‹ Œuvres de A. de Longpérier (volume 3)Chapitre 8 sur 157 · LE · texte numérisé non relu

LE

riENTANOYMION BYZANTIN

( Extrait du tome XT V (nouvelle série] de la Revue numismaligue,

1869-70, pp. 26S-269. )

Les monnaies de bronze frappées îi Kherson, et qui représentent Maurice-Tibère, Constantine et leur fils Théodose, sont de deux modules. Les unes, de grand bronze, portent au revers l'indice de valeur représenté par un M ou un H; les autres, beaucoup plus petites, oiïrent un A. La valeur numérale de ces caractères est bien connue; c'est l'équivalent de 40, 8 et 4. Cependant les pièces qui portent M (40) sont de même module et de même poids que celles sur lequelles on lit H (8). Certains numismatistes ont cru se tirer d'embarras en disant que ces médailles prouvent que le système monétaire de Kherson difi^re de celui des autres provinces de l'empire. Mais ce n'est pas dans le système monétaire que se trouve la divergence. C'est seulement du mode de notation qu'il faut s'occuper.

M. Paul Lambros vient de publier à Athènes une courte mais intéressante note sur ce sujet. Voici comme il résume son opinion. « En fait cependant, la monnaie qui a l'indice M est un follis aussi bien que la monnaie qui porte H. Celle qui a un A est un rfemi-/b//w; l'explication en est très facile. La lettre M signifie 40 nummiay l'H Speniamimmia, et le A ipentanummia. Les 8 pentanummia font 40 nummia; les i penianiimmia font 20 îiummia. Par conséquent la monnaie qui

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porte H a la même valeur que celle qui porte M ; cette valeur est d'un follis; elle est d'un demi-follis pour la monnaie qui porte A. Puisqu'on connaît le demi-follis de l'indice H, portant A, il est probable qu'on découvrira plus tard le demi-follis de l'indice M, portant K, valant 20 nummia (1). »

Ajoutons que parmi nos monnaies modernes, on trouve, dans le même système, des pièces qui offrent avec le même poids et le même module : demi- franc et 50 centimes; quart de franc et 25 centimes; un décime et 10 centimes, ce qui n'empêche pfis en outre le public de les appeler des pièces de 10 sous, de 5 sous, de 2 sous, sans que des noms si divers produisent la moindre hésitation, la moindre confusion dans les transactions de chaque jour.

On peut donc admettre que l'on a fait usage concurremment d'un follis de 40 nummia à la marque M, et d'un follis do 8 pentanummia à la marque H.

(1) Bulletin de VÊcole franc, (VAthènes, 1868, p. 80.

DENIER DE REMELANGE

(Extrait du tome XIV (nouvelle série) de la Revue numismatique ^

' 1869-70, pp. 269-270.)

Dans tle dernier cahier du Bulletin de la Société d'archéologie et dhistoire de la Moselle (xi* année), recueil qui contient des travaux fort intéressants, nous trouvons (pages 19 et suivantes), une communication de M. V. Jacob, sur la découverte faite aux environs de Marsal d'un certain nombi^c de monnaies messines. L'auteur décrit et commente divers deniers, et entre autres ceux qui offrent au droit la légende S* STEPHAN9 autour d'un buste, et au revers *RIM VLIGIS autour d'un croix. Il se refuse à croire que ce dernier mot représente le nom de Remilly, localité qui jadis appartenait à l'évêché de Metz, et serait plus disposé à y chercher un nom de monétaire épiscopal. M. V. Jacob ne paraît pas avoir eu connaissance du travail publié par M. Ch. Robert {Revue numismatique, 1863, p. 199) dans lequel sont étudiées les variantes RVME- LINGIS. RVMILiNGIS. RVOMILINGiS. RIMVLIGiS. Il y eût trouvé la description accompagnée d'un bon dessin (pi. \III, n^ 7) du denier qu'il cite d'après l'indication fort incomplète de Dupré de Geneste, et qui porte en réalité RVMELINGIS écrit autour de la cité METTIS disposé en trois lignes; enfin il aurait pu du moins discuter l'attribution de toutes les monnaies en question à l'un des villages nommés Remelange, qui sont tous deux dans le déparlement de la Moselle, situés l'un

DENIER DE REMELANGE, 25

sur la frontière du Luxembourg, l'autre à cfll6 de l'ancien domaine royal de Florango. Les conjectures ingénieuses de notre savant collaborateur sont dignes d'un sérieux examen. Le fait est que parmi les localités de la Moselle, on trouve encore Roméling, Rîméling, deux Réraéring, Rémelfing ol Rémelfange, et près de Sarrebourg (où l'évêque de Metz battait monnaie) Romelfing. Mais c'est seulement à l'aide de documents historiques qu'on peut déterminer l'origine des monnaies de cette catégorie.

us SUR LA MONNAIE BYZANTINE

(Extrait du tome XIV (nouvelle série) de la Revue numitmatique,

Noire savant collaboralcur M. Albert Dumont a conBé à un de ses collègues de TÉcole d'Athènes, M. Yidal-Lablache, la publication d'une monnaie inédite frappée au nom de Michel avec les types que voici (i) :

Au droit, MX.ATTT.TTAC. (Mix»î)X Ssaxô-oî; h IlaîaioXoYiS;).

L'empereur debout de face tenant de la main droite une longue croix près de laquelle se voit une fleur de lis. — ; Rev. sans lég. Une grande fleur de lis.

C'est ce dernier symbole qui fait Tintérêt principal de la monnaie que M. Vidal-Laroche attribue à Michel YUI Paléologue (1261-1282). Le jeune archéologue rappelle avec juste raison que la fleur de lis se trouve au revers d'une monnaie d'AndronicP' Comnène (1183-1185), et qu'elle parait encore sur des pièces de Jean Ducas Yatatzès (1222-1255), de Jean P' de Trébizonde (1235-1238), de Théodore IH de Nicée (1255- 1259), d'Alexis II Comnène (1297-1330) et sur une pièce de Michel YUI déjà connue, monuments auxquels nous pouvons ajouter le curieux bronze publié par M* de Pfafl'ênhofi'en qui l'attribue à Théodore U (1225-1230) (2).

M. Yidal-Lablache pense que cette figure de la fleur de lis

(i) BuUetin de F École franc, d'Athènes, 1868, p. 77. (2) Revue num,, 1865, pi. XU, n'* 5.

LIS SUR LA MONiNAIE BYZANTINE. 27

« OU plus justement du fer de lance » doit être considérée d'une façon générale comme un des nombreux emblèmes qui, dans la minutieuse variété du cérémonial byzantin, caractérisaient la puissance impériale, et qu*elIo parait avoir été envisagée comme un des signes attributifs du souverain. Puis, après avoir remarqué que Tapparition de la fleur de lis sur la monnaie byzantine a suivi de très près son emploi sur ]a monnaie des rois de France, Tauteur ajoute qu'il est naturel de s'arrêter à cette conclusion que si la fleur de lis figure antérieurement à titre d'emblème byzantin, il faut pourtant mettre au nombre des imitations de l'Occident sa présence sur les monnaies de quelques empereurs.

Il est évident que l'antiquité de la fleur de lis numismatique est très grande en Occident. A partir de l'empereur Otton P' (950-963), nous la voyons sur la monnaie geilfnanique pendant les X*, xi° et xn^ siècles. En France, elle se montre sur les deniers des archevêques de Reims Gervais (10S3-67), Manasses (1069-1081), Renaud (1083-1096), Raoul (1106-1124); et enfin sur ceux de Philippe-Auguste (1180-1203). Les sceaux royaux en off'rent la figure constante à partir du règne de Henri P' (1031-1060). Sur la monnaie anglaise, elle remonte au temps de Cnut (1016-1035) et d'IIarold (1035-1040), et se multiplie sous Henri P' (1100-U35) et Etienne (1135-1154).

En Hongrie, nous la voyons dans la main des rois Bêla H (1131-1141), Bêla m (1174-1196) et dans la main de la Sainte- Vierge représentée sur les monnaies de Bêla IV (1235- 1270) (1), par conséquent bien avant toute alliance avec la maison d'Anjou.

Je n'entreprends pas ici de faire l'histoire de la fleur de lis; il me suffit de rappeler rapidement quelques points essentiels, et surtout de dire que ce symbole n'est ni un fer de lance, ni la copie altérée d'un crapaud, comme le pensait Fauchet, ou d'^ne abeille, comme l'a cru Chifflet (2). La chose est plus

(1) Steph. SchŒnvisner, CataL num, Hungaria, Pesth, 1807. Atlas, pi. II, Bêla II, no 4; Bêla III, n» 7; Bêla IV, n'» 5 et 6; pi. lïl, n«« 6 & 10.

(2) On a été jusqu'à croire que « la vue des lotus sculptés sur les ruines de

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