‹ uvres de A. René La Sage, ornées de gravures (volume 3)Chapitre 14 sur 227 · LIVRE I, CHM'. VI · texte numérisé non relu

LIVRE I, CHM'. VI

teindre, et toutefois Renaud l'accusoit encore de lenteur.

Tandis que ce paladin s'abandonnoit tout entier aux mouvements impétueux de sa passion , le comte d'Angers n'étoit pas moins agité. Il apprit d'Astolphe l'aventure du perron de Merlin , et avec quelle vivacité le seigneur de Montauban marchoit sur les pas de la belle étrangère, O malheureux Roland! s'écria-t-il, quels maux égalent les tiens? Je connois Renaud, il est aimable, amoureux, pressant, hardi. S'il rencontre linconnue Ah! je n'y puis penser sans mourir! Hélas!

peut-êti'e est-il près de la joindre, pendant que je me laisse ici déchirer par des soupçons jaloux ! Pourquoi' faut -il que je languisse dans les larmes, sans faire un pas pour découvrir aussi ma passion à l'objet que j'aime? Attendrai -je que l'amour vienne combler mes désirs? Songe , Roland, songe à te satisfaire comme tes rivaux , et quand ce ne seroit que pour leur arracher la proie qu'ils poursuivent, sors d'une honteuse léthargie, et vole après cette aimable étrangère: ton repos, ta vie, ta gloire même y est intéressée.

Après avoir fait ces réflexions, il se revêtit d'armes simples pour n'être pas connu ; on lui amena son cheval Bridedor, sur lequel il monta plein de trouble et d'agitation. Il sortit de Paris le jour même des joutes, et il marcha sur les pas de Renaud.

3(j KOLAND L AMOUREUX.

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