DE PTOLÉMÉE SOTER
à celte époque, je crois, que fut frappé le statère que j'ai décrit plus haut, et sur lequel Ptolémée ne prend pas encore le titre de roi.
En admettant que Ton continua pendant quelque temps à fabriquer de la monnaie d'or avec Fancien type d'Alexandre et le poids attique, cette émission ne dura pas plus de six mois, et voici comment j'établis cette opinion.
Il existe dans le médaillier de la Bibliothèque Royale deux exemplaires variés d'un très rare statère d'or qui porte la tète de Ptolémée P', et dont le revers a été inexactement décrit par Eckhel (1) et Mionnet (2). Le premier de ces auteurs y voit, dans un char traîné par quatre éléphants, un Jupiter armé de la foudre et portant un bouclier {Jupiter dextrâ fulmen^ sinistrâ clipeum in quadrigis elephantofmm). Le second, tout en substituant un pallium au bouclier, n'en maintient pas moins le nom de Jupiter pour le personnage debout placé dans le char.
Eckhel avoue qu'il n'a pu trouver la raison pour laquelle les quatre éléphants ont été attelés à ce char, puisque d'ordinaire ces animaux ne sont pas mis en rapport avec Jupiter. Il est vrai que ce fait n'eût pas été plus insolite que Taddition d'un bouclier à une figure de ce dieu, circonstance que le numismatiste viennois laisse passer sans aucune réflexion.
Heureusement Athénée, en nous racontant les honneurs funèbres rendus au corps d'Alexandre le Grand, lorsque Ptolémée-Soter le reçut à Alexandrie, nous a conservé un passage de Callixènes de Rhodes, qui explique le type de nos statères.
A la fin du cortège, dit-il, figurait une statue d'or d'Alexandre, placée dans un char tiré par des éléphants : t.a\
'AXsÇovSpdu, tç e^' Sip[k7txz^ sXs^ovtwv aXr,ôivc5v k^ipt'io y^'jzù^t (3).
Si l'on examine attentivement la figure placée debout dans
(1) Doci. Num, Vét,, t. IV, p. 6.
(2) Description des Méd, anl.i t. VI, p. 2, no» 14 et 15.
(3) CallU. Hhod. apud Athen.^ lib. V.