‹ Œuvres de A. de Longpérier (volume 2)Chapitre 40 sur 128 · VISION DE SAINTE BATHÏLDE · texte numérisé non relu

VISION DE SAINTE BATHÏLDE

pour les draperies n'étaient pas la conséquence d'un parti pris, mais, pour ainsi dire, une obligation matérielle imposée par l'imperfection des outils, c'est que, lorsque les gravures sur bois ont été enluminées, le peintre a corrigé ce qu'il regardait comme un défaut du graveur. Je parle ici des vignettes peintes avec soin, et non pas seulement de ces images primitives rehaussées de teintes plates, et qui laissent voir le trait noir sous la couleur.

L'inscription sur bois placée au bas de la gravure en explique parfaitement le sujet. La première ligne, séparée des autres par un trait, et qui est une invocation, O Reghia nobtlisy monialis humiiis nobis sis propitia^ nous fait supposer que cette gravure n'a pas fait partie d'un livre, mais qu'elle était destinée a être donnée ou vendue comme image à ceux que des sentiments do piété amenaient au tombeau de la sainte, à Chelles. C'est en effet dans l'abbaye de Chelles que Bathilde, ou, conune on l'appelait au moyen âge, la reine Baudour, femme de ClovisII. mourut en 683, après y avoir vécu quelque temps comme simple religieuse. Un auteur anonyme, mais très certainement contemporain de la reine Bathildc, nous a laissé sa légende écrite en latin barbare. Il raconte, dans son quatrième chapitre, comment la reine eut, quelques jours avant sa mort, une ^îsio^ qui lui fit comprendre que ses derniers moments approchaient . Le Christ lui-même, au milieu des anges du ciel, l'appelait à hii en lui montrant une échelle qui, comme celle de Jacob, s'élevait de la terre jusqu'au céleste séjour. At vero propin* fjuante ejus obitu, visio prmclara et fuit ostensa; scala enim erecta stans ante altarium Sanctx Mariœ, cujus culmen codum contingereiy et quasi angelos Dei comitantes^ ut ipsa domna Batildis ascenderet per eam (1). On voit, en comparant ce fragment que nous citons avec les deux lignes :

Hssc est prœclara scala et angelica visio quœ beatissime Batildi reginat arUe obiium suum ostensa fuit per quam ad cœlestem sponsum pefvenit^

qui servent d'explication à notre image, que l'artiste avait

(1) Boliand., tom. !•', xxvi jan.

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