CHAPITRE PREMIER
De l'entreprise hardie que formèrent Guzman et Sayavedra dans la ville de Milan.
Nous employâmes les trois premiers jours à nouspromener dans les rues , en parcourant des yeux les différentes marchandises dont les boutiques étoient parées , sans songer encore à mettre en œuvre notre génie aventurier : c'étoit autant de bon temps pour les bourgeois de la ville.
Comme nous traversions la place un matin , il vint un jeune homme assez bien vêtu aborder Sayavedra, qui marchoit derrière moi. Jallois toujours devant , et j'avois déjà fait plus de cent pas lorsque je m'en aperçus. Je considérai fort attentivement ce jeune drôle avec qui mon confident s'étoit arrêté , et je lui trouvai un air égrillard qui me donna fort à penser. Ho , ho ! dis-je en moi-même, qui peut être ce garçon-là.^ et que peuvent-ils avoir tous deux à démêler ensemble ? C'est ce qu'il m'importe de savoir. Mais comment puis-je en être instruit? Si j'appelle Sayavedra pour lui demander de quoi ils s'entretiennent, il ne manquera pas de composer une fable , et je n'en serai pas plus avancé. ihie faut-il donc que je fasse? Me tenir on repos, et