DU NOUVEAU MONDE
(Extrait du Bulletin de la Société des Antiquaires de France
pour 18o9, pp. 83-85.)
M. de Longpéricr met sous les yeux des membres de la Société une situla ou vase de bronze anlique muni d'une anse, appartenant au musée du Louvre. Ce vase, de grandes dimensions, est en forme de buste humain, ainsi que cela est fréquent pour cette sorte d'ustensiles ; mais ce qui le distingue d une manière tout particulière, c'est le .type de la tète qui semble n'appartenir à aucune des races connues de l'ancien monde. La forme du cr&ne, celle du nez et de la bouche, la place qu'occupent les oreilles, tout rappelle la race rouge du nouveau monde. M. de Longpérîer soumet ce problème à la Société ; il demande si l'on n'admettrait pas avec lui la possibilité de la présence en Italie, où celte situla a été fabriquée, de quelque Guanche, de quelque habitant des lies de l'océan Atlantique amené par le commerce des esclaves, et reproduit par un artiste frappé de la nouveauté d'un pareil type.
(M. Egger indique, à l'appui de cette opinion, un fait curieux mentionné par Cornélius Nepos, dans un ouvrage qui n'est pas parvenu jusqu'à nous, mais qui est cité par Pomponius Mêla (1) et par Pline (2). Le passage de Pomponius Mêla est ainsi conçu : « Sed prœter physicos Homerumque, qui universum orbem mari cîrcumfusum esse dixerunt, Cornélius
(1) De situ orôis, lib. HI, cap. v, § 80.
(2) Hist. naf,, lib. U, cop. 67.