‹ Œuvres de A. de LongpérierChapitre 80 sur 173 · SLR LES ARMES DES GLADIATEURS · texte numérisé non relu

SLR LES ARMES DES GLADIATEURS

été retrouvé (1). On sait que les armures de tournois dont on faisait usage pendant le moyen âge sontbeaucoupplus lourdes et plus massives que celles que Ton portait à la guerre. On comprend que, moins la cause du combat est sérieuse, plus les champions cherchent à protéger leur corps. Nous nous refusons complètement à voir des armures de guerre dans les panoplies trouvées à Pompéi. Les masques de théâtre qui décorent plusieurs de leurs pièces suffiraient à étayer notre opinion; mais nous pouvons ajouter qu'aucun monument antique ne représente des guerriers revêtus de semblables armures, tandis que nous les voyons employées par des gladiateurs. La targe ornée d'un dauphin (voy. pi. IV, n® 3) que nous donnons ici, porte les symboles de Neptune, comme une autre porte des figures relatives à Hercule ; c'est une targe semblable qui couvre Tépaule d un mirmillo représenté dans une mosaïque trouvée en Angleterre (2), figure que Letronne a parfaitement expliquée. Que ce soit au culte de Neptune ou à toute autre cause qu'il faille attribuer la présence du dauphin sur les armes des gladiateurs, toujours est-il que nous trouvons sur le beau casque de Pompéi que nous reproduisons ici (voy. pi. IV, n" 2), ce poisson qui donnait lieu au rétiaire de chanter en poursuivant le mirmillo : Noîi te peto, piscem peto; quid me fugis Galle (3) ? Le cimier du casque est terminé par une lête de griffon avec des caroncules sous le cou, tète qui ressemble tellement à celle d'un coq, qu'elle devait naturellement fournir un excellent prétexte au jeu de mots qui avait, en réalité, pour but d'injurier la nation gauloise. Nous nous étonnons que ces détails n'aient pas éveillé l'attention des savants napolitains qui ont publié pour la première fois ces magnifiques armes. Ni M. Luigi Caterino, qui a décrit avec le plus grand soin le beau casque gravé dans le troisième volume du Museo Borbonico (4), ni M. Bernard Quaranta, qui

(1) Xiphil , Vit. CaracalL-^ Cf. Winckolmann, Monum. inéd.y n« 199.

(2) Revue ai'chéoL, 1848, p. 563.

(3) Festusy voc. retiario,

(4) 1827, t. m, pi. 60.

27i NOTE SUR LES ARMES DES GLADIATEURS.

examine dans le même recueil deux targes d'épaule (i), un casque et une paire de cnémides (2), ne paraissent avoir pensé au rapprochement décisif que nous proposons à rattention des archéologues.

(1) Museo Borbonico, 1828, l. IV, pL 29.

(2) Ibid., 1831, L VIL pL 14.

SUR

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