VISION DE SAINTE BATHILDE
( Extrait du tome 1 du Cabinet de V Amateur et de V Antiquaire^
1W2, pp. 367-368. )
La planche que nous reproduisons ici est un curieux e( peut-être unique spécimen de l'art des anciens graveurs. C'est un cuivre de deux lignes d'épaisseur, taillé comme un bois, c'est-à-dire que les traits qui composent le dessin sont laissés en relief, tandis que les lumières et les blancs sont profondément enlevés dans la masse du métal. Le cuivre est fixé à l'aide de quatre fiches rivées des deux côtés, sur un bois dont la partie inférieure porte une inscription de trois lignes. Cette inscription rappelle, par son travail, les blocs des livres xylographiques; nous nous hâtons de dire, toutefois, que par ce rapprochement, nous n'entendons nullement prétendre que notre planche soit antérieure à l'usage des caractères mobiles; son style la rapporte, selon nous du moins, aux dernières années du xv* siècle, ou peut-être même aux premières années du XVI*. Il est évident que les traits et les hachures ont quelque chose de plus souple et de plus délié que ce que nous montrent les gravures sur bois de cette époque; mais il faut tenir compte de la différence de matière. Le métal permettait de tracer avec infiniment de liberté certaines lignes courbes que les artistes d'alors ne pouvaient pas produire sur le bois dont le fil était un obstacle perpétuel pour des mains inexpérimentées. La meilleure preuve que la raideur et les angles