DE PÉPIN, DE CARLOMAN ET DE CHARLEMAGNE
de Charlemàgno frappés à Maestricht, TRIIECT, etàTournay, TORNACO; j'ai publié un denier de Lîég-e, LEODICO (1). On voit que la numismatique belge de Charlemagne prend une certaine extension ; mais, en même temps, que la monnaie de Liège ne saurait être considérée comme une exception faite par le grand empereur en faveur de sa ville natale. Il est malheureusement évident que les monnaies ne peuvent être d*aucun secours pour déterminer en quel lieu naquit le fils de Pépin et de Berthe (2).
UcETiA. Uzès.
CAROLVS, en deux lignes. Revers^ VCECIA, en deux lignes séparées par une barre (pi. V, n° 7).
Les monnaies d'or d'Uzès que MM. Lelewel et de Saulcy ont les premiers publiées sont trop connues pour qu'il y ait besoin de les rappeler ici. Le denier que je viens de décrire, et qui fait partie de la belle collection de feu M. Gouaux, porte au revers une légende semblable à celle de ces pièces d'or; mais sans ornements.
Quant au denier de Charlemagne de la collection de M. Henri Morin, qui offre, au revers, une croix cantonnée des quatre lettres VICE, pièce que M. Fillon attribue à Uzès (3), je serais porté h le croire plutôt frappé à Viceltactim, Vozelay. Il n'y aurait cependant rien d'impossible à ce que la même ville ait deux types différents, et d'ailleurs je ne voudrais pas insister au sujet d'une monnaie dont je ne connais que le dessin.
Venasca, Venasque.
CAROLVS, en deux lignes. Revers, VINSCO Cl, autour d'une croix (pi. V, n« 8).
(1) Notice des monn. de M. J. Rousseau^ p. 107, u** 233.
(2) Voy. le savant écrit de M. L. Polain, iiititalé : Où est né Charlemagne? rapport lu ù la classe des lettres de l'Académie royale de Belgique. Bruxelles, 1856, in-80.
(3} Lettres sur qq. monn. franc, inéd., 1853, p. 120, pi. Vil, n© 8.
3ti QUELQUES DENIERS
Eckardt, qui a publié ce denier, y lisait COCIVINS, ce qui signifie, suivant lui, Colonia civitas (I). Lelewel y voit Na- GOnCI CIVItas; c'est-à-dire Mogoncia civitas (2). Il m'a semblé qu'en admettant Tabsence d'un A comme dans NRBO pour Narbô, PRISVS pour Parisius, KLA pour Kala, STRTBVRG, pour Stratburg^ PRMA pour Parma, etc., on pouvait facilement trouver sur cette monnaie le nom de Venasque. Le titre de civitas convient à cette ville, puisque dès le vi® siècle, les évêques de Carpentras se disaient évêques de Venasque ; c'est ainsi que les actes du concile tenu & Paris, en S73, sont souscrits par Tetradius^ episcopus ecclesiâs Vendascensis^ et ceux du synode de Chalon-sur-Saône (sous Clovis H), Liceritts episcopus ecclesiœ Vindauscencis.
La seule difficulté que me présente cette attribution, c'est la terminaison neutre de Vinascum; car l'absence du D montre seulement que la forme moderne tendait à s'établir dès le vHio siècle, et il suffit de parcourir les diplômes carlovingiens pour recueillir beaucoup d'exemples analogues.
Il y avait, dans la trouvaille faite à Bel-Air par M . F. Troyon, sept deniers semblables à celui qui est gravé sous le n"" 9 de la pi. V. Cette pièce se distingue par son grand module et par la forme de ses caractères, dont les extrémités sont pour ainsi dire bifurquées. On ne s'est pas jusqu'ici occupé de rechercher où les deniers de Charlemagne, qui portent au revers REX F et RX F ont pu être frappés. Cependant il existe des pièces comme celles qui se trouvent dans la collection de feu M. Gouaux (pi. V, n**' 10 et H), sur lesquelles on remarque de petites lettres qui doivent indiquer des noms de villes. C'est ce qu'on peut du moins conclure de l'examen d'une monnaie dont j'ai publié la description en 1840 (3), et sur laquelle on distingue bien clai-
(1) De reb. Franc, orient, comment, t. H, p. 92, n» 31.
(2) Nitm. du moyen dge, t. I, p. 98.
(3) Monn. franc, inéd, du cab, de M. Dassy, 1840, p. 8.