‹ uvres de A. René La Sage, ornées de gravures (volume 3)Chapitre 173 sur 227 · CHAPITRE YII · texte numérisé non relu

CHAPITRE YII

Roland rencontre une demoiselle qui lui apprend plusieurs particularités touchant Falerine et son jardin.

Quelque obligation qu'Origile eût au comte d'Angers, comme il la séparoit de son cher Grifon, elle ne le suivoit qu'à regret. D'une autre part, Roland avoit de la douleur de s'être défait de ses amis pour une femme qu'il méprisoit, et dont il se trouvoit embarrassé. Dans celte disposition, ils alloient tous deux fort tristement et sans se parler, lorsqu'ils rencontrèrent une dame, montée sur une haquenée blanche. Le comte la salua; elle lui rendit le salut, et lui dit : Seigneur chevalier, quel malheureux destin vous a conduit en ce pays.'' Ne savez-vous pas qu'il n'y a que deux lieues d'ici au jardin Foi.AND l'Amoureux, i. 24

'6yn noLAND l'amoureux.

de Falerine? Suivez promptemênt une autre route, et tuvez. Je vous rends grâces, belle dame, répondit en souriant le paladin , de vous intéresser à mon sort ; mais je dois vous dire que, bien loin de retourner sur mes pas, je me suis proposé de détruire le jardin de l'inhumaine F.alerine, et de délivrer du trépas tant d'infortunés qui doivent être la proie de son dragon. L'amour nie donne l'assurance dont j'ai besoin pour tenter cette aventure, et me promet que je l'achèverai.

A ce discours de Roland , la dame altinienne regarda ce paladin avec surprise, et lui répliqua dans ces termes: Seigneur chevalier, le dessein que vous avez est si généreux, que je mériterois les reproches des personnes qui ont du coui^age et de la vertu, si je ne contribuois pas à son exécution. Heureusement pour vous, je puis vous instruire de la conduite que vous devez tenir dans votre entreprise. Une de mes amies, qui est dans la confidence de la magicienne, et qui, comme moi, gémit en secret de ne lui voir employer le grand art qu'elle possède qu'à la destruction des étrangers qui arrivent en Altin, m'a mise au fait sur tout ce qui concerne son jardin. J'ai écrit sur ces feuilles assemblées, poursuivit-elle en tirant de dessous sa robe un petit livre, tout ce que mon amie m'a dit là-dessus, et je ne crois pas pouvoir faire un meilleur usage de ce livre que de vous le donner. Suivez les conseils que vous y trouverez; ils vous seront salutaires. Après ces mots, la demoiselle le salua civilement, et passa son chemin.

Le gueri'ier français descendit de cheval, et s'assit au pied d'un arbre avec Origile. Il satisfit l'impatience qu'il avoit de feuilleter le livre, et d'apprendre ce qu'il sou-

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