‹ Œuvres de A. de Longpérier (volume 2)Chapitre 32 sur 128 · SUR QUELQUES MONNAIES INÉDITES DE REIMS · texte numérisé non relu

SUR QUELQUES MONNAIES INÉDITES DE REIMS

Samson do Mau voisin (1140-1161) rétablit, sur la monnaie, le nom épiscopal complet et divisé en deux lignes comme à

Tépoque de Guy. Duby a publié cette monnaie qu'il répèle deux fois, ayant pris la copie inexacte de M. de Boze pour une variété réelle des deniers qu'il avait sous les yeux.

SAN-SON en deux lignes; autour, X ARChl€PISCOP.

I^. X REOT^IS CIVITAS. Croix cantonnée de deux fleurs de lis.

Henri P% frère de Louis le Jeune (1162-75), en succédant à Samson, adopta le type de sa monnaie. M. de Boze, en attribuant à ce prélat ie denier que Ton trouvera dans Duby (pi. vni, n" 3), était tout à fait dans Terreur. Il avait cru voir AINRICVS, là où il n'y a pas autre chose que ALBRICVS; en sorte que Duby, qui reproduit toujours de confiance les dessins de M. de Boze, se trouve avoir donné, dans sa planche vni, quatre figures différentes d'une seule et même pièce, qui existe au cabinet de la Bibliothèque Royale, où il est facile de contrôler la vérité de ce que j'avance ici.

Mais si j'enlève à Henri P' les monnaies qui lui avaient été attribuées pendant si longtemps, j'y substituerai un denier incontestable dont notre collaborateur, M. Duchalais, a bien voulu enrichir mon travail.

HEN-RIC* en deux lignes ; autour, XARChlEPISCOP.

1^. XREQT^IS CIVITAS. Croix cantonnée de deux fleurs de lis et de deux croissants. (Voy. p. 102, n° o.)

Viennent ensuite les monnaies de Guillaume l^'yaiix blanches mains, quatrième fils de Thibault IV, comte de Champagne (1176-1202.)

GVLE-RMVS, en deux lignes ; autour -h ARChlEPISCOPVS.

1^. -}- REO>IS CIVITAS. Croix cantonnée de deux fleurs de lis et de deux croissants.

Une variété de ce denier et une obole, sans doute un peu plus récents que la pièce qui précède, nous montre le mot ARCHIEPISCOPVS, avec un H romain.

Je n'ai pu trouver de monnaies de l'archevêque Guy II (1202-1206); mais celles d'Aubry, son successeur (1207-18), sont assez nombreuses.

NOTICE SUR QUELQUES MONNAIES DE REIMS. i03

ALBR-ICVS, en deux lignes^ autour, + ARCHIEPISCOPVS.

ft. + QT^REIS CIVITAS. Croix cantonnée de deux fleurs de lis et deux croissants

L'obole, au même type, existe dans le cabinet de M. Dassy.

£n transcrivant la légende nominale de cette pièce, Duby introduit un e dans le nom du prélat, ce qui est tout à fait inutile ; puis il traduit Albericus par Albert, nom qui n'est pas l'équivalent du latin, en même temps qu'il n'est pas français, car au xiii® siècle on aurait à coup sur écrit Aubert. La chronique de Lowe dit : anno 1206 Yido obiit, Albricus eligitur (!]. .

L'attribution du denier qui suit, à Guillaume II de Joinville (1219-26), ne repose que sur la différence d'orthographe du nom. Il est vrai que la forme Gulermus fut abandonnée à peu près vers la fin du xn« siècle; mais alors même qu'elle était en usage, son emploi n'était pas exclusif, puisque des chartes nous donnent le .nom de Guillaume aux blanches mains, orthographié Guillelmus et Willelmus (2).

GVLE-LMVS, en deux lignes; autour 4- ARCHIEPISCOPVS" et XREQTIS CIVITAS. Croix cantonnée de deux fleurs de lis et de deux croissants.

Le fils du comte Robert de Dreux, Henri, évêque de Catalogne, fut promu, en 1226, au siège de Reims. Ses monnaies, denier et obole, sont décrites par Duby.

HENR-ICVS en deux lignes; autour + ARCHIEPISCOPVS.

% XREAIS CIVITAS. Croix cantonnée de deux fleurs de lis et de deux croissants. L'obole porte ERO^IS au lieu do Remis,

A Henri II succédèrent quatre prélats, Johelle, Thomas, Jean et Pierre, dont les monnaies nous sont inconnues ; mais le denier de Robert (1299-1324), unique, àce que je crois, et qui existe à la Bibliothèque Royale, fait voir qu'au commencement du xiv*' siècle le type des monnaies de Reims s'était conservé dans ses traits principaux.

R0B6-RTVS en deux lignes; autour, ARCHIEPISCOPVS.

(1) Brève chronicon Laôiense.

(2) Dom Marlenne, t. lU, p. 1409 et t. V, p. 637.

40t . NOTICE

1^ REQT^IS CIVITAS. Croix cantonnée de deux fleurs de lis et de deux étoiles, non pas de deux croissants comme le montre la planche de Duby.

Cet auteur donne encore un denier de Guillaume UI (1324-34) avec le nom de l'archevêque écrit WILLE-LMVS; mais nous sommes en droit de nous défier des emprunts que Duby a faits à M. de Boze, et pour ma part je regarderai comme très douteuse l'existence de cette pièce que je n'ai jamais vue dans aucune collection.

Quoique nous soyons arrivés au milieu du xiv» siècle, la liste des monnaies épiscopales de Reims n'est pas encore épuisée ; il me reste à faire connaître un monument du plus haut intérêt : c'est un gros d'argent magnifique qui appartient à M. Desains. Les lecteurs de la Revue auraient sans doute préféré devoir à cet amateur si zélé l'explication d'une des plus rares médailles de son cabinet. Il a bien voulu renoncer à ce travail en ma faveur; si cela peut exciter quelques regi-els parmi les antiquaires, moi, du moins, je ne puis que lui en témoigner ma reconnaissance.

+ I : Dl : GRA : REM ARChlEPS. Ecu losange devant lequel passe une longue croix tréflée, et soutenu par un lion couché.

iV -+- SIT : NOMEn : DDI : BENEDICTV. Croix cantonnée de quatre fleurs de lis. (P. 102, n" 6.)

Jean III, fils d'Amaury III, seigneur de Craon, et de Maiguerite de Flandres, d'abord chanoine de Paris, puis évèque du Mans, devint archevêque de Reims en 43S5. Il fut envoyé par le dauphin Charles, avec le maréchal de Boucicaut, pour rétablir la paix entre Jeanne, duchesse de Bretagne, et le comte de Montfort, le 3 avril 1358.

Le 19 mai 1364, il sacra Charles V et sa femme Jeanne de Bourbon. Dans la suite il baptisa leur second fils, Louis d'Orléans. Il mourut à Paris, le 26 mars 1373, dans l'hôtel des archevêques de Reims, et fut inhumé aux Franciscains.

Les armoiries de Jean de Craon étaient : losange d'or et de gueules, qui est de craon, écartelé d'or au lion de sable, qui est de Flandres. Le gros d'argent nous montre Técu de Craou

SUR QUELQUES MONNAIES INÉDITES DE REIMS. 103 pur, mais soutenu par le lion i\e Flandres, qui prouve bien que le prélat n'était pas fils do Béatrice de Roucy, comme quelques-uns l'ont avancé.

La médaille de Jean 111 donne lieu do penser que l'on pourra en retrouver de frappées par les quatre archevêques qui l'ont précédé sur le sihge de Reims. En attendant que d'bcureuses découvertes nous permettent de compléter celle coUectioD, je livre aux numismalisles ce travail dont le résultat est une liste de prélats double de celle que Duby nous avait laissée.

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