BAS-RELIEF GREC DU LOUVRE
(Extrait du Bulletin archéologique de rÂTHBNiBUX français, i^^ année, n® 1, janvier 1855, pp. 6-7.)
Parmi les marbres rapportés d'Athènes et donnés au Musée par M. le vice-amiral Massieu de Clerval, on remarque un fragment de bas-relief, de bon style, soigneusement préservé de toute restauration, et qui sollicite l'attention par la singularité du sujet qu'il représente.
On y voit un cavalier, enveloppé dans une chlamyde et portant une causia sur Tépaule; il est suivi par un personnage imbetbe coiffé d'un casque ou d'un itîX^ç, vêtu d'une courte tunique, et à demi entouré par les plis d*une chlamyde dont les extrémités volent en arrière. Ce dernier, dans sa course rapide, suit le cheval dont il a saisi la queue de la main droite, tandis que de la gauche, tendue en avant, il semble se retenir à quelque objet que le corps de Tanimal cache complètement.
La tète du cavalier et toute la partie antérieure du cheval manquent entièrement ainsi que la partie droite du bas-relief, dont cependant on devine assez exactement les dimensions primitives, en tenant compte des proportions relatives de hauteur et de largeur qui distinguent les bas-reliefs qui sont, comme celui-ci, encadrés par deux pilastres d'ordre dorique soutenant une architrave.
Cette composition rappelle à l'esprit ce passage d'Appien qui, curieux en lui-même, acquiert un nouvel intérêt par suite de la découverte de notre bas-relief.
(( On dit que Lysimaque, alors qu'il était un des gardes d'Alexandre, stiivani à la course le roi [qui était à cheval], étant très fatigué, se saisit de la queue du cheval que le roi montait et continuait de courir : AuTipLax^v H icuvOiy^iJLst,
xal xajjiérca, xf^q oùpSç tsO ^aatXécoç Ticicdu Xa6i[Aevdv, Irt Tuvrpéxecv.
L'extrémité de la lance du roi, ajoute Appien, firappa une veine du front de Lysimaque et le sang s'échappa de la hlessure avec force. Alexandre alors, n'ayant pas d'autre appareil (lien) banda la blessure avec son diadème royal, qui fut ensanglanté. Aristandros, devin d'Alexandre, lorsqu'on emportait . Lysimaque blessé, prédit qu'il régnerait, mais laborieusement : BaatXeùa£t jjiiv ojtcç b àvv}p, 027iX£U7et S' èmirovciiç (1). »
{{) De rébus Syriac, LXIV.