CHAPITRE PREMIER
Giizman , arrivé ;i Gènes , prend la résolution d'aller se présenter devant ses parents. De quelle manière ils le reçoivent.
Aussitôt que j eus quitté mon capitaine, ou , pour mieux dife , quand je vis qu'il m'abandonnoit , je ne songeai qu à me consoler de ce malheur. Rien n'étoit plus propre à me le faire oublier , que de penser qu'enfin j'étois à Gênes , après avoir si long-temps souhait» de m'y voir. J'allai d'abord faire un tour dans la ville, oii je demandai des nouvelles de mes parents. J'appris ([u ils étoient hauts et puissants seigneurs , et des plus riches de la république. Gela me causa bien de la joie, et me fit juger que je recevrois d'eux de grands secours . lorsqu'ils sauroient que j'étois un extrait de leur noble famille.
En attendant que je fusse en état de les aller saluer chez eux , je jugeai à propos de chercher une petite hôtellerie où je pusse vivre à peu de frais. Ma pistole ne pouvoit me mener loin. Encore fallut-il en employer une partie en souliers , dont j'avois un extrême besoin. Mon habit étoit déjà bien usé , aussi bien que mes bas et mon chapeau. Tout mon équipage commençoit à menacer ruine. Tant mieux, disois-je; mes parents iw