‹ uvres de A. René La Sage, ornées de gravures (volume 2)Chapitre 46 sur 311 · LIVRE I , CHA.P. IX. pP · texte numérisé non relu

LIVRE I , CHA.P. IX. pP

bien loin hors de la barrière, et suivi dune foule de peuple , qui ne pouvoit se lasser de voir un homme qui venoit de faire un si beau coup de lance.

La nuit étant arrivée pendant ce temps-là , toute la place en un instant parut éclairée d'une infinité de flambeaux qui faisoient une fort belle illumination ; bientôt les jeux de cannes commencèrent : on vit approcher douze quadrilles , avec leurs trompettes , leurs fifres et leurs timbales ; elles avoient à leur suite leurs gens de livrée et douze valets chargés de faisceaux de cannes. Les chevaux de main des cavaliers avoient des caparaçons de velours , chacun de la couleur de sa quadrille , brodés d'or et d'argent , et les armes de chaque chef étoient par-dessus ; non seulement ces deux métaux brilloient dans leurs équipages , mais les pierreries même n'y étoient point épargnées. Avant que d'entrer dans la place , ils se mirent en marche de la manière suivante.

Les écuyers de chaque chef de quadrille alloient les premiers et conduisoient les équipages ; douze chevaux , qui portoient à l'arçon de devant les armes de ces chevaliers , dont les devises pendoient à l'arçon de derrière , étoient à la tête des autres , qui n'avoient qua leurs caparaçons avec des sonnettes d'argent qui faisoient grand bruit. Les gens de livrée marchoient après les chevaux ; ils firent le tour de la place , et sortirent par une autre porte que celle par où ils étoient entrés , pour éviter la confusion. Les quadrilles, conduites par leurs chefs , commencèrent ensuite leur entrée en deux files avec tant de grâce et d'adresse , que tous les spectateurs en furent charmés ; ce qui

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