‹ Œuvres de A. de Longpérier (volume 2)Chapitre 107 sur 128 · DE PÉPIN, DE CARLOMAN ET DE CHARLEMAGNE. 2M · texte numérisé non relu

DE PÉPIN, DE CARLOMAN ET DE CHARLEMAGNE. 2M

CoxDATE. Condé.

CAROLVS, en deux lignes. Rêvera^ CONDAT, en deux lignes séparées par une barre ; à gauche, une hache (pi. V, n" B).

Le mot inscrit en abrégé au revers de ce denier, peut se lire de différentes façons : Condate, Condatiscum, Condalomagus. En nous en tenant à la première lecture, il pourrait se rapporter à un nombre très considérable de localités. Condate s'est en effet altéré de diverses manières, suivant les propensions dialectiques, devenant Condé, dans le nord, Candé^ Cosnc dans le centre de la France, et Condat dans le midi.

Ainsi onconnatt des lieux nommés Condé AdSi^ les déparlements du Cher, de llndre, de la Somme, de la Marne, de Seineet-Marne, de Seine-et-Oise, de la Manche, de la Meuse, de la Moselle, du Nord ; deux Condé dans l'Eure; trois dans chacun des déparlements de l'Ai^^ne, de l'Orne, du Calvados et des Ardennes. Condat se trouve dans la Corrèze, le Lot, le Lot-et- Garonne, la Haute- Vienne, le Cantal, la Gironde ; deux fois dans le Puy-de-Dôme et dans la Dordogne.

On connaît Cosne dans la Nièvre, dans l'Allier, dans la Côle-d'or; Candé dans la Vienne, la Charente-Inférieure, Loir-et-Cher et Maine-et-Loire. Il faut ajouter à ces listes, Cowrfc5 (Puy-de-Dôme), Canefc^ (Indre-et-Loire), Condac {ChsLrente et Vienne), Cognac (Charente), Ciinac (Tarn); puis les Condate, qui sont devenus Rennes, Montcreau, Monistrol d'Allier et Conflans Sainte-Honorine; et enfin Condate, situé entre Genève etYenne.

Comment choisir entre tant de lieux, tous anciens, à coup sûr, puisqu'ils portent un nom gaulois, et parmi lesquels il en est beaucoup qui ont pu battre monnaie au vin' siècle ! C'est un problème qui pourrait demeurer insoluble, si nous n'avions pour nous guider d'autre donnée que la légende même du denier. Mais on a remarqué que cette légende est accompagnée d'une petite hache, type que nous sommes habitués à voir sur les deniers de Duersted et de Bonn. Quoique le sens de ce type

ne soit pas encore expliqué, il n'en est pas moins vrai qu*il a un caractère germanique ou septentrional bien marqué.

On ne peut s'étonner de voir la francisque ou streitaxt sur des monuments originaires des bords du Rhin. S'il était possible d'établir qu'au vui® siècle Coblentz a traduit son nom antique de Confluentes par C ondoie^ ce serait à cette \ille, si voisine de Bonn, que nous devrions attribuer le denier de M. Troyon. Mais on admettra aussi que Condé sur l'Escaut, peu éloigné de Duersted, est dans des conditions qui nous autorisent à lui donner ce denier. On ne peut affirmer que le denier de Charles le Chauve portant la légende CONDATO MONETA, se rapporte bien positivement à Condé en Hainaut. Plusieurs textes, en effet, présentent la forme particulière Condatuniy s'appliquant tantôt à Condé en Hainaut (1), tantôt à Condé sur Vègre (village de Seine-et-Oise) (2). Seulement, l'importance de la première de ces deux localités, qui, par la convention de 870, fut dévolue à Charles le Chauve, doit être prise en considération.

Deonantum. Dinant.

CAROLVS, en deux lignes. Revers^ DEO NEN, en deux lignes séparées par une barre (pi. V, n° 6).

Les monnaies de Charles le Chauve frappées à Dinant portent IN VICO DEONTNIT et NO VICO DEONITII; dans la portion du royaume de Lothaire, attribuée à Charles par le partage de 870, on voit figurer Sancta Maria inDeonant. Un texte beaucoup plus ancien^ celui de l'Anonyme de Ravenne, nous fournit la forme Dinantis (3). On connaissait déjà les deniers

(1) Baluze, Capit. 11^ col. 224. Partage du royaume de Lothaire. « Afmal. Bertin.f ap. D. Bouq., Hist. franc., t. VII, p. liO.

(2) Prxcept, Pippini reg. Hist, franc., t. V, p, 708. — CharL CaroH magni, ibid., p. 727. Cf. t. VII, p. 372.

(3) Anonym. Ravenn. qui circa sspc. Vllvixit de Geograph., Hb. V. Paris, 1688, ia-8, p. 188. Dans le même passage on trouve cité Nasaga, Dinantis, Oin, Namon, NeonsigOf fre^a; l'étude des monnaies de Charlemagne, de Charles le Chaaye, de Louis le Bègue et des chartes de ces priuces, nous donne lieu de croire que ces noms désignent Nassogne, Dinant, Huy, Namur, Viset et Maestricht

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