‹ Œuvres de A. de Longpérier (volume 2)Chapitre 23 sur 128 · Monogramme de Karolus\ GRATIA Dl R · texte numérisé non relu

Monogramme de Karolus\ GRATIA Dl R

^. MELDi,...IAIS {sic) en deux lignes; au-dessus et audessous, une croix. Arg. (fig. 8).

Cette charmante petite pièce, dont on regrette la mutilation malheureuse, fait partie de la riche collection de M. le docteur Yoillemier, qui a bien voulu me la dessiner lui-même.

La pièce qui suit, quoique légèrement sur&appée du côté du monogramme, peut être sûrement attribuée & Raoul.

8. Monogramme de Radulfus ; autour + GRATIA* DI'REX. ]^. MALDrCIVITA* en deux lignes; au-dessus et au-dessous,

une croix. Arg. 21 gr. J. Cabinet de M. Dassy (fig. 7).

Telles sont les monnaies royales frappées avec le nom de Meaux. Cette ville fut ensuite un siècle sans avoir de monnaies, pendant que s'accomplissaient les derniers actes qui devaient porter à son comble la puissance temporelle des prélats, désormais seigneurs souverains et presque indépendants. Au XI* siècle, les évèques peuvent être considérés comme les personnages les plus influents dans l'État; au caractère de chefs des chrétiens, qu'ils possédaient encore avec toute sa force primitive, ils joignaient les prérogatives de la puissance féodale. C'est ainsi qu'ils acquirent successivement les droits

de juridiction, de monnayage, etc., qu'ils s'attribuaient d'euxmêmes ou qui leur étaient octroyés par les rois jaloux de se concilier leur bienveillance et de s'assurer leur appui. C'est donc aux mains de l'évêque que nous retrouvons, au xi* siècle, la monnaie meldoise.

Les plus anciens deniers épiscopaux portent le nom de Gautier (1). M. Lelewel a cru devoir les classer à Gautier II (108o-H0S) (2) ; malgré cette autorité, je les crois frappés sous l'épîscopat de Gautier I (1045-82). Ce qui me détermine à adopter cette classification, c'est non seulement la considération du long gouvernement de cet évêque, du grand crédit dont il jouissait auprès du roi, mais encore l'examen attentif des monnaies que je lui attribue et dont la fabrique a tant de rapports avec celle des deniers des premiers Capétiens ; enfin la découverte d'un denier au nom d'un Gautier, tout différent de type, d'une apparence plus moderne^ et que je pense en conséquence appartenir à Gautier II, dernier prélat de ce nom.

Avant de décrire les monnaies épiscopales, je dois dire que c'était au carrefour Sainl-Remy, nommé autrefois, à cause de cela, carrefour des Forges^ que l'on fabriquait la monnaie meldoise (3) : il ne reste pas maintenant trace de cet ancien hôtel des monnaies.

Gautjer I.

Ce prélat succéda à Dagobert vers le milieu du xi"" siècle, car on a des chartes de lui à la date de 1045. Ce fut lui que le roi Henri 1^ envoya chez le tzar des Mosco^dtes, Jaroslaf , pour lui

(1) Le manuscrit de Pierre Janvier, conservé dans la bibliothèque communale de Meaux, contient les dessins grossiers des monnaies de plusieurs évoques antérieurs à Gautier; tels que Sanctinns (vers 375), Faron (626-72), Hubert (823-53), Ségémond (887), Gilbert (993-1015). Mais, outre que dans les dessins de Janvier ces monnaies ont un pouce de diamètre, elles portent des figures et des légendes si insolites que l'on doit les regarder comme controuvées. Au reste, les cinq volumes in-f^ de Janvier sont remplis de créations en tout genre, et ne méritent aucune confiance.

(2) Numismatique du moyen dge^ U I, p. 199.

(3) Manuscrit de Rochard, t. I, p. 23, bibliothèque de la ville de Meaux.

demander sa fille Anne en mariage. II réussit dans celte mission et ramena la princesse en France, en 1049. Gautier mourut le 20 octobre 1082. Il fut inhumé dans la cathédrale de Meaux, dont il avait entrepris la reconstruction. (V. la page 77, fig. 9 à 18.)

9. GALTERIVS PESV {praesul). Main dont le pouce et les deux premiers doigts sont ouverts pour donner la bénédiction.

f^. + MELDIS-CIVITA. Croix. Arg, 19 grammes. Cabinet du Roi.

Ce denier est à un titre assez bon ; les lettres de ses légendes sont bien formées et rappellent celles des deniers d'Henry P*" et de Philippe P'.

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