EXAMEN DE DIVERSES MONNAIES ITALIENNES. \'S
' son pour les faire entrer dans la série française, et, de plus, il serait bon de les publier d'une façon plus correcte, ou de fournir au lecteur quelques explications qui ne lui seraient pas inutiles.
Prenons, par exemple, les n***5248 et 5249.
1«ARETH.PR0L.AILANTI {sic). Buste de femme, à droite.
^. HESPERIDVM DECVS. Écu couronné, chargé de trois tiges d*oranger simulant des ileurs de lis. Dans le champ, 1668. — Douzième d'écu. Collection Morin-Pons (aujourd'hui médaillier de la ville de Lyon).
2" Variété avec PRO.ATLANT. — Douzième d'écu. Collection Nogent-Saint-Laurent.
« Que dire, ajoute M. Poey d'Avant, de ces singulières pièces dont les légendes bizarres sont quelquefois intraduisibles? » (T. III, p. 114.)
Nous ignorons, à la vérité, quelles sont spécialement les monnaies qui ont inspiré cette opinion à l'auteur des Monnaies féodales. La façon dont ]es légendes de quelques-unes sont transcrites par lui pouvait contribuer à faire naître certaines difficultés ; maife encore n'y a-t-il pas là un obstacle bien sérieux.
Quant aux deux pièces de 5 sols après la description desquelles M. Poey d'Avant a inséré sa remarque ou sa question, leur légende n'est pas fort embarrassante.
Si, par exemple, on consent à lire avec nous : Arethusa proies AtlantiSy Hesperidiun dectiSj il sera facile de faire accorder ce texte si clair et si court avec le type composé de trois tiges d'oranger.
Aréthuse est une des nymphes Ilespérides. Fille d'Atlas et de.sa nièce Hespéris, iille d'Hespérus, elle était une des sept sœurs dont Diodore de Sicile a dit : « Elles furent appelées Atlantides à cause de leur père, et Hespérides à cause de leur mère, «^ irs iiiv tîju irarps; 'ÂT/vX/TiSaç , izs Sa t^ç H-TTjTpiç 'Ilj^rsçi(lx^ ovcixaffOSivai (1). » Diodore ne nomme pas Aréthuse, il est
(1) Diod. Sic, lib. UI, c. lx, 2, et lib. IV, c. xxvii, 1, 2.
vrai, dans ce passage; mais cette nymphe est citée par Apollodore (1). Le xvu" siècle savait parfaitement tout cela (2).
Nous n'avons pas besoin de rappeler que, comme tout beau verger africain, le jardin dos Hespérides renfermait de superbes orangers dont Hercule déroba les pommes d'or. A ces finiits célèbres s'appliquent encore ces mois : HESPERIDVM DECVS. Mais les jardins des Alpes-Maritimes et de la Ligurrc sont aussi très fournis d'orangers, et c'est dans cette coùtrée que nous pouvons chercher l'origine de TArélhuse représentée sur les pièces de 5 sols (3). Mademoiselle de Montpensier n'a rien à prétendre en cette affaire.
Les légendes LILIA SPJNAS QVIS DICET (n» 5245) et IN SPINES (sic) CERVLEA FLOFJENT (n» 5237) rappellent Maria Maddalena Malaspina, femme du marquis deFosdinovo. Comment est-il possible que nous trouvions les monnaies qui les ' portent parmi celles de Trévoux?
Nous savons, du reste, par un document publié en 1859, , dans un ouvrage de M. Agostino Olivieri , que la légende SIMVL TVTANTVR ET ORNANT (Poey d'Avant, n» 5236) élait attribuée à l'atelier de Torriglia par ordre d'Yolande Lomellina, princesse Doria, tout comme la légende SANCTAE SIT TRIADI LAVS devait être adoptée par l'atelier de Loano (4).
Un ottavetto de Jean André Doria (1665) porte au revers DEVS PROTECTOR MEVS ; un aulre d'Yolande Lomellina (1666), PVLCHRA VIRTVTIS IMAGO du côté de la tête; alors donc que nous trouvons au milieu des monnaies attribuées à Mademoiselle, une pièce de même valeur offrant les légendes H>EC EST PALANTIS IMAG et DEVS MEVS ET REDEMPTOR,
(1) BiOUotheca, lib. II, v. 11, édit. de Westermanu, 1843, p. 60.
(2) Lorsqu'on veut se Taire uue idée des ressources que le public avait à celte époque pour conuaitre les particularités de la mythologie, même sans faire de recherches dans les auteurs originaux, il faut lire les ouvrages de Noël Conti {Natalh Cornes) ^ et dfi Bachet de Mcziriac qui étaient alors dans toutes les mains.
(3) An XV ii^* siècle, les familles italiennes faisaient encore usage d'une foule de noms antique^, tels que Poh-xèue, Zénobie, Artémise, Livie, etc.
(4) MonetCy mvdaglie e sigilli dei principi Doria^ p. 66 et 73; documents datés de 1665 et 1666.