‹ Œuvres de A. de LongpérierChapitre 113 sur 173 · CYBÈLE ET ATYS · texte numérisé non relu

CYBÈLE ET ATYS

(Extrait du Bulletin at^héologique de /'Athbnaum prançais, ire année, n» 12, décembre 1855, pp. 106-101.)

Le nnonument dont nous reproduisons une image réduilc a successivement appartenu à M. le vicomte Beugnot et à M. Raoul Rochette ; il se trouve aujourd'hui au cabinet des médailles de la Bibliothèque impériale. C'est une plaque hexagone de marbre palombino gravée en creux ou chanlevée de façon que le contour des figures et un certain nombre de détails restent en relief. Ce monument a été décrit par notre savant collaborateur M. J. de Wittc {CataL de la colL (Tant, de M. Beug7ioty 1840, m 292), mais il n'a jamais été figuré. On voit, à gauche, Cybèle assise sur un trône, couronnée de tours et voilée ; un nimbe entoure sa tête et elle tient un tympanum orné d'une rosacé ; à la partie supérieure du trdnc, on remarque Un médaillon qui pourrait représenter la tète da soleil entourée de rayons, et de chaque côté une rangée de /hts. Près de la déesse on voit un lion, et derrière le trône une jeune fille dont la tète est nimbée, agitant des crotales. M. de Witte a proposé de donner à cette jeune fille le nom d'Ia, en s'appuyant sur un passage d'Arnobe {Adv, génies, V, 7 et 16), tout en faisant observer qu'on peut la considérer comme une des prêtresses de la mère des dieux que Lactance nomme Melissœ {Div, hislil,, 1, 22). Au fond de la scène s'élève un pin aux branches duquel sont suspendues des crotales, et deux flûtes.

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A la gaucho de Tarbre, un corybante exécute uue danse armée, dans une attitude semblable à celle des Curetés représentés sur un autel du Musée Capitolin. A droite, un second corybante paraît soutenir Atys, qui, assis sur le rocher Agdus, et tenant une syrinx, semble avoir perdu ses forces après sa mutilation. Comme complément de cette scène, un bélier soutient un mouton, et une étoffe posée sur le premier plan cache, suivant l'ingénieuse opinion de M. de Wilte, les traces de l'émasculation. Ajoutons que le flambeau renversé semble donner un sens négatif à l'autel allumé, si analogue à celui qui se voit, accompagné de la légende DIS CONIVGALIBVS, sur un précieux aureus de Crispina. L'œnochoé et la coupe font peut-éti*e allusion à ce repas mystique auquel, suivant Clément d'Alexandrie [Protrep.^ p. 13), le3 initiés disaient avoir pris part.

Le style de cette composition, assez analogue à celui des grands disques d'argent du cabinet des médailles de Paris et de l'académie do Madrid, annonce une époque très basse, et permet de chercher dans ce monument toutes les complications d'idées qu'enfantait le polythéisme à son déclin. La surface du marbre a été fort usée et donne lieu de supposer que nous aVons là un fragment du carrelage très soigné de quelque sanctuaire de la mère des dieux. Les beaux marbres découpés pai* Beccafumi qui pavent la cathédrale de Sienne nous montrent qu'à certaines époques on n'a pas craint de livrer wm pas de la foule des ouvrages précieusement exécutés.

Découverte dus édifice dédié à Marc-Auréle^

à Ramleh [Egypte).

(Extrait du Bulletin archéologique de /*ATHE.T«tJM français, 2« année, n» 3, mars 1856, p. 24.)

Divers journaux ont parlé de la découverte qui venait d'être faite, à Ramleh en Egypte, d'un édifice dédié à Marc-Aurële. Les fouilles ont été exécutées par l'ordre de S. A. le pacha d'Egypte. Nous venons de recevoir la dédicace de cet édifice copiée par un musulman, Sélim-Éfendi ; elle est ainsi conçue :

IMP.CAESARLM.AVREL.ANTONIN.AVG.ARMEN.MEDIC PARTI . GERMA . SARMAT. MAXIM . TRIB . POTEST. XXX IMP.VIII.COS.III.P. P. TRIB.LEG.II.tr. FORT.

Imperatori Cœsari Marco Aurelio Anionino Augusto armeniacOy medico, parthico, germanico, sarmalico^ maximo, tribunitia potestate XXX^ imperatori VIII y considi III, parenti patrise; tribuni legionis sectmdâP, Trajarue, fortis.

L'édifice de Ramleh, érigé pendant la trentième puissance tribunitienne de Marc-Aurèle, date donc de l'an 929 de Rome, 176 de Jésus-Christ, c'est-à-dire de l'année même où l'empereur visita la Syrie et l'Egypte .

Poids ds bronze trouvé à Ktistendjé,

(Extrait du Bulletin arehéologique de FXtbkumvu français, 2* année,

n» 3, mars 1856, p. 24.)

M. Michel, ingénieur des ponts et chaussées, nous communique un petit monument de plomh découvert par lui à Kustendjé dans la Dobrutscha, lors des travaux exécutés Tété dernier pour la construction de la route qui joint aujourd'hui le Danube à la mer Noire. C'est un poids de forme carrée qui a 43 millimètres de côté, entouré d'un cadre en relief protégeant les inscriptions imprimées sur les deux faces. On y lit :

Le TPIOTNKI[0]N ITAAIKON est un poids de trois onces fabriqué suivant le système italique dans quelque localité de la Mœsie inférieure, à Tomi peut-être, ou à Callatia, car il a été trouvé avec des monnaies de bronze de ces villes ; il pèse 70ff',13, ce qui fournirait une livre de 312^'',52. Le musée du Louvre possédait déjà un poids de plomb portant les mêmes

POIDS DB BROKZE TROUVE A KUSTE.NDiÉ. 3t>3

inscripUons, dont l'une est disposée d'une manière un peu différente ITA-AI-KON, et pesant 75«%43. Ce poids, qui est peut-èlre un peu plus ancien (l'A n'a pas la barre brisée), présente des traces de dégradations et sa provenance est inconnue. Le P. Secchi a publié à Rome, en 1835, un poids de deux livres portant AIAEITPON ITAAIKON et fabriqué sous le rfegne d'Alexandre Sévère, ainsi que le prouve l'inscription TnATETONTOC . T . h . KAATIOT . CEOTHPOY. La forme Tpiojvw* pour tptsjwiav annonce aussi une époque assez basse.

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