂ.
DON ALPHONSE
Bien. — Tu frapperas des deux mains.
RUSTIGHELLO.
Monseigneur le duc, pourquoi ne le faites- vous pas arrêter tout simplement et pendre par jugement du fiscal ?
DON ALPHONSE
Il est sujet de Venise, et ce serait déclarer la guerre à la république. Non. Un coup de poignard vient on ne sait d'où, et ne compromet personne. L'empoisonnement vaudrait mieux encore, mais l'empoisonnement est manqué.
RLSTIGHELLO.
Alors, voulez-vous, monseigneur, que j'aille chercher quatre sbires pour le dépêcher sans que vous ayez la peine de vous en mêler?
DON ALPHONSE
Mon cher, le seigneur Machiavel m'a dit souvent que, dans ces cas-là, le mieux était que les princes fissent leurs affaires eux-mêmes.
RUSTIGHELLO.
Monseigneur, j'entends venir quclqu*un.
DON ALPHONSE
Rangeons-nous le long de ce mur.
Us so cachent dans l'ombre, sous lo balcon. — Paraît MafGo en habit de fête, qu* arrive en fredonnant, et va frapper à la porto de Oennaro.