DANS LA PROVINCE D'ORAN
désert un monument qui semble établir quelque analogie entre les usages des peuples de la Gaule et ceux des habitants de TAfrique septentrionale avant l'occupation romaine.
M. de Montgravier, en remontant la vallée de la Mina, au delà de Kennouda, arriva à Ben tnçara, lieu marqué sur la carte comme étant le point de rencontre de deux affluents principaux de la Mina dans ces régions élevées, savoir: FOued Tisnouna à l'ouest, et l'Oued el Djad à l'est. Bentnçara, en arabe, signifie la fille des chrétiens ; on y remarque de nombreuses ruines. L'acropole n'est autre chose qu'un de ces camps construits par les légions, dans tous les lieux soumis au pouvoir des Romains, depuis l'extrémité de la Grande-Bretagne jusqu'au pied de l'Atlas; le temps n'a pu faire complètement disparaître la trace des remparts, des tours, des portes et du prétoire, puissantes constructions de pierre de taille, réunies entre elles par des crampons de fer et un excellent ciment.
Autour du camp, une immense quantité de débris de poteries et des matériaux de tout genre, confusément épars sur le sol, révèlent une cité romaine barbare et deux races différentes, dont les générations ont. pendant plusieurs siècles confondu leurs cendres. Les fouilles exécutées sur ce point n'ont laissé aucun doute à cet égard ; elles ont fait découvrir autant de monnaies mauritaniennes de plomb à la figure de Jupiter Ammon (1) que de médailles romaines; et même quelques inscriptions tumulaires portant des noms barbares précédés de prénoms romains.
A Bentnçara, comme à Kennouda, la nécropole couvre un espace de terrain considérable; elle s'étend le long de l'Oued Tisnouna jusqu'auprès du Djebel el Akhdhar, au sommet duquel on aperçoit les tumulus que nous allons décrire, et qui, se dressant sur les trois principaux pitons de cette montagne, paraissent de loin une énorme masse de rochers.
(1) Noas avons conservé les propres expressions de M. de Montgravier, quoique nous ne sachions pas de quelle espèce de monnaies il a entendu parler. En général, les pièces de plomb antiques qui nous sont parvenues ne sont pas des monnaies proprement dites, mais des tessères.