‹ Œuvres de A. de Longpérier (volume 3)Chapitre 56 sur 157 · SCEAU DE PIERRE POUSSIN, CHANTRE A SENLIS · texte numérisé non relu

SCEAU DE PIERRE POUSSIN, CHANTRE A SENLIS

quels il a pu former une intéressante série de moulages relatifs à la ville et au clergé de Senlis. La matrice de cuivre jaune porte la légende suivante :

S • M AGRI P€T' DCÎ POVCID CADTOR' CILVAn€Cf

Sigillum magistn Vetri dicti Foucin amtoris Silianectnifiis,

Au centre, Pierre Poussin debout, tête nue, vêtu d'une belle chape sur laquelle retombe le capuchon de son camail. Il tient le grand bâton, insigne de sa dignité de chantre, bâton dont la pomme supporte un rossignol. Dans le champ, quatre petits poussins ouvrant gauchement le bec. Ces diverses figures font allusion au surnom et au titre du chantre Pierre. Le sceau a été gravé au xui® siècle, et à celte époque les noms de famille étaient encore, la plupart du temps, à Tétat de surnom; Pierre était dictus Poucin. Cette orthographe se retrouve sur le sceau de frère Robert Poucin, commandeur du grand prieuré de Normandie (archives, /nt;., p. 109, n*'9906) ; elle se rattache à celle de l'ethnique CILVAN€CTENSIS; et trouve son pendant dans la légende d^un sceau du prieur de Sainte-Céline de Meaux où Ton a lu à tort le nom d'une sainte Sélinie [Inv. arclu^ t. I, p. 104, n"* 9346). Le rossignol est un symbole du chantre. Sur le sceau de Polet CaïUeurel, sergent au bailliage de Senlis en 1440, on voit un écu portant trois oiseaux qui constituent des armes parlantes (je n^ose pas dire chantantes). Un sceau de Robert, chantre d'Orléans en 1210, a pour type un rossignol perché sur un arbre.

Il ne faut pas confondre ces oiseaux symboliques du chant avec ceux qui, sur un sceau des frères Mineurs de Saint-Omer, sont représentés conversant avec saint François d'Assise (1), ou avec la colombe qui^ sur le sceau des abbés de Bobbio, parle à Toreille de saint Colomban. Les uns rappellent des légendes et sont en quelque sorte historiques, les autres re-

(1) V. encore, Invent, des sceaux dss Archives^ t. III, les n"" 9736 (Guyenne, 1274), 9763 (Auxerre, 1243), 9774 (Noyon, 1303), 9787 (Troyes, 1303).

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lèvent de la fantaisie plus ou moins ingénieuse des propriétaires et des graveurs.

La chape du chantre Pierre Poussin est décorée coaime celle de saint Omer sur des sceaux de H93, 1198, 1280, et comme le vêtement de saint Etienne que nous montre un beau et grand sceau publié par notre savant Président dans sa Notice héraldique^ sigillographique et 7iumismatique sur les évêques de M eaux (p. 32). La disposition oblique des lignes qui se coupent pour former des carreaux au centre desquels est placé un point, ou une rosace, me donne lieu de croire que les vêtements dont il s'agit étaient faits d'étoffes orientales.

En général, les chantres étaient représentés tenant un livre. Le bftton cantoral est assez rare ; celui de Pierre Poussin est surmonté d'une grosse pomme qui rappelle les insignes des suisses et des tambours-majors.

Le sceau de Pierre Poussin vient s'ajouter à la série des monuments de l'église de Senlis, déjà assez riche. Nos confrères trouveront peut-être dans les documents écrits quelques lenseignements qui permettront de fixer la date exacte à laquelle a vécu le personnage. L'inventaire des sceaux des archives nous fournit déjà la liste suivante :

Guillaume, chantre de Sentis J207

Simon (sous-chantre) 1208

Guillaume 1212

Guillaume 1216

Gautier d'Aunai 1271

Paris, 17 mai 1877.

LK

MISSORIUM DE GEILAMIR

KOI DES VANDALES

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