‹ Œuvres de A. de Longpérier (volume 2)Chapitre 47 sur 128 · DENIER D HERVÉ, ÉVÊQIE DE BEAUVAIS · texte numérisé non relu

DENIER D HERVÉ, ÉVÊQIE DE BEAUVAIS

pouiUé de sa signification , et dès le temps d'Hugues Gapet ne jouait plus d'autre rôle que celui que l'on assigne depuis quelques années, grâce aux découvertes de M. Lelewel, à toutes ces représentations dégénérées que porte la monnaie des barons. Tel était le nom du roi Eudes sur les deniers des villes de l'Aquitaine ; telle était cette tète de saint que nous voyons si délabrée sur les monnaies du Pays Chartrain.

n est très probable qu'à Laon, les deux têtes de face de k monnaie d'Adalbéron et de Robert (monnaie que l'on a peut* être continué à émettre pendant tout le xi* siècle), étaient devenues un type consacré ; en sorte que Louis YI, frappani des monnaies à Laon, aura conservé au revers de ses deniers une tète de face qui, en effet, a perdu son caractère épiscopal, comme l'a fort bien fait observer M. Desains (1).

C'est de cette façon que je m'explique l'existence du deuîei trouvé à Laou, et de l'obole toute semblable conservée à la Bibliothèque Royale, et sur lesquels on lit LVDOVICVS REX, et au revers LAVDVN€NSIS. Ces monnaies ne peuvent pas appartenir au règne de Louis Y, et ma conviction à cet égard se fonde non seulement sur un examen attentif de celui de ces monuments que j'ai entre les mains ; mais encore sur l'auto* rite de M. de Saulcy, à qui je l'ai communiqué récemment, ot qui partage mon opinion. Ensuite, lorsque les évèques Gauthier, Roger et Gazon reprirent la fabrication des maailles lovisiennes (2), ils rajeunirent le vieux type local, en le perfectionnant ; ce qui est un fait digne de remarque, puisqu'il semblerait être en opposition avec la loi de détérioration qui s'applique à tant de types de cette époque.

Il est vrai que bien souvent la détérioration ne résultait que d'une tentative de correction ou d^embellissement de types

(1) Recherches sur tes monnaies de Laon. Saint-Quentin, 1838, iIl-4^ p. 9.

(2) Laudunensium monetsBtquas maailles lovisiennes apellatas doeet rtgistrum 123. (Du Gange, Gtoss,, verb. Moneta.) Ne serait-il i^ possible d'expliqner ce mot Lovisienne par le nom de Loiai que portaient tant de monnaies de Laon? On appelait Bstevenant les deniers de Besançon avec le nom d*&tienne, et Anfours les monnaies espagnoles du roi Anfons (Alphonsus). On dit aetueU€ment des Lotds, des Napoléons.

Page 1