‹ Œuvres de A. de Longpérier (volume 2)Chapitre 75 sur 128 · ABBÉS DE CORBIE · texte numérisé non relu

ABBÉS DE CORBIE

Foulques (1048—1085).

+ FVLCO Crosse entre deux croisetles.

1^. CORB€l Qef.

Denier de hillon. Page 276, n® 3.

+ FVLCO Crosse entre deux croisettes.

^- + CENOB.COfla€. Clef.

Denier de billon. Poids, 1,30 gramm., page 276, n* 4.

n y a deux Foulques parmi les abbés de Corbie; Tun dont les dates extrêmes sont indiquées en tète de ce paragraphe; l'autre qui a gouverné Tabbaye de 1198 à 1200. Il suffit d'examiner les deniers qui portent le nom de Jean (1158-1172) et de Josse (1187-1193), pour se convaincre de l'impossibilité qu'il y a d'attribuer au second Foulques des pièces d'un style aussi ancien que celles qui viennent d'être décrites. Je n'hésite donc nullement sur l'époque qu'il s'agit de leur assigner; ce sont bien sûrement des monnaies de cet abbé pendant l'absence prolongée duquel Evrard se fit mettre à la tète de la communauté.

La première de ces pièces m'est depuis longtemps connue; je l'ai découverte parmi des monnaies incertaines appartenant à M. Dassy, et j'en avais pris une copie avant la mort de cet amateur regretté. J'ai trouvé la seconde tout récemment chez M. Rousseau. Malheureusement elles sont toutes deux en mauvaise condition; l'une est considérablement rognée; l'autre porte une empreinte trèflée par le ressaut des coins. Aussi est-ce avec la plus grande réserve que je proposerai la lecture de la légende Cenob... Corbe,.. quoiqu'elle n'ait rien d'extraordinaire en elle-même, puisque les deniers de Cluny nous fournissent Cluniaco 'cenobio. C'est là ce que, sans prévention aucune, je crois apercevoir et l'existence de monnaies semblables mieux conservées peut seule décider si je me suis trompé; dans tous les cas le mot CORBEI est certain sur le denier appartenant à M. Dassy, et l'altération de la légende

de plusieurs monnaies de l'abbé Evrard justifie Fétat barbare de la légende Cenob,., Corbe.., dans laquelle on trouve trois lettres retournées.

Les deniers d'Evrard publiés par MM. Rigollot et Desains, nous montrent au revers le nom de saint Pierre, patron de l'abbaye ; sur les pièces que je fais connaître ici, le type de la clef supplée le nom du grand apôtre.

Avant d'abandonner le chapitre de Corbie, me sera-t-il permis d'oser proposer une restitution qui enrichirait encore la numismatique de la célèbre abbaye? Ce n'est pas sans hésitation, on le concevra facilement, que j'émettrai une opinion nouvelle sur un monument qui a déjà passé sous les yeux des plus habiles antiquaires, et que je ne connais que par le dessin qu'en a publié mon excellent ami le docteur Rigollot (1). Je veux parler d^une petite maille du xn« siècle (page 276, n® 5) sur laquelle on a lu jusqu'à présent LAVREBIE, et qui me paraît porter en réalité : CAVREBIE, c'est-à-dire le nom de Corbie (écrit en français, avec une substitution de voyelles analogues pour le son, inverse de celle qui a fait Orléatis^ d'Aurelianis. Les mailles d'Amiens sont assez connues pour qu'il soit inutile de les citer ici à l'appui de ma nouvelle attribution (2). Quant à l'emploi de la forme française Caurebie, bien qu'elle soit fort défectueuse, elle n'étonnera que médiocrement ceux qui se rappelleront les deniers de Philippe-Auguste, avec les noms à'ArraSy de MotUtiruely de Perone et de Seint-Onier.

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