SLR UN VASE ANTIQUE D'ARGENT
bibliothèque anglo-normande est celui de Gilbert PilkingtOQ intitulé : A vieiv of the présent state of Derbyshire with an account of ils most remarkable antiquiiies, Derby, 1789, 2 vol. in-8^
Il parait qu'il renferme une description détaillée de ce plateau. Si CCS premiers historiens anglais ont bien décrit ce curieux plat, ils se sont entièrement trompés dans leurs suppositions historiques. Au lieu de Baffiensi, lisant Bogiensi, ils ont traduit par Baugé en Anjou, et ils ont supposé que c'était Spire, évèque de Toulouse (ne connaissant pas saint Exupère, évèque de Bayeux) qui avait donné, vers 405, ce plateau à l'église de Baugé. Et comme, le 22 mars 1421, les Écossais au service du roi de France, commandés par le duc d'Alençon et fortifiés dans cette église, résistèrent aux Anglais, et les battirent en tuant leur général le duc de Clarence, ils supposèrent que ce plat, enlevé alors dans le tumulte du combat, fut offert à Tabbaye de Dale, située près de Risley.
Voilà où peut conduire la transposition d'une seule lettre. Ces faits ont été justement corrigés par les travaux de Gumey, de Stothard, de Tabbé de la Rue, et de tous ceux qui se sont occupés de la tapisserie de Bayeux. Et à propos de cela, le meilleur résumé sur cette tapisserie est celui publié par l'abbé Laffetay, bibliothécaire de Bayeux et historien du diocèse.
Mais où est actuellement ce fameux plateau? Je l'ignore. A l'époque de sa découverte, le manoir de Risley appartenait aux Willougbie, famille, à ce que je crois, éteinte aujourd'hui. Je crains qu'il ne nous en reste plus que les figures de Stukeley, et vous trouverez son ouvrage dans les grandes bibliothèques de Paris. Je ne l'ai pas dans la mienne.
Voilà, Monsieur, les quelques renseignements que je puis vous fournir au plus vite, currente calamo; j'aurais été très heureux d'en avoir de plus circonstanciés.
A leur défaut, veuillez agréer, etc.
C*° DE TOUSTAIX.
(Extrait du tome H (3» série) de la Revue numisniaiique, 188i.)
Tousiiours les choses faulses sont receuës par un commun bruict pour tcrilablcs et ne ne descouvrent telles que par la curieuse recherche des personnes qui ne désirent que profiter au public.
[Mercure françoin, t. 111 (1013), p. 274.)
Adeo hominos alias eruditi.numismatum luce relicla, oliscuris prorsus conjecturis ducuntur. Noms (Card. H.) : Duplex dinsertatio de duobus tiummis Diocletiani et Licinii.
Florence, 1678, in-4».
Voici une petite question d'élymologie, discutée en cette qualité depuis plus de deux siècles et qui a fini par demeurer fort obscure. Elle fut, à ce qu'il nous semble, en peu de temps devenue parfaitement claire si on avait pensé à la prendre pour ce qu'elle est essentiellement : une question de numismatique. 11 s'agit, en effet, d'un nom de monnaie du moyen
(1) Parmi les papiers de M. de Longpérierse trouvait ua volumiaeux dossier de notes sur Tétymologie du nom de monnaie hardi; en tète étaient écrits ces mots de sa main : <c Ce mémoire est le dernier auquel j'ai travaillé ; j'y tiens particulièrement; il n'y manque aucun élément essentiel. » ' Il m'a semblé qu'on ne pouvait priver les érudits de ce résultat des recherches dernières de riUustre académicien. Malheureusement ce dossier consiste uniquement en un volumineux amas de noies nonclassées^ simplement assemblées pêle-mêle. Sauf les deux premiers feuillets, il n'y a pas trace de rédaction. Mon embarras a été grand. Pour conserver la pensée même de M. de Longpérter, pour n'ajouter aucune ligne de ma main, j'ai dû me résigner à présenter purement ces notes dans Tordre qui m*a paru le plus rationnel, n'ayant
29i LE HARDI ET LE LÏARD.
âge assez répandue, et qui a engendré un second nom de monnaie d'un usage exlraordinairement vulgaire.
On pourrait croire que les critiques qui se sont efforcés d'élablir le sens exact des dénominations hardi et liard ont commencé par se rendre un compte bien net do la valeur de ces monnaies, qu'ils se sont attachés à savoir par qui elles ont été frappées suivant les époques, et à quelle nationalité appartenaient les autorités qui les ont émises.
Nullement. On a pénétré dans les étymologies, comme un curieux qui entrerait dans une maison par le haut de la cheminée sans savoir d'avance où cette voie pourrait le conduire.
Nous entendons parler de ceux qui devaient rechercher scientifiquement l'origine des deux dénominations dont nous allons nous occuper, non de ceux qui ont eu à mentionner les monnaies mêmes et qui n'étaient pas tenus d'en faire un examen de linguistes. Les premiers paraissent avoir procédé un peu à Taventure, si bien qu'on pourrait dire qu'en cette affaire l'honneur de la méthode reste sauf.
La propension à copier le travail des autres ou plutôt à copier une combinaison de mots qui dispense d'étudier une question est commune. Mais il est difficile d'en trouver un exemple plus complet et plus prolongé. Nous avons craint de nous trouver devancé par quelque autre curieux de vieilles origines. Mais si ce curieux là existe, il faut reconnaître qu'il a su bien habilement se dérober à l'attention des étymologistes les plus perspicaces puisque les dictionnaires les plus perfectionnés n'en révèlent rien.
Nous avons lu attentivement à peu près tout ce qui a été écrit sur le hardi et le liard, mais en classant les témoignages
irautres guides que quelques points de repère tracés par M. de Longpérier truu crayon déjà si vacillant que l'écriture en est parfois presque illisible. C(*rtes la lecture de ce simple canevas de notes sera malaisée, souvent ob^ cure» mais comme cependant la notion essenUelle qui est le but même de ce travail, savoir : la connaissance de la véritable étymologie du nom de monnaie hardi, en ressort très nettement, j*ai cru utile t la mémoire de mon vénéré Maître, de publier tant bien que mal le résultat de ses patientes et sagaces recherches sur cette très curieuse question qui intéresse h la fois la philologie et la numismatique. (Note de M. G. S.)
de façon à comprendre quelle est leur marche, leur succession, d'où viennent les variantes. On pourrait après une pareille enquête éliminer un grand nombre de dépositions ; mais c'est là une opération qui ne se préjuge pas ; il faut qu'elle ait lieu publiquement, après quoi le lecteur verra comment il était exposé à prendre des contre-épreuves pour des preuves. On racontait, il y a bien des années, qu'un homme de lettres, à court d'argent, avait offert à un prince généreux un volume qui lui fut grassement payé, et que le prince qui avait le goût de la lecture, ayant essayé de parcourir l'ouvrage, n'avait pas lardé à s'apercevoir d'une supercherie tout à fait ingénieuse. L'homme de lettres avait fait superbement relier trente exemplaires de l'unique feuille de son ouvrage qui eût jamais été composée et tirée. Mais le prince... s'en était aperçu, et le public ne s'aperçoit pas des opinions copiées.
Presque tous les auteurs qui ont eu à s'occuper du hardi ont attribué au type l'origine du nom de cette monnaie.
Série par ordre chronologique des textes coticemant tétymologie
du nom de monnaie hardi.
1. Borel (P.), Trésor de recherches et dantiq. gauloises et françaises, 1655.
P. 255. «Hardy, monoye dite unliard. Voy.Liard. En gascon on l'appelle un ardit. Cela vient de Philippes le Hardy qui les fit battre. »