‹ Œuvres de A. de Longpérier (volume 2)Chapitre 31 sur 128 · SUR QUELQUES MONNAIES INÉDITES DE REIMS · texte numérisé non relu

SUR QUELQUES MONNAIES INÉDITES DE REIMS

Eudes. — iBfDO REX, en monogramme, GRATIA DEI REX. — 1^. + REMIS CIVITAS. Croix.

J'écarte encore un denier qui porte d'un côté RADHDVLFO, autour d'un monogramme incertain, qui n'est peut-être que le mot REX altéré, et au revers : PINCIYD, autour d'une croix. Je ne comprends pas ce qui a pu faire ranger cette monnaie piirmi celles de Reims.

CARLVSREXFR. Croix. \'

pi I , c- 1 ^- REMIS CIVITAS. / rr ,

Charles le Simple. ^^^^^^ ^^^ ^^^^.^ Temple.

^ i^. -f-RHEOOMIS. ;

Lothaire. h LHOTARII. Dans le champ, REX. — ^.

+ REMI CIVI. Croix.

LouisIV. — LVDOlS. Autour, -f-GRATI A DEI RIX,— i^.+RE- MIS CIVITAS. Croix cantonnée d'une croisette et d'un point.

Une charmante obole inédite, de la collection de M. Simoncl, lit, dun côté, CROLS, en monogramme, -f- GRACIA D-l R*,- De l'autre -f- REMI Cl A, autour d'une croix cantonnée de deux points et de deux croissants. (Voy. p. 102, n« 1.)

Il est assez difficile de fixer auxquels des rois, Charles le Chauve ou Charles le Simple, elle doit être attribuée; mais dans tous les cas, on ne manquera pas de remarquer la présence de deux croissants dans les cantons de la croix, ornements qui reparaissent sur les deniers de l'archevêque Henri I" et de ses successeurs (1), et qui n'avaient point encore été observés sur des monnaies carlovingiennes.

En 987, Hugues, ayant été proclamé" roi par les seigneurs, vint se faire couronner à Reims. Il n'avait jusqu'alors battu monnaie que comme duc de France. A Paris et à Senlis, où l'on frappait depuis plusieurs règnes des deniers à légende biligne, le duc de France adopta ce type : à Reims, au contraire, où la légende circulaire avait été conservée par les derniers carlovingiens, Hugues se conforma à cet usage, ainsi que le prouve le denier du cabinet de M. Dassy, que j'ai déjà publié (2).

- (1) Dnby, pi. viii, no» o et suiv.

{2) Monnaies françaisea inédites du cabinet de M, Dassy, p. 8, n© 3.

IITCO dans le champ; autour, + CRATIV El RFX.*

i^. REMIS CIVITAS. Croix.

Le titre de Diix a entièrement disparu, et comme les monnaies de Hugues, frappées à Paris, avec le mot REX, que cile Le Blanc, n'ont jamais été retrouvées, le denier de M. Dassy est donc la seule pièce existaîite purement royale, que nous connaissions du premier capétien.

La ville de Reims ayant élé enlevée au domaine royal par les comtes de Champagne, nous voyons Eudes II y faire fabriquer des deniers entre 1019 et 1037.

-h ODO COMES. Tête couronnée, de face.

iV -h REMIS CIVITA. Croix, autre variété barbare du précédent (1).

Ces deux pièces, publiées par M. de Saulcy, ont été accompagnées d'une biographie si pleine d'intérêt de Tambitieux comte de Blois et de Champagne, que je suis dispensé de revenir sur ce sujet. Je me bornerai à remarquer que la tête d'un baron sur la monnaie, est une chose unique au xi*' siècle, et que, près de deux siècles encore après, les comtes de Provence étaient les seuls qui se fissent représenter sur les espèces qu'ils faisaient fabriquer.

Avant même la mort d'Eudes de Blois, Ebles, archevêque de Reims (1021-33), avait réuni à la monnaie de celte ville, celle de Mouzon, qu'il avait enlevée au monastère de Saint- Vannes (2). Ce fait est attesté par une charte rapportée dans le Gallia Christiana.

Seize ans après Ebles, Guy occupa le siège de Reims.

Deux variétés de sa monnaie nous sont connues. La première, qui doit être la plus ancienne, à en juger par la simplicité du titre de prœsid qu'y prend l'archevêque, a été publiée dans la Numismatique du moyen âge (3). J'ai moi-même décrit la seconde (4), qui appartient à M. Dassy. Voici leurs légendes.

(!) Hevuc numism., !838, p. 199.

(2) GaU. christ, y t. I.

(3) T. I, p. !99 cl pi. VIII, uo il.

(4) Monn, franc, inéd. du cabinet de M, Dassy ^ p. 38, u« 63.

SUR QUELQUES MONNAIES INEDltES DE REIMS. 99

WIdO, en deux lignes, dans le champ ; autour + REMOR* PRESVL.

^. + VITA XPISTIANA. Croix cantonnée d'un A et d'un.n.

WIdO; autour REMOR' ARCHIPSVL.

^. + VITA XPISTIANA. Croix.

Le savant M. Lelewel considérait le denier de Guy comme la plus ancienne piëbe épiscopale marquée d'un nom déter* mihé. Mais à l'époque où il faisait cette observation, M. Desains n'avait pas encose publié sa belle série de monnaies des évêques de Laon, dont quelques-unes, comme on le sait, sonl contemporaines de Hugues-Capet et de Robert (1).

Le successeur de Guy, Gervais (1055-70), chancelier de France et homme fort distingué pour son temps, introduisit sur la monnaie de Reims, un monogramme du genre de ceux de Foulques d'Anjou, et de Herbert du Maine, type qui était, si l'on peut s'exprimer ainsi, devenu contagieux.

Le denier et Tobole que j'ai publiés, portent les légendes suivantes.

GERVASI, en monogramme; autour -f- ARCHIPRAEZVLIS.

J^. RE^ENSIS NMMVSS ' {sic) ' Croix cantonnée d'un trèfle et d'un besant (2).

Un denier à peu près semblable, que M. Desains a eu Tobligeance de me communiquer, présente un monogramme dont les lettres sont disposées d'une façon qui diiïère légèrement ; les légendes circulaires ne sont pas non plus identiques :

-h ARCHIPRAESVLIS.

1^. -h REWENSIS NXMMVS. Croix. (Voyez p. 102, n° 2.)

Une pièce entièrement inédite, que renferme le beau cabinet de M. Bourgeois, à Suippes, porte le nom de Manassèsau revers du monogramme de Gervais, devenu ainsi une espèce de type. Je crois pouvoir l'attribuer à Manassès P^ (1067-69.)

-f-M"ASS6S ARCHIEPC. Croix cantonnée d'une quatrefeuille et d'un annelet.

]^. SCE ^ARIE REMENSIS. Monogramme. (P. 102, n» 3).

(1) Hechercfies sur les monn, de Laun, 1838, pi. i, n^i» 1 à 9.

(2) Monn, franc, inéd. du cabinet de M. Dassy, p. 35, n»» 69, 70.

Le titre A' Archiprœsul a dispani de la monnaie de Reims ; cependant il n'était pas entièrement tombé en désuétude, car on le voit figurer dans une lellrc de Brunon, archevêque de Trêves, adressée à Raoul, archevêque de Reims (11(6-24) (1).

J'avais rangé à Tépiscopat de Gervais, un denier d'argent donlvoici la description : REMIS METROPOLIS. Monogramme formé des lettres CRAI. iV SANCTA JUARIA. Croix cantonnée de deux trèfles presque semblables à de grossières fleurs de lis (2). J'avais fait observer cependant que cette pièce me semblait moins ancienne que les précédentes. Aujourd*hui que le denier de Manassès est venu me prouver que le grand G carré du monogi*amme de Gervais jouait sur la monnaie de Reims le même rôle que le C du nom de Foulques d*Anjou sur les deniers de tant de barons, je crois que l'on peut considérer celte lettre comme superflue, et voir dans les trois autres RAI, la première partie du nom de Rainaud P*" (1080-96), ce qui s'accorde bien mieux avec la fabrique de la pièce.

Un autre denier, que M. Rousseau m'a autorisé à étudier, est venu modifier aussi l'attribution que j'avais faite d'une monnaie du cabinet de M. Dassy, à Rainaud II (1124-37) (3). C'est à Raoul, son prédécesseur immédiat (1106-24), qu'il faut la reporter. La croix du revers, qui paraissait en creux du côté du monogramme, défaut qui n'est pas rare au moyen Age, m'avait, je dois le dire, fait déchiffrer les lettres RND., tandis que le second denier, dont les légendes circulaires sont cependant fort maltraitées par le temps, m'a permis de retrouver la véritable leçon . ,

RODLF en monogramme ; autour, 4- ARCNIEPI.

^. +NVJ51' RE JnSIS. Croix cantonnée de deux fleurs de lis et de deux besants. (P. 102, n'* 4.)

Je considère Tcspèce de cadre qui lie onlre elles toutes les lettres du monogramme de Rodulfus, comme la dernière trace du G carré de Gervais.

{{) Uoui MarleuDo, Ampl. collecta, t. Il, p. 62i.

(2) Mofin. fi^nr. inéd. du cahinet de M. Dassy ^ p. 35, n*» 71.

(3) !bid., p. 36, n" 72.

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