CASSIA
TOVTA SEGVSIAV V.S.L.M.
nous met en droit de tenter une lecture plus complète de la médaille.
. Quoique en général il soit peu conforme aux lois de la critique de proposer deux interprétations pour une même légende, puisque évidemment cette légende n'a pu avoir qu'un seul sens, je dois cependant avouer que je ne sais comment opter entre les deux explications que voici.
Dans le premier cas, on pourrait lire SEGVSIAVS pour SegiistavuSy de mémo que Ton a vu plus haut dans l'inscription des deux vétérans VIVS pour vivus, et alors le buste casqué serait celui du héros local éponyme, peut-être du y.v.yrfi; de la capitale des Ségusiaves. La sévère gravité du visage permet d'attribuer cette figure à un jeune homme aux traits idéalisés, aussi bien qu'à Minerve.
Dans le second cas, il faudrait, tout en conservant de l'idée émise par M. Duchalais ce qu'elle a d'essentiel, allonger d'une
(1) Voyez la Description des médailles gauloises de la Bibliothèque royale, p. 130, no 378.
syllabe le surnom de Minerve, qui deviendrait SEGVSIAVâ', et considérer la lettre S comme une initiale de Tépilhëte Salutaris.
La notice que j'ai déjà mentionnée rappelle que, dans la Table de Peulinger, on trouve la station de Feurs désignée par les mots (oxo Bcguetaoaru, que Ton a transcrit Fompn Segustavarum^ tandis que nous pouvons être certains actuellement que l'original primitif portait Forum Segusiavorum.
J'ai donc proposé de corriger non seulement la leçon anciennement adoptée par les éditeurs de là Table théodosiennc, mais de substituer Segnsiavtis à Segusianus toutes les fois qu'il sera question du peuple gaulois qui appartient à la Lyonnaise, et non pas du peuple de la Gaule Cisalpine, dont la capitale Segusîo se nomme aujourd'hui Suse.
Le nom de Maglius me rappelle celui d'un autre Gaulois, que j ai copié sur une stèle encore inédite, découverte Tannée dernière à Entrain (In ter amfies), station romaine du Nivernais. Au-dessous d'un buste de face, sculpté dans un renfoncement circulaire, on lit :
CAGLIONVS CAHANI FILI V S
La disposition des caractères pourrait donner lieu de croire à une sorte de jeu épîgraphique, à l'aide duquel le^ deux dernières lettres, tout en complétant le moi films, représenteraient encore l'idée d'un voium solntum.
Cette foinrne un peu barbare de Maglius et de Caglionus semblera peut-être gauloise au premier abord. Mais on conviendra cependant que si, dans notre pays, on avait eu la coutume d'employer le GL à la place du double L, il devrait en subsister quelques traces dans les noms de lieux, ainsi que cela s'observe en Italie, où tant de Castellum sont devenus des Castù glion€y où Senogallia s'est changé en Sinigaglia^ etc., etc. (1).
(i) Je ne cite ici que des noms de lieux; les noms d'hommes et les mots de