PARMI LES RUINES DU THÉÂTRE DE DACCHU3, A ATHÈNES
( Elirait du tome V (Douvelle série), 1869, des Comptes rendus de V Académie des inscriptions et belles-lettres, pp. 23-26, s. du 5 fcTricr.)
Les quatre satyres-atlantes du Louvre ont les jambes modernes, les bras refaits ; quelque habileté qu'on suppose chez le sculpleur italien qui les a restaurés, on ne peut parler do leur hauteur totale actuelle qu*à titre de renseignement approximatif. Ces figures, quoique semblables et destinées bien évidemment à décorer un même édifice, ne sont pas exactement pareilles dans leurs petits détails. Cela est bien en accord avec la richesse du génie grec ; un artiste de la grande antiquité n'eût pas voulu faire mettre au point par un praticien quatre fois le même modèle.
Nous ne devons donc pas nous attendre à trouver une égalité stricte de dimensions dans les diverses figures qui peuvent provenir du théâtre de Bacchus.
Nous ne pouvons en ce moment faire un grand usage de la statue de Stockholm, car, depuis le sternum jusqu'aux pieds inclusivement, elle est moderne ; la ceinture, le nombril, qui auraient pu nous servir de points de repère, n'existent pas dans la partie antique. Mais la barbe et les pectoraux, les dimensions générales paraissent clairement se rapporter aux portions correspondantes dans les statues du Louvre et d'Athènes.
La figure fragmentée photographiée dans le théâtre de Bacchus est bien certainement semblable à ceUe du Louvre,
366 TORSE DE FAUiNE DU THÉÂTRE DE BAGCHUS.
non seulement quant aux lignes principales , mais pour les détails, et pour le style; on ne saurait les séparer.
Les statues du Louvre ont, suivant M. De Clarac, 2 m. 058 ou 2 m. 038. Selon M. Geslin, inspecteur du département des antiques, qui vient de les mesurer pour moi (pendant que je suis dans Timpossibilité de sortir de ma chambre), elles ont 2 m. 01, entre la base et le sommet de la tète.
Le fragment d'Athènes présente, de la ceinture au nombril, 16 cent. ; du nombril à la lèvre inférieure^ 3S cent. ; total, 51 cent.
Les figures du Louvre donnent de la ceinture à la lèvre inférieure, deux d'entre elles, 46 cent.; les deux autres, 4i cent. Dans les unes, la distance de la ceinture au nombril est de 15 cent.; dans les autres, de 13 cent. Ces mesures ont été prises à l'aide d'un mètre rigide. Si M. Piot s'est servi d'un mètre de matière souple contournant les reliefs du torse, il aura dû obtenir des chiffres un peu plus forts. L'écart est dans tous les cas peu considérable.
M. R. Rhangabé m'a dit qu'on avait trouvé des fragments de deux statues de satyres-atlantes dans le théâtre deBacchus, oh on a tenu à les laisser pour mettre les architectes et les archéologues à même de trouver réunis tous les détails constitutifs de l'édifice. Il y en a donc eu probablement huit.
Nos quatre figures de Paris proviennent de la villa Albani, où elles avaient été apportées vraisemblablement lorsque le cardinal Alessandro Albani acheta un si grand nombre de marbres, avec la direction de Winckelmann. Je n*en puis dire plus pour le moment. C'est une question très intéressante qui ne sera pas perdue de vue. Je n'assistais pas à la partie de la séance du 1" février 1867 dans laquelle M. Choisy a parlé de ces sculptures (1), en sorte que je n'ai pas eu l'occasion de faire des recherches ou des remarques sur un sujet qui m'eût singulièrement frappé.
(1) Voir Bulletin^ 1867, p. 25 et suW. L'analyse supprinio les détails relatifâ aux fragments des statues.