‹ �uvres compl�tes de H. de BalzacChapitre 17 sur 48 · PREMIER SONNET · texte numérisé non relu

PREMIER SONNET

Plus crime fois, couvert d'une mince veste de soie, — l'épée haute sans que mon cœur battit une pulsation dé plus, — j'ai attendu l'assaut du taureau furieux, — et sa corne plus aiguë que le croissant de Phœbé.

j'ai gravi, fredonnant une seguidille andalouse, — le talus d'une redoute sous une pluie de fer ; — j'ai jeté ma vie sur le tapis vert du hasard — sans plus m'en soucier que d'un quadruple d'or.

J'aurais pris avec la main les boulets dans la gueule des canons ; — mais je crois que je deviens plus timide qu'unlièvre aux aguets; — qu'un enfant qui voit un spectre aux plis de sa- fenêtre.

Car, lorsque tu 'me regardes avec ta douce prunelle, — une sueur glacée couvre mon front, mes genoux se dérobent sous moi, — je tremble, je recule, je n'ai plus de courage.

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