DE MÉDAILLES ATTRIBUÉES A RHODAMSIA
savant collaborateur^ M. le marquis de Lagoy, une hémidrachme portant à la fois les syllabes MA et SA (p. 23, 2), toujours avec le type de la rose, il devient impossible de méconnaître une émission de médailles au type rhodien, fabriquées soit par les gens de Xanthus, soit par les Massicytes, soit par ces deux peuples en société ; alliance dont les monnaies de Cragus nous ont fourni un exemple appartenant à la même contrée, et dans laquelle une des deux villes, Xanthus, figure déjà.
Quant à la monnaie muette attribuée également à Rhodanusia (1), non plus à cause de sa légende, mais en raison probablement de l'aigle qui passe devant la joue droite du Soleil (p. 23, 3), je la rends à Rhodes, où ce type de Taigle est déjà connu (2), aussi bien que les médailles sans les initiales de la ville (3).
J'ai dit que la monnaie d*argent attribuée depuis longtemps aux Massicytes appartenait à un système commun à toute la Lycie. En effet, nous connaissons une série d'hémidrachmes portant au droit la tête d'Apollon, et présentant au revers, dans un carré creux, peu profond et parfaitement régulier, une lyre accompagnée de notes, qui varient suivant la ville. C'est KPAF, et plus souvent KP, pour Cragus ; OATM ou OA pour Olympus, TA pour Tlos, MAS ou MA pour les Massicytes , PO pour Rhodia, KY pour Cyane, MV pour Myra, IIA pour Patara, AI pour Limyra.
Comment concevoir, pourra-t-on dire, que les Lyciens, qui étaient en possession dun système monétaire si bien établi et si uniforme, y aient renoncé pour imiter la monnaie rhodienne?
La réponse est simple, et Fhistoire est là pour en fournir les éléments.
Polybe nous apprend que la Lycie, après la défaite d'Antiochus magnusj en Tannée 189 avant J.-C, fut donnée aux Rho-
(1) Mionnet, t. I, p. 78, n<» 195.
(2) /ôid., t. VI, Suppl., n« 162.
(3) Ibid., t. ni, no 214.
26 RESTITUTION A LA LYCïE
diens : xX^v Auxtaç xal Ko^pixç 'za jx^xp». tôO MaCxvSpôu xôTajAoIi, TaSra 8è Po5Cu)v ûwapxew (1). Les Lyciens ne voulaient pas se considérer comme soumis aux Rhodiens, mais seulement comme leurs alliés. EiprjrzM Auxtot §eSô[JLév&c PoStoiç, oux sv Bcopea, tô Sa ^cXeTôv «oç <p(Xoi xat ffiîfxfxoxcîî (2). Les gens de Xanthus envoyèrent une ambassade à Rome, pour se plaindre, et parvinrent à touther le sénat : oî yip Sovôcot, xa6' ov xaipov ï\uk\o^ elç tov icoXeji^v l[jL6a{vetv i^iT:t\L^xi xpear6£UTi; erç te Trjv *Ayd(x^ xal tîîv Pwjxiqv, tobç wepl NixércpaTOV, oî tote i:ixpoi,yvrrfiir:eq eîç tJjv P(i|jLYjv, wôXXouç tlç IXecv èÇexaXéo'avTO twv èv tô auve8p((i>, iiOévreç Oxo tïjv Stpiv ti^v t6 Pc8(<i)v papuTïjTa xal -rijv auTôv xspCo-Toaiv (3). Les Romains intervinrent, envoyèrent des députés pour examiner la réalité des griefs exposés par les gens de Xanthus, et, après une guerre dans laquelle Ptolémée-Épiphane soutint les peuples du continent, tandis qu'Eumène secourait les Rhodiens, le sénat, par un décret rendu en Tan 146 avant J.-C, affi;anchit la Carie et la Lycie du joug des insulaires : xori 5à tov «utov xatpov ij juyxXKjToç èÇéÔaXe i6y\Lx^ S(oTt îeï Kapaç xal Auxfouç eXeuOépouç eTvat Tcdcvraç, Saouç wpojivetixe Poiioiç [Lttx tov 'Avtio^ixov xôX6|i.ov (4).
On a vu que ceux de Xanthus étaient à la tête du mouvement qui tendait à chasser les Rhodiens du continent. Il est très probable que c'est à cette époque qu'ils s'allièrent avec les habitants de Cragus, comme ils l'avaient fait avec les Massicytes pour frapper des monnaies au type de Rhodes, lorsqu'ils voulaient être les amis et les compagnons des Rhodiens, ç{Xo'. xai 7Ù\k\Lx/fiu
On connaît de même, de Nisjnros, île qui appartenait aux Rhodiens, mais dont les monnaies ont pour type constant un dauphin, un petit bronze que M. Millingen a publié (5), et qui porte une rose accostée des caractères NI. Le même auteur a restitué à Tile de Mégiste, dépendante de Rhodes, les hémi-
(1) Polyb., XXII, 7, 7. Mexà 8è TaOxa Pofifoiç èxptittaTKTov, 6iô6vTeç Aux(av xa\ KoLpioLç xa \kixpi MaiavSpou noTajJioOy tcXtjv TeX{uvoO. Id,, 27, 8.
(2) Ibid., XXVI, 7, 5.
(3) Ibid,, XXVI, 7, 3, 4.
(4) /ôirf., XXX, 5, 12.
^3^ Sylloge of ancient unedited roim, p. 75, pi. ii, n« îîO.