‹ Œuvres de A. de LongpérierChapitre 100 sur 173 · STÈLE GRECQUE DV MUSÉE DE LEYDE · texte numérisé non relu

STÈLE GRECQUE DV MUSÉE DE LEYDE

ne s'est préoccupé que des deux noms chers à une mère accablée par la douleur ci ^'oubliant elle-même.

Le nom de Quarta, transcrit Koipzx (de même que nous trouvons KOINTOS pour Quintus dans quelques inscriptions), montre, aussi bien que le costume des trois personnages, que la slële a été sculptée à Tépoque de la domination romaine, vraisemblablement au siècle des Antonins.

Jusqu'ici on n'a fait aucune observation au sujet de la forme insolite des deux X du nom de Bx^yicç. Le trait vertical qui traverse ce caractère en fait un monogramme; et, autorisé du reste par l'aspect général du monument, nous considérons ce monogramme comme un signe de christianisme. Les lettres I, X sont les initiales de 'ItjWuç XptTuoç (1); et il n'y a rien d'extraordinaire à ce que des chrétiens, à une époque où ils étaient obligés à garder une grande réserve, aient adopté une combinaison de lettres qui leur permettait de faire une profession de foi sans exposer à la destruction la stèle d'un tombeau. C'est ainsi que les premiers chrétiens de la haute Egypte se sont servis de la croix ansée en lui donnant une valeur détournée, puisqu'ils l'assimilaient au monogramme du Sauveur. Une inscription chrétienne du cimetière de Prctextatus, à Rome, est ainsi conçue : EYXYXI CEKOYNAA OYA€IC A0ANATOC PHriTANA (2); là c'est le y qui a ser\i à former le monogramme. Nous rappellerons encore la monnaie si connue de Maeonia de Lydie, frappée sous Trajan Dèce, au revers de laquelle le litre de l'archonte Apphianus a été gravé de façon à former un monogramme chrétien (3). Un

(1) V. LetroaDe, dans les Mérn. de VAcad. des inscr,, t. XVI, p. 249. Oq trouvt> des moDogrammes de celle forme simple dans Gruler, MLX, 4; dans Ciampiui. VeL monim., lab. LXVÏ, 1, et LXVIl, 1, t. II, pi. XIX. — Arricghi, Rom, suhf. Paris, 1656, p. 306, 334. — Monnaies d'or d*Anlhémius et d'Ânastase.

(2) Baonarnioti, Vasi ant, divetro^ p. 16S.

(3) V. Joh. TrisUn, Comm, hist, t. II, p. 595. — Le Cqtcd. des méd. de M. d^Eunery, 1788, p. 433, n» 2430, contient cette note : n Le monogramme du Christ, dont la place a été ménagée dans le milieu précis de la partie supérieure de ce mé* dalllon... mérite considération. » Eckhel, publiant six ans plus tard la description des monnaies de la Lydie, se tait sur ce sujet. — Jacques Basnage (1706) s'était fait un argument de cette monnaie de Dèce contre la signification chrétienne du monogramme XP, et Domin. Gigrgi, en lui répondant {De monogr, Christi

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