‹ Œuvres de A. de LongpérierChapitre 90 sur 173 · AU MUSÉE DU LOUVRE · texte numérisé non relu

AU MUSÉE DU LOUVRE

OÙ il élail enfoui, est du vii<^ ou du \nf siècle avant notre ère, tout en représentant des sujets égyptiens, est de travail évidemment asiatique ; d'ailleurs on y observe encore un petit globe placé dans un croissant, symbole dont j'ai pu constater la présence sur beaucoup de monuments phéniciens, à commencer par le sceau d'Abibaal, roi de Tyr.

Les artistes phéniciens, comme les assyriens, ont emprunté à rÉgypte des formes, des détails d'ornementation; mais leur école, leur style conservent une entière indépendance. Leur main-d*œuvre a ses caractères propres, à tel point qu'on en peut reconnaître l'empreinte aussi facilement qu'on distingue des véritables sculptures égyptiennes les maladroites imitations faites à Rome sous l'empereur Adrien.

De même que l'obélisque de Némrôd, malgré sa forme d'origine égyptienne, n'en est pas moins une œuvre d'art purement assyrien, le sarcophage de Beirouth, avec ses contoui-s saitiques, est un excellent échantillon de la sculpture de la Phénicie. qui se rapproche considérablement de celle des Assyriens. Si l'on compare le masque du cercueil avec celui des figures colossales qui décoraient les portails de Khorsabady on admettra sans peine cette liaison, qui s'explique si naturellement par la situation géographique des peuples.

J'ai fait remarquer plus haut la ressemblance frappante qui existe entre la tète sculptée sur le monument de Beirouth et celle des plus anciennes figures grecques, ressemblance que l'on pourra encore suivre jusque dans le visage de la célèbre Pallas de Yellelri, cette statue admirable qui unit à la perfection des meilleurs temps de l'école grecque le charme mystérieux inhérent aux productions des époques primitives.

Ceci se comprend aisément. Les relations des Égyptiens avec les Sémites n'ont pas eu d'influence sur le style de ces derniers, parce que ceux-ci avaient une école à eux et un style qui leur était propre. Mais lorsque les Grecs entrèrent en rapports avec les Assyriens et les Phéniciens, leurs voisins dans l'Asie Mineure et dans les îles de la Méditerranée, les Pélasges, les Hellènes avaient tout à apprendre en fait de

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