‹ Œuvres de A. de Longpérier (volume 3)Chapitre 65 sur 157 · ANNO DNI · texte numérisé non relu

ANNO DNI

Les Martimani Cluniacemes étaient les religieux de Saint- Martin-des-ChampSy mis en possession du prieuré par Philippe P' en 1079 (1). Us possédaient sur le territoire de Poitronville (plus tard Belleville) la ferme de Savics, dont une rue que nous avons indiquée plus haut perpétue le nom.

Les iemplarii de 1633 et de 1722 sont les chevaliers de Tordre de Malte. Le grand Prieur avait à Belleville des cens ou rentes seigneuriales qui paraissent avoir dépendu de la maison de Reuilly au faubourg Saint-Antoine (2). Pendant le règne d'Henri IV et une partie du règne de Louis XIII, la source de la rue des Cascades avait été complètement négligée; mais, après trente ans d'abandon, les propriétaires limi'* trophes s'entendirent pour la faire rechercher et recueillir à frais communs, et en 1633 elle fournit de nouveau Teau dont avaient besoin les quartiers du Temple et Saint'Martin.

Propriétaires des terrains d^où partaient les eaux et des éta^ blissements où elles devaient aboutir, les religieux de Sainte Martin-des^Champs et le grand prieur de France étaient égale-* ment intéressés à l'achèvement des travaux rappelés dans l'inscription, et s'en occupèrent par deux fois.

Les écus sculptés sur le petit édifice de la rue des Cascades

(1) Sous HenH l^ réglise de Saini-Martin-des -Champs était desservie par des chaDoines séculiers auxquels Philippe I*' substitua les religieux de Cluny.

(2) El Mannier^ ies Commanderies du Grand Prieuré, de France, 1872, p. 17.

se rapportent à Fassociation mentionnée par le texte épigragraphique. L'un représente un saint Martin à cheval tourné à droite; le chef de France est maintenant écrasé. On reconnaît là les armes du prieuré de Saint-Martin-des-Champs. L'autre écu, quoique très mutilé, laisse reconnaître les armes d'Orléans (de France au lambel d'argent) avec le chef de la ReUgion (de gueules à la croix d'argent), posé sur une grande croix de Malte et sm'monté d'une couronne de prince. En 1633, le grand prieur de France était Guillaume de Meaux-Boisboudran dont les armes sont d'argent à une fasce de gueules (i). L'écu que nous venons de signaler ne saurait lui convenir. Mais en 1722 le Grand Prieuré avait pour titulaire Jean-Philippe d'Orléans, et par conséquent nous sommes autorisé à croire que la sculpture a été exécutée ou retouchée après les travaux complémentaires.

De 1730 à 1740, Jean-Baptiste-Auguste Beausire, architecte de la ville de Paris, construisit un aqueduc pour le ruisseau qui prenait sa source sur les hauteurs de Ménilmontant et se transformait en égout en traversant le quartier du Temple (2).

En 1769, la rue en diagonale, située entre le faubourg du Temple et la rue des Trois-Bornes, se nommait rue des Fontaines du Roi. Les auteurs du Dictionnaire historique supposent « qu'elle peut avoir été ainsi nommée de quelques réservoirs ou tuyaux qui y conduisaient l'eau de Belleville (3), » Au quartier du Temple, la rue des Vieilles-Haudriettes avait, en 1636, pris le nom de rue de la Fontaine-Neuve. Enfin la rue des Fontaines^ longeant le couvent de la Madeleine, reliait le Temple à Saint-Martin-des-Champs. On peut sur le plan de l'ancien Paris suivre, à l'aide des jalons que nous indiquons, l'itinéraire des eaux de Poitronville.

Eu 1712, les bénédictins de Saint-Martin donnèrent un emplacement suffisant pour construire une fontaine publique au

(1) Pailloty La Vraye et parfaite Science des armoiriesy Dijon, 1660, ia-foL, p. 210.

(2) Lance, Dict, des archit, franc,, 1872, t. I, p, 53.

(3) Hurlant et Magoy, Dici. hist., l. IV, p. 347, *

[.NSCRIPTION DU REGARD DE BIDLLlilVELLE. 289

bout (lu mur de leur enclos, au coin de la rue du Vcrl-Bois. Elle était alimentée par l'aqueduc de Belleville et les inscriptions latines qui consacrèrent cet établissement, et indiquent que Jérùme Bignon posa la première pierre de l'édifice, nous ont clé conservées (i).

(I) Ilurtaut et Magny, Dict.hiil.A- III, p. KG.

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