PL. IX
Non enim lam auctoritati» in dUputanào, çuam rationis momenta quwrenda $unt.
Nous avons accueilli avec empressement le mémoire de M. Deville (1). Sa forme remarquable, la clarté du style, l'intérêt du sujet mis en question, ne sont pas les seuls mérites qui aient déterminé les éditeurs de la Itevue à le publier. M. Deville leur paratt avoir démontré, et c*est un point important et curieux, que les monnaies sur lesquelles on lit le nom de Trajanus pater ont été fabriquées par ordre d'Adrien.
Hais notre savant collaborateur s'attache encore à prouver que le portrait attribué à Trajan père est celui de Trajan fils, et en cela nous ne saurions partager son opinion. Nous ferons donc connaître sur quoi se fonde notre dissentiment partiel, afin de mettre les antiquaires à même de décider.
M. Deville, pour prouver que Trajan père n'a pas été mis au rang des Dieux, et que, par conséquent, Teffigic accompagnée de la légende DIVVS PATER TRAIANVS ne pourrait lui appartenir, cite un passage du panégyrique prononcé par Pline le Jeune devant le sénat.
Ce document aurait dans la discussion une très grande
(1) Dissertation sur les médailles attribuées au père de f empereur Trajan (Hev. num.f t. IX u. s. 1859, pp. 12M36.)
434 OBSERVATIOxNS SUR LES MONNAIES
valeur s'il était postérieur à la mort de l'empereur Trajan, ou du moins postérieur au sixième et dernier consulat de ce prince, dont l'indication se trouve sur les aureus frappés à l'effigie de Trajan père. Mais il n'en est pas ainsi : le panégyrique a été prononcé en Tan 100 de Jésus-Christ, dans la troisième année du règne de Trajan ; le sixième consulat est de Tan H2 ; Trajan n'est mort qu'en H7. On voit donc qu'il sesl écoulé dix-sept années entre la rédaction du panégyrique et l'avènement d*Adrien ; dix-sept années dont le temps n a pas respecté l'histoire. Quelques pages tirées par Xiphilin de Dion Cassius, quelques phrases d'Aurelius Victor, de Spartien, d'Eutropc et de Halala, c'est à peu près tout ce qui nous permettrait d'apprécier les actes du sage et vaillant successeur de Nerva, si nous n'utilisions les monuments numismatiques et épigraphiqucs. L'histoire se tait parce que les textes ont été perdus, mais son silence n'est pas une négation. Ainsi, par exemple, entre l'an i06 et l'an 112 on ne sait pas même si Trajan était en Orient ou en Occident ; quel parti peut-on tirer d'une histoire ainsi mutilée?
En l'an 100, Trajan père était déjà, suivant Pline, bien près de l'apothéose : « Tu pater Trajane,... si non sidéra, proximam tamen sideribus obtines sedem. »
Qui pourrait affirmer que pendant les dix-sept années suivantes, le sénat, voulant donner à l'empereur un témoignage de son admiration pour ses actions glorieuses, n'a pas fait franchir à Trajan père l'étroit espace qui le séparait des honneurs divins ?
On ne révoque pas en doute la consécration de Plotine et cependant c'est un fait que l'histoire écrite ne rapporte pas. On ne sait même pas à quelle époque est morte cette impératrice. Elle a survécu à Trajan ; mais pendant combien de temps ? Les textes ne nous le disent point.
Pline, dans son panégyrique, parle aussi de Plotine et de Marciane. « Obtulerat illis, dit-il^ Senatus cognomen Augustarum, quod ccrtatim deprccatœ sunt, quam diu appellationem patris palriœ tu récusasses : seu quod plus esse in eo judica-