‹ Œuvres de A. de LongpérierChapitre 165 sur 173 · SOI S · texte numérisé non relu

SOI S

(1) Malgré cette double publication d'une monnaie appartenant à la Biblio-

Il n'y a donc aucune raison pour supposer que César ait altéré le nom du chef des Ëburons qui aurait été Ambilliorix^ ainsi qu'on la plusieurs fois donné à entendre.

Si nous connaissions bien exactement la valeur, le sens, le mode de formation des noms gaulois, nous pourrions décider si Ambilliorix et Ambilorix (car il faudrait admettre ces deux variantes) peuvent être des équivalents ôiAmbiorix, Nous saurions si ces deux noms sont possibles ou s'ils répugnent à la langue de nos ancêtres. Quand il s'agit de noms grecs, par exemple, la grammaire indique ce qu'on peut lire et comparer. Mais en fait dé noms gaulois, notre science est fort restreinte ; il nous faut avancer avec les plus grandes précautions sur le terrain des faits, et n'admettre que ce qui est évident pour les yeux. On peut cependant remarquer que le mot armoricain ambil (sign. qui est le premier, qui est à la tète) paraît entrer dans les noms Ambiliius et Ambilo, tandis qu'Âmbiorix, qui a bien certainement existé, ainsi que le prouve rinscription de Voutenay , peut être formé à l'aide de la particule privative am. Ce n'est là qu'une hypothèse ; mais elle sert à prémunir contre des rapprochements que la philologie peut un jour désavouer.

Au reste, ces considérations n'affaiblissent en rien les ingénieux arguments sur lesquels mon savant ami, M. de Saulcy, fonde la classification des monnaies de la langue éduenne.

Quant au nom inscrit au revers de la monnaie d'ai'gent des Petrucorii, j'avoue qu'après un examen attentif de la pièce qui le porte, je demeure dans une grande incertitude au sujet de ce qui précède le premier C. Je serais assez disposé à croire que ce nom appartient à la famille que j'établis ici :

Excincomants (inscription de Nîmes) ; Excingius (inscription de Briançon) ;

thèque impériale de Paris, M. le marqais de Lagoy imprimait encore en 1856: • Les légendes TÂMBIL et AMBILO, il est bon d*en faire ici robBenraUon, n'existent pas au Cabinet impérial ; ce sont, à ce qu*il parait, de fausses leçona de Pellerin. » Suppl. à r Essai de monogr, d'une série de méd, gauL im. des dem^ constii,, p. 6.

SUR LES NOMS VOLUiNTILLIUS ET AMBILLIUS. MB

Excingiilius (inscription de Nimcs) ;

Excingitla (inscriptions de Narbonnc ei de Nîmes] ;

Excinsus (inscription de Chaloa-sur-Saônc).

Mais qu'on lise Exinconepus ou Aclncovcpus, on doit toujours rapprocher la dcroiëre partie de ce nom de la terminaison qui distingue le Troucolcivepus que nous montre une inscription de Ladecy près Genève.

(Eilrail da tome VI [Dourelle série] de la Reum 1361. pp. 353 356.)

Notre savant confrère M. de Saulcy a bien voulu me charger de présenter à l'Académie des inscriptions et belles- lettres (séance du 19 avril), un monument extrêmement intéressant qui venait d'élre découvert à Alise-Sainte-Reine (Cdle-d'Or), au point le plus élevé du mont Auxois, appelé la Porte : c'est une pièce de plomb trouvée dans les fouilles faites par M. Philibert, Beaunc, maire de Vesvre, antiquaire dont le zèle n'a d'égal que cette vive intelligence qu'il consacre depuis si longtemps à l'avancement de notre archéologie nationale. La pièce que j'ai eu l'honneur de mettre sous les yeux de mes confrères est un plomb de moyen module auquel le temps a donné une inimitable patine cornée, garantie d'authenticité, et de conservation pour l'avenir. Elle présente, d'un cdté, Mercure aptère, nu, debout, tourné & gauche, placé sous un édicule à deux colonnes, portant sur te bras gauche un caducée, tenant une bourse de la main droite, accompagné d'un coq, et au revers un rameau entouré de la légende circulaire AUSIRNS {AUsiensium).

Les caraclëres de ta légende se rapportent à une époque avancée du haut empire. La médaille forme donc une aorte de chaînon qui relie la belle inscription de Martial, fîls de Dannotal, en langue gauloise,

MARTIALIS.DANNOTALI lEVRV.VGVETE.SOSiN

CELICNON ETIC

GOBEDBI.DVGiloNTilo

VGVETIN

IN ALISilA (f)

aux tiers do sou mérovingiens sur lesquels on lit ALISIA.

Elle montre l'importance de ta cité mandubienne plusieurs . siècles aprfes Jutes-César; elte appelle aussi notre attention sur le monnayage des Gaules entre le règne du premier Claude et celui de Postume. L'apparition de ce monument numismatique d'une nature si nouvelle m'a tout naturellement porté & rechercher s'il n'existait pas d'autres plombs qui pussent être rangés dans ta série récemment ouverte, et je me suis rappelé que Ficoroni, dans l'ouvrage intitulé I piombi antichi (Rome, 1740, part. 2, pi. 6, n'^6 et 10], a publié doux pièces au type do Mercure dont il n'a donné aucune explication.

Sur l'une de ces pièces on remarque les caractères ALS, maires lectionis, du nom des Alisïcns (2), sur l'autre un A

(1) Voy. Rosslf^ol, Étude sw une campagne de Jule$ Cétar, ISj6, p. 113, et p. III, une autre ioscrlplloti. gauloise ; DOmOS.SECOMARI.IEVRV.ALISANV. 11 ne faut paa confondre le double I d'ALISilA avec l'E à deux jambages. J'ai dijfi Tait une remarque au sujet de ce double il, Retue num., 1856, p. 19. noie. — P. 398 du prisent volume.

(2) C'est, ainsi que sur les monnaies impAriaies le nom de Londinium est indiqué par LN, et celui de Lugdunum par LG, Arelalum par ARL, Mediotanom par MD, Ravenna par RV, Carlbago par KRTG, Sicilia par SCL.

seul ; on voit en outre que leur module est différent et plus petit que celui du plomb recueilli à Alise-Sainte-Reine. Les trois pièces pourraient donc former une série dans laquelle, comme sur les monnaies- de beaucoup de villes grecques, le degré d'abréviation de la légende se rapporte aux divisions, au poids des flans métalliques.

Si nous n'étions pas en possession d'une pièce à légende aussi explicite, je n'oserais pas chercher une origine gauloise pour les plombs de Ficoroni, car outre la ville d'Alsinm en Étrurie, il existait un certain nombre de noms d'hommes commençant par ALS. C'est ainsi qu'une inscription de Milan nous donne le nom de Quintus Aisutius (1), que nous trouvons une Alsia Postuma (2) dans une inscription de Frioul, et qu'une ihonnaîe de Césaraugusta porte le nom du duumvir Caius Alsanus (3). Je ne parle pas de YAlsan des médaillons contorniates, parce que notre collaborateur M. Sabatier a corrigé la lecture des anciens auteurs et montré que le nom est écrit BALSAN (4).

Mais si un très grand nombre de plombs antiques portent des noms d*hommes plus ou moins abrégés, quelquefois complets, il en est d'autres sur lesquels on lit ROM.,CVM., VEST-, HIM., CORINT., ATH., LVC, NAR., CARNV., et qui peuvent être attribués à des villes ou à des peuples. C'est une question à examiner, à discuter, et qu'une découverte inattendue comme celle du plomb d'Alise pourrait tout à coup éclaircir. L'éveil donné, les antiquaires chercheront sans doute dans les médailliers qu'ils ont à leur disposition des plombs à légendes géographiques.

J'ai donné le nom de monnaie à celui que M. Beaune vient de nous procurer si heureusement. Ceci repose sur l'étude d'autres plombs découverts dans le Sérapéum de Memphis et que je ferai bientôt connaître. On pensera sans doute aussi

(1) Gruler, COCU, 7.

(2) Gruler, DLI, 3 ; MXXXH, 3. — Miiralori, DCOCXXXH, 3.

(3) Florez, Medallas de Espaha, i, I, p. 208, et tabi. VL n« 8.

(4) Detcripiion générnle des méd, contorniates^ p. 45.

que si les trois pièces au t^'pe de Mercure debout sur lesquelles on voit ALISIENS, ALS et A forment une seule série présentant des poids et des modules diiïérents, ou n'aurait pas lieu de les considérer comme des lessères, puisque l'emploi, la valeur représentative de ces dernières était indiqué par des marques numérales, par divers signes, et non paries dimensions du métal.

ORGITIRIX, FILS DATEPILLUS

(Elirait du tome VI (nouvelle série) de la Revue numismatique,

1861, pp. 326-327.)

L'année dernière, à propos de la précieuse monnaie gauloise qui a pour légende ORCITIRIX ATPILI IS je faisais observer que récriture phénicienne, dont tous les peuples de TEurope font encore usage aujourd'hui, avait, à Torigine, conservé chez les Grecs, les Latins, les Gaulois, les Ibériens, la faculté d'exprimer certaines voyelles et les consonnes redoublées sans qu'elles fussent tracées. J'ai donc cru pouvoir écrire AtepiUus et non pas Atpilus; le caractère employé pour former la légende indiquant une époque très ancienne pour laquelle le vieux mode d'orthographe parait tout à fait naturel. Il y a quelques semaines, en passant à Nîmes, j'ai remarqué parmi les inscriptions accumulées devant l'antique édifice connu sous le nom de Temple de Diane, un texte malheureusement mutilé, dont voici la copie :

G. ASVIO. ATEPILLAE.G.AS....

MESSIO . ATESSATIS . FIL . PA....

ASVIA. ASVI.FIL.SIBI ET....

EX TESTAMEI...,

Ce n'est pas dans la Remie numismatique que cette inscrip-

ORGITiniX, FILS D'ATEPILLUS. Ma

lion doit être commealée ; mais je la rapporte cependant ici comme un documeot très utile à l'appui de la lecture d'un nom tracé sur une monnaie gauloise. L'inscription est postérieure k la monnaie, et nous montre comment le nom du père d'Orgitiris doit être prononcé.

MONNAIES DES SALASSES

(Extrait da tome VI (uouvellc s^'ric) de la Revue numismatiifue,

1S6I, pp. 333-347.)

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