‹ uvres de A. René La Sage, ornées de gravures (volume 2)Chapitre 47 sur 311 · BIBLIOTHECA · texte numérisé non relu

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il est pas surprenant , puisque les cavaliers les plus habiles pour ces sortes de jeux sont, sans contredit, ceux de Séville , de Cordoue et de Xérès de la Frontera. On voit dans ces villes jusqu'à des enfants de huit à dix ans manier des chevaux et les pousser d'une façon admirable.

Lorsque les quadrilles curent couru quatre fois pailes quatre faces de la place , elles en sortirent par la même porte que leurs équipages , et y revinrent bientôt ;ivec leurs écus au bras et les cannes ou roseaux à la main. Elles commencèrent leurs combats de douze contre douze, c'est-à-dire quadrille contre quadrille. Quand elles avoient combattu un quart d'heure , il en venoit deux autres de deux côtés différents , lesquelles , sous prétexte de les séparer , faisoient entre elles un nouveau combat.

Tandis que cela se passoit , Ozmin et Orviedo , s'étant démêlés de la foule du peuple qui les suivoit , regagnèrent promptement leur hôtellerie , et après s'y être désarmés, ils revinrent dans la place, où lamoureux Ozmin , traversant la presse , perça jusque sous le balcon de la belle Maure. Comme il étoit fort simplement vêtu , on ne pouvoit , malgré sa bonne mine , le prendre pour un homme de grande importaijce. Daraxa , qui se doutoit bien qu'il ne manqueroit pas de paroître encore devant elle , le cherchoit partout des yeux ; mais quoiqu'il fiit fort proche d'elle , et qu'il la regardât , elle ne les arrêtoit point sur lui. Elle tenoit un très-beau bouquet garni de rubans que don Alonse lui avoit envoyé ce jour-là ; ce bouquet lui échappa des mains par hasard et tomba justement aux

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