ACTE 11. — LE COUPLE
GE.'fMARO.
Sots tran<iuillo. Adieu. Bien du plaisir.
MAFFIO
Frère Gennaro, j'ai mauvaise idée de ton voyage.
GENNARO
FrcTo Matlio, j'ai mauvaise idée de ton souper.
MAFFIO
S'il allait t'arriver malheur sans que je fusse là !
GEN.NARO.
Oui sait si je ne me reprocherai pas demain de i avitir quitté ce soir?
MAFFIO
Tiens, décidément, ne nous séparons pas. Cédons quelque cho<e chacun de notre coté. Viens ce soir avec moi chez la Negroni, et demain, au point du jour, nous («artinms ensemble. Est-ce dit?
GE.NXARO.
Allun^, il faut que je te conte, à toi, MafTio, les 'iiotiN de mon départ subit. Tu vas juger si j'ai raison.
11 pr«D) M«IQ*i part «t lui pw\* iToruille. RL'STIG HELLO, toui U balcon, b«f à don AlphonM.
Attaquons-nous, monseigneur?
D0?( ALPHO.NSE, bit.
Voyous la fin de ceci.
MAFFIO, écUUnt d« rire «prêt le récit de Ocnnaro.
Veux- tu que je le dise, Gennaro? lu es dupe. Il n'y
a dans toute cette aflaire ni poison, ni contre-poison. Pure comédie. La Lucrèce est amoureuse éperdue de toi, et elle a voulu te faire accroire qu'elle te sauvait la vie, espérant te faire doucement glisser de la reconnaissance à l'amour. Le duc est un bon homme, incapable d'empoisonner ou d'assassiner qui que ce soit. Tu as sauvé la vie à son père d'ailleurs, et il le sait. La duchesse veut que tu partes, c'est fort bien. Son amourette se déroulerait en effet plus commodément à Venise qu'à Ferrare. Le mari la gène toujours un peu. Quant au souper de la princesse Negroni, il sera délicieux. Tu y viendras. Que diable! il faut cependant raisonner un peu et ne rien s'exagérer. Tu sais que je suis prudent, moi, et de bon conseil. Parce qu'il y a eu deux ou trois soupers fameux où les Borgia ont empoisonné, avec de fort bon vin, quelques-uns de leurs meilleurs amis, ce n'est pas une raison pour ne plus souper du tout. Ce n'est pas une raison pour voir toujours du poison dans l'admirable vin de Syracuse, et, derrière toutes les belles princesses de l'Italie, Lucrèce Borgia. Spectres et balivernes que tout cela! A ce compte, il n'y aurait que les enfants à la mamelle qui seraient sûrs de ce qu'ils boivent, et qui pourraient souper sans inquiétude. Par Hercule, Gennaro! sois enfant ou sois homme. Retourne te mettre en nourrice ou viens souper.
GENNARO
Au fait, cela a quelque chose d'étrange de se sauver la nuit. J'ai l'air d'un homme qui a peur. D'ailleurs, s'il y a du danger à rester, je ne dois pas y laisser MafQo