‹ uvres de A. René La Sage, ornées de gravures (volume 3)Chapitre 150 sur 227 · LIVRE lil, CHAI'. XIX · texte numérisé non relu

LIVRE lil, CHAI'. XIX

taubaii , c est Angélique qui a contraint Roland à nie quitter.'' Oui, repartit Astolphe, c'est elle-même , maigre les rioueurs dont vous l'accablez.

Ah! que ne m'a-t-elle laissé mourir! interrompit Renaud; la honte que je ressens de ce nouveau service m'est plus insupportable que la mort. C'est un supplice pour moi de lui tant devoir. Que vous êtes injuste! lui dit le prince d'Angleterre. Donnez- moi, reprit brusquement le fils d'Aymon , donnez-moi tous lès noms qu'il vous plaira; mais ne combattez point des sentiments que je ne puis changer. Le seul plaisir que vous me pouvez faire, c'est de m'apprendre où je trouveiai le comte.

L'Anglais ne voulut pas lui dire quel chemin Rolam! avoit pris; il lui dit seulement, pour se délivrer de ses instances, qu'il croyoit que le comte avoit dessein de retourner en France. A cette nouvelle, le seigneur de Montauban témoigna qu il le vouloit suivre. Attendez un moment, lui dit Astolphe, je partirai avec vous. Je vais prendre congé de Galafron et de la princesse , à (|ui je dois cette déférence. Le fils d'Ayinon , qui aiinoit beaucoup ce chevalier , lui promit de l'attendre. Le prince d'Angleterre retourna donc à Albraque, où le roi et sa fille avoient conduit la reine persanne , pour lui rendre tous les honneurs qu'elle méritoit. Il rendit compte à la belle Angélique de son entretien avec Renaud, et de la résolution où il étoit de retourner en France avec lui. La princesse lui dit qu'elle envioit son bonheur de pouvoir accompagner un chevalier si parfait ; et qu'elle feroit tous ses efforts pour les suivre , si elle en trouvoit une occasion dont elle pût profiter avec

UOLA.ND 1. AMOURtUX.

bienséance. Mais, madame, lui dit TAn^^lais surpris de son dessein , ne craignez-vous point les périls où' votre beauté peut vous jeter dans le cours d'un si long voyage? Elle répondit qu'elle avoit un moyen sûr de les éviter, et elle ajouta qu elle vouioit encore rendre un service à Renaud avant qu'il partît ; c'étoit de lui faire recouvrer son bon cheval Bayard , qui étoit entre les mains de Brandimart. Je me charge de cette restitution, répliqua le prince Astolphe. En achevant ces mots, il alla chercher Brandimart, et lui tint ce discours : Généreux chevalier , le comte Roland vous a donné un cheval sur lequel j ai de légitimes droits. C'est moi qui l'ai amené ici de France ; et vous devez vous ressouvenir que je le montois lorsque j eus le bonheur de vous rencontrer en Circassie, et d'acquérir votre amitié. Si je pouvois disposer de ce bon coursier , je vous le céderois avec joie, et je croirois qu'il ne pourroit appartenir à un chevalier plus digne de le posséder,mais j'en dois compte au paladin Renaud , qui est son véritable maître. J'espère que vous voudrez bien le lui restituer. Prince , répondit Brandimart , si vous me demandiez ma vie , je vous la donnerois avec plaisir. Après m'avoir rendu la belle Fleur-de-Lys , qui est tout ce que j'ai de plus cher au monde, puis-je vous refuser quelque chose ?

Alors, sans tarder davantage , Brandimart fit remettre Bayard au prince anglais , qui embrassa tendrenient ce chevalier, et le pria d'accepter, en échange, un vigoureux coursier dont le roi Galafron lui avoit fait présent. Le fils d Otlion , après avoir quitte lamant de Fleui"-de- Lys , alla dire adieu au roi du Cath.ay et à sa fille , qui

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