LETTRE A M. MILLER
PYXIS TROUVÉE A SALONIQUE '
(Eilniit du lome X [i' partie! de la Revut archéologique (n. s.). 1869, pp. 137-13S.J
Jeudi, 20 mat 1869.
Mou cher ami,
Votre pyxis de Saloaiquc est un fort beau reste d'un objet superbe. Elle appartient à l'époque des vases vernissés en noir
(1) Lettre insérfe dans un article de M. E. Miller iotitulè ; Detix iceaux atnpkoriquet et imcriptiotu grecquet inédita de Thaios.
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et à reliefs, c'est-à-dire au iv* sîfecle. C'était le Icmps où l'on aimait les figures de face. La monnaie en avait donné de trës beaux exemples, et les fabricatils de poteries noires ont souvent décoré leurs œuvres de médaillons analogues aux types monétaires. On a trouvé bon nombre de vases & couverte noire en Italie et en Cyrén^que; mais ceux qui viennent de Grèce ont toujours uu iulérêt particulier, parce qu'ils concourent à nous montrer d'où provenait le véritable eoseiguement, sinon même les produits de l'industrie.
Le couvercle recouvrait entièrement le corps de la pyxis, comme une cloche, et ne permettait j)as l'introduction du moindre grain de poussière. Il est décoré d'un médaillon contenant un buste de Bacchus couronné de lierre el muni d'un
thyrse. Des cercles formés de rangées d'ovcs imprimées en creux complètent l'ornementation. Le vase est porté sur trois pieds composés d'un corps de sphinx grec (sphinx femelle) à ailes recoquillécs, enté sur une griffe de lion.
Il y a les petites pyxis qui ne sont pas rares ; il y a tes grandes pyxis qui ne sont pas communes. La vôtre est une grande, et de plus son couvercle forme un recouvrement complet, circonstance précieuse ; malhcureusemenl elle a perdu sa couleur ; c'est un ex-vasc noir.
Au mot cylichné, dans Pollux, on lit : % y^P KuÀîy*»; xu^fç èni. I! y a des diminutifs. Suidas : KjXÎ^^isv, Ix-zfù-^x o v3y X^ysmï i;uSBicv, ce qui correspond bien à l'état des proportions des vases connus.
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Quand oo trouve dans les tombeaux antiques des objets de terre (des ustensiles surtout) dont le prototype était de métal ou de matière dure, on a toujours le droit de croire qu'on est en présence d'une imitation fabriquée pour un emploi funéraire (par économie). Je ne veux pas dire qu'on ne faisait pas pendant la vie usage de pyxis de terre pour placer des bijoux, des éponges, des peignes, des aiguilles ; mais il se peut 1res bien qu'on en ait fait un bien plus grand emploi pour lus tombes. Nous trouvons des colliers et des fibules de terre dorée qui n'ont pas servi aufremcnt.
Parmi les objets que vous me communiquez, il y a quelques petits fragments de même style; couverte noire.
Un fragment de vase de pâle noire qui doit être beaucoup plus ancien.
Un fragment de mosaïque romaine.
Un fragment de figurine.
Le petit vase avec porte de serrure n'est pas antique. La
terre, la cuisson, le tournage, tout me semble appartenir au moyen âge. Vous ne savez pas en quel état était la tombe où il a été trouvé ; si elle n'avait pas été ouverte à diverses époques. "Vous ne pourriez peut-être même pas aflirmer que le vase a été trouvé dans cette tombe.
Il semble que ce soit une tirelire à quête comme celle que portent les confrères [lour le repos des âmes des trépassés, en Italie ; laquelle tirelire est fermée pour celui même qui la colporte. Le petit module de l'intérieur convient aussi bien mieux
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à la monnaie du moyen ftge. Les mtanaies antiques étaient grosses, tandis que les espèces du moyen ftge sont essentiellement minces. J*ai voulu savoir ce que votre petit vase pouvait contenir de deniers du xi"* siècle. Gomme en ce moment j'en ai une masse qui vient d*être recueillie à Toulouse, j'ai rempli votre vase, et j'ai ensuite compté les pièces qui se trouvaient au nombre de 255. Encore la partie supérieure de la tirelire est-elle brisée.
Vous voyez que cela ferait une jolie quête. Mais la petite monnaie de quête, si on la suppose antique, doit être de cuivre, et par conséquent très épaisse; il n'en tiendrait pas beaucoup.
Un dernier mot. Regardez l'anse. Est-ce une anse antique? non, assurément. Cette forme lourde, avec une flexion à la partie inférieure pour aider le passage de la main, ne rappelle en rien le goût des potiers de l'antiquité. Vous voyez donc que la tirelire doit appartenir au moyen ftge.
DES PUBUCÀTIONS
DE M. DE LONGPERIER
Les six volâmes dont celui-ci est le dernier contiennent tons les articles, mémoires et notes de première importance publiés par M. de Longpêrier» en dehors des ouvrages de fonds que j'ai signalés dans l'Avertissement du tome 1. Il ne m'a toutefois pas été possible d'y faire figurer un certain nombre de notes et de communications trop brièvement résumées dans les bulletins des divers corps savants dont M. de Longpérier faisait partie. Pour être absolument complet, je me suis décidé k terminer ce recueil par une liste générale récapitulant l'ensemble des travaux de M. de Longpérier, tant ceux publiés à nouveau dans cette collection, que ceux qui n'ont pu y trouver place pour quelque cause que ce soit. Cette liste générale est celle que j'ai publiée dans le Bulletin de la Société des Antiquaires de 1881, mais rectifiée et très considérablement augmentée. Tous les articles reproduits dons ce phésent recueil sont désignés par un astérisque.